Fränk Schleck se confie : "J'ai toujours l'envie"

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Un temps taulier du peloton, Fränk Schleck (Trek-Segafredo) pointe aujourd’hui comme un intermittent du spectacle qui peine à recouvrer la lumière d’antan. Pas un figurant dépourvu de la moindre réplique, certes, mais le Luxembourgeois n’émarge plus à la caste des grands ferrailleurs, des Froome, Nibali, où Contador qui trustent les Grands Tours.

Son sacre au sommet de l’Alto Ermita de Alba, seizième étape lors de la Vuelta, a sauvé une saison bridée, pliée par les sempiternelles chutes qui ont bien souvent malmené la fratrie grand-ducale. Sa victoire a surtout mis fin à un vide que ne comblait pas son titre national il y a deux ans. Sa dernière victoire dite majeure? Le Critérium International… en 2011, année de son podium sur le Tour de France, de sa deuxième place sur la Doyenne derrière l’intraitable Philippe Gilbert.

"Ma saison 2015 n’a pas été simple, c’est clair", explique posément le Mondorfois qui, plutôt que le doute infécond, a gardé l’espoir du meilleur dans le viseur. "L’année, c’était comme des montagnes russes. Du bas, de la malchance et puis cette victoire à la Vuelta, en fin de saison, qui efface toutes les souffrances, dissipe toutes les peines. Comme ça, d’un coup, tous les bas disparaissent. Ça m’a fait du bien…"

"J'ai souffert..."

Une victoire qui légitime, donne un sens à ces litres de sueur versés dans les pourcentages américains pour préparer l’échéance espagnole. À ses ambitions, aussi, pourtant malmenées par les cabrioles. Ses blessures, il les énumère calmement. Les coups durs, clairement, sont digérés. "Une déchirure musculaire en Andalousie, une autre déchirure sur Liège-Bastogne-Liège. En Suisse, j’ai repris mais ça n’allait pas mieux. J’ai souffert et j’ai dû renoncer. Faire une croix sur le Tour de France a été l’un des moments les plus difficiles de ma saison mais je ne voulais pas prendre une place dans l’équipe pour rien…"

"Je veux refaire un bon Tour"

Le frangin d’Andy pédale vers ses trente-six ans – "merci de le souligner", s’esclaffe-t-il – mais garde l’ambition d’un coureur qui sait vers où il pousse la plaque, conscient de ses capacités. "Les classiques ardennaises puis le Tour de France. Je veux y faire un bon résultat. Je ne vais pas affirmer, là, comme ça, que je vais refaire un podium, ce serait arrogant, mais je veux refaire un bon Tour. Après, pourquoi pas les Jeux olympiques même si le Luxembourg ne pourra aligner qu’un seul coureur. Les Jeux, c’est unique mais ça doit être une récompense d’y participer. Mais c’est forcément un peu tôt pour parler de ça."

Jungels s'affirme dans le Grand-Duché

Une participation guère évidente dans un pays qui, même s’il ne compte que… cinq pros, recèle tout de même de fameux talents en éclosion. Comme Bob Jungels par exemple, sixième du Tour de Suisse à vingt-deux ans. Qu’importe, le Luxembourgeois, lauréat de l’Amstel il y a cette saison… dix ans, veut retrouver sa grandeur. Ou, du moins, essayer, sans s’imposer une pression improductive.

"Gagner un Grand Tour à trente-six ans? Je ne sais pas si c’est possible. Je n’en sais rien. Tout ce que je sais, c’est que j’ai toujours envie. C’est pour ça que je vais m’entraîner. J’ai terminé troisième de ma Grande Boucle en 2011 mais puis-je encore le refaire ? Y arriver à nouveau ? Je n’en sais rien et je ne veux l’affirmer. Ce serait, je le répète, arrogant mais le but, forcément, est d’arriver le plus haut possible…"

Sébastien Close - Photo : Photo News

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