Mondiaux de Richmond: Peter Sagan, un nouveau champion du monde rock'n'roll sur les routes!

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L'arc-en-ciel était au bout de ces trois collines du centre historique de Richmond, sur la côte Est des Etats-Unis, et comme attendu, ce sont ces bosses qui ont décidé du final du championnat du monde sur route masculin. Après quatre courses décousues, des juniores aux dames en passant par les espoirs, c'est finalement une bagarre d'hommes forts qui a été menée chez les pros du peloton masculin. Et dans l'avant-dernière ascension, le Slovaque Peter Sagan a profité des pavés et d'un passage à 19% pour développer toute sa puissance et remporter son tout premier titre mondial professionnel!

Une saison décevante? Loin de là!

Il ne souhaitait pas manquer ce résultat américain et sur le passage le plus abrupt, à 19% sur des pavés digne des classiques flandriennes, il a tout simplement montré qu'il était le meilleur puncheur du peloton: le Slovaque Peter Sagan a réalisé la course parfaite pour conquérir son premier titre de champion du monde sur route, sous le soleil timide de Richmond! Lui qui avait été contraint à l'abandon sur le Tour d'Espagne après une poussée honteuse d'une moto de l'organisation, lui qui avait connu une saison difficile entre un printemps miné par les mauvais choix tactiques et un été sauvé par un maillot vert conquis au forceps, à force d'attaques au long cours, lui qui apparaissait toujours comme l'habituel attaquant incapable de lever les bras, à l'orée de sa pleine maturité... Finalement, ce jeune fougueux qui enchaînait les victoires n'a pas trouvé de célébration assez folle pour fêter son premier titre mondial, parfaitement orchestré dans les trois dernières collines menant à l'arrivée, et dévoiler toute sa joie devant un public américain qui est tombé amoureux de ses frasques tant sur qu'en dehors du vélo.

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Peter Sagan était pourtant annoncé isolé. Et on le pensait logiquement en retrait face aux grandes armadas qui menaient le rythme durant les 250 premiers kilomètres sur le circuit de Richmond. Les Néerlandais, puis les Belges et les Espagnols ont ainsi montré tour à tour leurs atouts aux avant-postes du peloton, alors que quelques coureurs essayaient de s'échapper sans toutefois ambitionner d'arriver au bout. D'ailleurs, personne ne parvenait à récupérer plus de trois minutes d'avance sur le peloton après la mi-course. Il s'agissait pour les équipes des favoris de contrôler les éventuels attaquants pour faciliter le positionnement des leaders à l'approche des cinquante dernières bornes, les plus importantes...

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Ainsi, après une mauvaise chute dans la zone de ravitaillement mettant une vingtaine d'hommes au tapis dont le Norvégien Alexander Kristoff, sept hommes parvenaient à s'échapper dont le Belge Tom Boonen, le Néerlandais Bauke Mollema, l'Espagnol Daniel Moreno, le Britannique Ian Stannard, le Costaricien Andrey Amador, l'Italien Elia Viviani et l'ancien champion du monde polonais Michal Kwiatkowski. Un beau groupe, mais les Allemands, Australiens et Américains faisaient le forcing pour revenir sur ces véritables candidats au maillot irisé d'ici le dernier tour, dans lequel toutes les nations essayaient de se placer en tête pour les trois dernières côtes de la journée, dont deux pavées...

Van Avermaet a été trop gourmand

Si la première ne permettait de désigner aucun futur vainqueur, avec un peloton simplement très étiré, la seconde, la 23rd Street, offrait une pente parfaite pour les puncheurs. Après avoir fait de gros efforts sur l'ascension précédente, le Belge Greg Van Avermaet essayait tout de même de remettre une dent pour faire parler sa puissance dès les premiers pavés sous ses roues. Le leader de la BMC se montrait toutefois trop gourmand et était rapidement débordé par le Slovaque Peter Sagan, qui osait poursuivre son effort, alors que Van Avermaet perdait un, deux, trois mètres... Cela était suffisant pour Peter Sagan, qui prenait près de cinq secondes sur son adversaire belge, accompagné du Norvégien Edvald Boasson Hagen, puis sur le peloton.

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La dernière côte semblait faire mal aux cuisses du champion slovaque mais il voyait l'arrivée au bout de la ligne droite et semblait retrouver un second souffle à la sortie de l'ultime virage. Et contrairement à ses précédentes victoires de prestige, Peter Sagan le fougueux ne semblait pas trouver de nouvelle célébration à produire devant un public américain qui l'adore. Le coureur de 25 ans restait sans voix, incapable de lever les bras de suite, comprenant qu'il venait de conquérir le plus grand succès de sa carrière déjà bien pleine! Le maillot arc-en-ciel lui tendait les bras, il devait attendre de quitter sa machine pour comprendre ce qu'il venait de réaliser, devant les plus grands spécialistes de classiques du peloton.

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"Les supporters sont ma passion"

"C'est ma plus grande victoire. J'ai fait beaucoup de sacrifices après ma chute sur la Vuelta. C'est incroyable pour moi, j'avais une grande motivation pour ces championnats du monde...", a-t-il lancé avant sa montée sur le podium pour décrocher son maillot arc-en-ciel. Il s'est ensuite lancé dans un discours sur ceux qui l'acclament sur le bord des routes et les dirigeants du monde cycliste: "Les gens sont ma motivation, je remercie tous les supporters, je veux qu'ils gardent la passion car ils sont ma passion. La situation dans le cyclisme actuel est difficile et j'aimerais que les gens s'en rendent compte, que ce sont les supporters aussi qui font ce sport", a-t-il clamé.

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Sur la course, Sagan en disait moins: "A trois tours de l'arrivée, je me demandais l'état de forme de mes rivaux. Je pensais que tout le monde devait être fatigué. J'ai donné tout ce que je pouvais sur le dernier secteur pavé. Il fallait aller à fond jusqu'à l'arrivée. Si on m'avait repris, j'aurais été trop fatigué pour le sprint." "J'ai entendu beaucoup de personnes qui disaient que je n'étais pas fait pour les longues courses mais j'ai prouvé avec ce maillot, que je vais porter toute l'année que je peux le faire", a-t-il conclu envers ses détracteurs.

Un groupe belge uni et convaincant

Le discours était quelque peu confus mais son côté rock'n'roll et sa dimension humaine ressortaient finalement: Peter Sagan aime son sport, aime le public, aime le show et il l'a encore montré ce dimanche dans les rues de Richmond. Le Slovaque était attendu parmi les favoris sur ce championnat du monde, mais pas forcément à un tel niveau. Car les grandes nations avaient montré une belle maîtrise de la course jusque là. Les Belges, notamment, avaient réussi un bon championnat du monde en prenant l'initiative d'accélérer la course avant de placer Tom Boonen en tête. Philippe Gilbert et Greg Van Avermaet, les deux autres leaders, étaient encore bien présents aux avant-postes dans le dernier tour, avant les offensives de Van Avermaet, bloqué par le manque d'initiative de Boasson Hagen. La course belge était parfaitement gérée... mais il y avait un Slovaque déchaîné ce dimanche.

Résultats de la course en ligne masculine (Richmond > Richmond, 259.2 km):

Grégory Ienco - Photos: Photo News/Peter De Voecht

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