Dan Martin signe la 5e victoire d’Etixx-Quick Step en trois semaines : un succès collectif qui a ses raisons

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L’équipe belge Etixx-Quick Step, à l’image du Team Sky, enchaîne les succès depuis le début de l’année et peut même se targuer d’avoir déjà triomphé sur trois continents : en Amérique du Sud grâce à Fernando Gaviria, en Europe via Gianluca Brambilla et Dan Martin et en Asie via Marcel Kittel. Soit trois victoires de coureurs découvrant la formation du WorldTour cette saison. Le groupe de Patrick Lefevere semble développer une culture de la gagne qui fonctionne à tous les niveaux : il ne reste plus qu’à confirmer cette dynamique dans deux mois, sur les classiques flandriennes, grands objectifs des équipes belges en cette première partie de saison.

Un investisseur qui réfléchit au sportif

Si les budgets de nombreuses équipes semblent s’élargir au fil de la saison et de sponsors très généreux malgré la détresse financière dans laquelle semble se trouver le cyclisme professionnel au fil des saisons, l’équipe Etixx-Quick Step, qui veut clairement apparaître dans le Top 5 des meilleures armadas au monde, paraît comme l’une des dernières à croire en un équilibre entre stars, jeunes pousses et capitaines de route expérimentés. Un cocktail parfait tant au niveau sportif que financier. Mark Cavendish quitte l’équipe ? Amenons Marcel Kittel sur un plateau. Rigoberto Uran veut trouver un nouveau contrat ? Dévoilons un nouveau projet à Dan Martin. A chaque fois, l’équipe dirigeante a su se défaire de cette contrainte de faire des résultats en attirant une star après l’autre, pour ne pas se mettre dans le rouge.

Cela est notamment dû à l’investissement de Zdenek Bakala, milliardaire tchèque fan de la Petite reine. L’homme n’a pas hésité à mettre de sa poche plus de six millions d’euros pour son arrivée dans le capital d’Etixx-Quick Step en 2013, dit-on dans les coulisses. Si cette somme servait avant tout à permettre à la formation belge de croire en ses chances sur les Grands Tours, le budget a plutôt servi à montrer les capacités tout-terrain de l’ensemble de l’effectif. Et le groupe construit pour 2016 confirme ces attentes. Certes, Dan Martin peut jouer un bon coup dans les Grands Tours et Marcel Kittel peut de nouveau cartonner dans les sprints massifs après son année noire. Mais autour, Bakala a accepté, sur les conseils du manager sportif Patrick Lefevere, de faire des concessions sur le plan financier pour attirer des jeunes de talent et des équipiers de luxe pour assurer une présence sur la durée d’Etixx-Quick Step sur les podiums.

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On est loin de l’excentricité d’un Oleg Tinkov qui se voyait dépenser des millions pour attirer le maximum de stars dans sa formation, avant de se rendre compte qu’une équipe ne peut compter uniquement sur des fortes personnalités… Patrick Lefevere et Zdenek Bakala ont plutôt fait le chemin contraire, en assurant un groupe homogène avec quelques leaders désignés. Juste ce qu’il faut pour faire la différence sur toutes les courses, et pas seulement le plus médiatisées de la saison.

Des jeunes rapidement pris en charge

L’équipe Etixx-Quick Step bénéficie d’un réseau impressionnant de « scouts », d’agents parcourant le monde entier pour découvrir les pépites de demain et assurer le renforcement de son effectif pour les années à venir. Cela fait plus de dix ans que ce réseau se constitue autour de Patrick Lefevere qui n’est pas le dernier pour zapper une course de son équipe pro afin d’aller suivre une épreuve destinée aux juniors à l’autre bout de la Belgique. Il repère, tout comme ses agents, et propose à ces jeunes pousses d’abord de rejoindre la formation satellite Klein Constantia (ex-Etixx-ihNed) ou encore la jeune formation belge Avia avant d’évoquer un possible contrat au sein de la formation du WorldTour. C’est ce qui avait notamment été proposé au Français Julian Alaphilippe, révélation du dernier printemps des classiques. Cette jeunesse se renouvelle finalement chaque année, avec succès.

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Une dynamique de groupe qui fonctionne

Marcel Kittel et Daniel Martin, fraîchement arrivés sous le maillot bleu et noir d’Etixx-Quick Step, ont été les premiers à souligner l’esprit de camaraderie et "la cohésion" entre les différents coureurs lors des derniers stages de l’équipe belge en Espagne. Et c’est ce qui caractérise notamment Etixx-Quick Step, du moins entre certains groupes. Si le contact avec Mark Cavendish semblait notamment quelque peu perdu, les nouveaux coureurs arrivés cette année ont visiblement trouvé leur place au sein du groupe belge. On ricane souvent en entendant les « bandes de copains », clamés par les coureurs, français plus généralement. Cette expression ne semble pas tronquée chez Etixx-Quick Step où la bonne ambiance se transmet rapidement. Rappelez-vous de cette scène de joie après le succès de Tony Martin sur la 3e étape du Tour de France à Cambrai. Cette dynamique permet également de se transcender et de travailler l’un pour l’autre. Une donnée plus qu’importante et pourtant non-mesurée dans le peloton actuel.

Grégory Ienco - Photos : Photo News/Cor Vos

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