Greg Van Avermaet champion olympique : il fallait que la course soit parfaite

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Certes, son succès d'étape sur la montagne du Lioran, sur le Tour de France laissait augurer une condition exceptionnelle. Oui, il avait prouvé avec son maillot jaune qu'il pouvait tenir la distance dans de longs cols, sans être un pur grimpeur. Et pourtant, aucun Belge n'osait imaginer une victoire aussi éclatante de Greg Van Avermaet sur le circuit éreintant de Rio, tracé autour de Fort Copacabana. Et pourtant, au bout d'un effort de plus de six heures, le coureur du Team Belgium a tenu la bonne roue, assuré la bonne poursuite pour conclure le bon sprint. Une course parfaite de bout en bout, pour tracer la plus belle ligne de son palmarès : champion olympique à Rio de Janeiro.

Il fallait trouver la bonne échappée. Et sur une course olympique où le peloton est réduit et la marge de manœuvre également, il faut user d'une bonne dose de chance pour trouver le bon groupe à suivre jusque la ligne d'arrivée. C'est finalement à près de 65 kilomètres de l'arrivée que cette bonne offensive a pris le pas sur le peloton. Après quelques bordures et des accélérations particulièrement usantes pour la queue du peloton, réduit à quelques dizaines d'hommes au fil des vallons à franchir sur la baie de Rio. Greg Van Avermaet, déjà à l'attaque sur le premier tour du circuit autour de Vista Chinesa, prenait ainsi la bonne roue de Geraint Thomas et Damiano Caruso, avant de voir Vincenzo Nibali, Fabio Arù, Sergio Luis Henao, Rafal Majka, Andrey Zeits et Jakob Fuglsang revenir pour former le groupe le plus dangereux de cette course olympique.

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Il fallait trouver le bon rythme. Car sous plus de 32°C, dans la forêt humide menant vers Vista Chinesa, les coureurs ont souffert... Suivre des purs grimpeurs sur un col de près de neuf kilomètres, avec des passages à 19%, sous une telle météo, voilà une tâche bien compliquée pour Greg Van Avermaet. "Dans la finale, c’était finalement la situation idéale d’être ainsi le seul représentant de mon pays. J’ai essayé de m’épargner un peu et de survivre dans la montée finale, qui était très longue et dure", confie le coureur belge. Alors que Zeits, Arù et Henao s'époumonaient dans des attaques manquées sur la dernière ascension de la journée, Van Avermaet gérait parfaitement son effort et débordait ces quelques coureurs l'un après l'autre. Jusqu'à l'offensive de Nibali, parti avec Henao et Majka dans le dernier lacet de la montée, pour une descente périlleuse vers Fort Copacabana.

Il fallait avoir de la chance. Prendre des risques dans cette descente sinueuse et humide s'annonçait en effet comme une entreprise dangereuse... L'Australien Richie Porte et le Portugais Nelson Oliveira avaient ainsi été éliminés de la course au titre sur chute lors du tour précédent. Et quasiment au même endroit, Nibali et Henao heurtaient lourdement le macadam. Fracture de la clavicule pour le premier, fracture du bassin pour le second. En poursuite, Geraint Thomas et Julian Alaphilippe faisaient également les frais de cette route aux contours douteux. Majka se retrouvait du coup seul en tête avec un groupe mené par Van Avermaet à l'arrière, à une quinzaine de secondes à moins de dix kilomètres du but. Éviter ces embardées, voilà une nouvelle étape accomplie vers le titre. "J'ai pris quelques risques dans la descente. Pas trop, juste ce qu’il fallait pour rester sur le vélo. Car lorsque vous êtes par terre…", révèle logiquement GVA.

Il fallait suivre le bon coup. La poursuite a pourtant eu du mal à s'organiser derrière Majka. Le Polonais semblait même parti vers le titre olympique lorsque les sept coureurs du groupe de poursuivants sont apparus hésitant malgré les demandes insistantes de relais de Joaquim Rodriguez. A cinq kilomètres du but, Fuglsang se décidait finalement à y aller seul, avant de voir Van Avermaet prendre sa roue. La poursuite à deux contre un avait certainement bien plus de chances de réussir. Et cela se confirmait : le duo belgo-danois revenait sur le leader polonais à moins de deux kilomètres de l'arrivée, annonçant un sprint à trois angoissant dans la dernière ligne droite vers la plage de Copacabana.

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Il fallait sortir le bon sprint. Bien placé dans la roue de Fuglsang, Greg Van Avermaet n'a pourtant jamais tremblé. Le coureur waeslandien de 31 ans a bien temporisé jusqu'aux 200 derniers mètres avant de lancer son sprint et devancer sans problème Fuglsang et Majka. Van Avermaet peut célébrer son titre de champion olympique, la plus belle victoire de sa carrière : "Revêtir le maillot jaune du Tour cet été était déjà un moment très spécial, mais gagner aux Jeux, c’est encore plus fort. Ici, vous croisez des athlètes du monde entier, dans toutes les disciplines, qui travaillent parfois quatre ans pour connaître ce bonheur. On ne dispose que de deux ou maximum trois chances dans sa carrière de devenir champion olympique, mon bonheur est immense." Et comme il le rappelle bien : "Il fallait que tout soit parfait". Il fallait une condition exceptionnelle, une course idéale, quelques coups de chance, qui ont fait le malheur de certains autres,... Tout ce qui fait le sel d'une course cycliste. Et celle-là, elle était pour Greg, auréolé de la plus belle des médailles sportives.

Lire aussi : La surprise Greg Van Avermaet, et quelle surprise

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Grégory Ienco (avec Eric Clovio, à Rio de Janeiro) - Photos : Photo News - Reuters

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Commentaires

  • bravo Grec, si tu n'avais pas roulé pour philippe Gilbert tu aurais gagné10 fois plus de courses
    tu as été trop gentil pour lui belle revenge bravo encore .
    Je te souhaite de tout coeur pour le championnat du monde encore un podium.
    bravo -bravo

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