Maxime Monfort se transforme en prof' chez Lotto-Soudal : "Les jeunes m'écoutent... mais ce n'est pas mon dernier contrat !"

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Il est le dernier coureur wallon au sein de l’effectif Lotto-Soudal, depuis le départ inattendu de Boris Vallée pour la Bretagne (le coureur de Thimister a, pour rappel, signé chez Fortuneo-Vital Concept), mais ce paramètre désuet dans un cyclisme universel n’est pas de nature à turlupiner Maxime Monfort. L’Ardennais va entamer un nouveau bail de deux ans au sein de "l’armée rouge", prolongation de contrat que le papa de Lou et Léo ressent légitimement comme une marque de confiance.

À bientôt 33 ans (le 14 janvier prochain), le Nadrinois (désormais établi avec son épouse Laure et leur petite famille à Kin-Aywaille) a choisi la continuité chez Lotto plutôt qu’un nouveau challenge, pourtant possible, dans des équipes anglo-saxonnes ou françaises, intéressées dès l’été dernier par sa fiabilité et sa régularité, reconnues Pourquoi Monfort est-il toujours chez Lotto ? Éléments d’explication.

1. Processus d’intégration terminé, place au bien-être

L’Ardennais le concède, il a eu besoin d’une période d’adaptation dès son arrivée chez Lotto (en 2014), aujourd’hui digérée. Maxime a trouvé sa vraie place dans l’effectif et ressent un bien-être palpable. "Le déclic, si je puis m’exprimer ainsi, s’est produit durant le Giro 2015. Le management a appris à mieux me connaître, j’ai personnellement changé aussi. Je prends tout ce que je peux prendre tout en respectant les envies et desiderata de l’équipe. La proposition de renouvellement de bail est rapidement arrivée. Pourquoi prendre le risque d’être moins bien ailleurs ?"

2. Guider la nouvelle génération, une mission qui le botte !

Sans que la tâche lui ait formellement été confiée par Marc Sergeant, Maxime Monfort se profile au sein de l’équipe belge comme le guide éclairé des jeunes leaders du team, tels Tim Wellens et Tiesj Benoot. "Je ne sais pas si c’est un simple hasard mais de fait, je suis souvent en leur compagnie dans les groupes de travail. Tim Wellens, Tiesj Benoot, Louis Vervaecke, Sean De Bie… ce sont vraiment de jeunes gens très talentueux, dont j’aime la mentalité. Ils sont à l’écoute, réceptifs, ce qui est finalement valorisant et motivant pour moi. Intrinsèquement, ils sont plus forts que moi et bien plus sûrs d’eux que je ne l’étais en début de carrière, mais cela ne les empêche pas de rester lucides. Tiesj Benoot, dont la puissance est déjà impressionnante, sait par exemple que le plus dur commence, après une saison 2015 en tous points étonnante. Tim Wellens a superbement réagi et répondu à ses propres interrogations, au bout d’un Tour de France difficile. J’adore bosser avec eux."

Maxime Monfort est clairement dans le partage d’expérience, une seconde nature pour lui.

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3. Ses ambitions personnelles ne sont pas encore au frigo

Pas d’ambiguïté dans son esprit : son rôle de guide des jeunes talents de l’effectif ne signifie pas pour autant qu’il fait une croix sur ses objectifs propres. "J’ai évidemment encore besoin de buts précis, de ce stress positif sans lequel rien n’est possible. Ma voie, ce sont les grands Tours, je dois les aborder avec l’ambition d’en approcher voire intégrer le top 10, comme lors du dernier Giro (11e). Je serai au départ du prochain Tour d’Italie et mon ambition sera celle-là. Sur les courses d’une semaine et a fortiori, sur des classiques ardennaises qui m’ont apporté plus de déceptions que de moments de bonheur par le passé, je sais que mes possibilités sont forcément limitées, inutile de se disperser. Le Tour de France ? Ce sera encore difficile d’y être cette année, l’équipe étant essentiellement construite autour d’André Greipel et de son train. Mais je referai la Grande Boucle avant la fin de ma carrière, j’en suis convaincu. Car ce nouveau contrat de deux ans ne sera pas le dernier. Je me sens capable de rouler quatre années encore, minimum."

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4. La maîtrise des moindres détails, c’est le vélo d’aujourd’hui

Passionné par son métier et les innovations qu’il propose sans cesse, attentif aux détails qui font la différence dans le sport du top niveau, Maxime Monfort assouvit pleinement sa curiosité dans la nouvelle structure mise en place chez Lotto. Staff médical pluridisciplinaire dessiné en étoile (santé, nutrition, mental, entraînement et technique), autour du Dr Servaas Bingé (NDLR : qui relaie le Dr Mathieu), apport d’un coach mental (l’ancien athlète de demi-fond Nathan Kahan) et d’un nutritionniste néerlandais (Asker Jeukendrup) qui a déjà bossé pour le Barça, Chelsea ou l’équipe nationale du Brésil… l’équipe belge n’est plus du tout dans l’empirisme d’autrefois. "Le cyclisme pro connaît un nivellement par le haut, une hyperspécialisation exigeante et passionnante, le Team Sky en étant le symbole extrême. Que je sache, il n’est pas interdit de s’inspirer de bonnes idées…"

A Palma de Majorque, Eric Clovio - Photos : Photo News

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Commentaires

  • Le cyclisme doit aller de l'avant, c'est certain.

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