Maxime Monfort se confie avant le Tour d'Espagne: "La Vuelta la plus relevée que j'ai jamais disputée"

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cyclisme, Maxime Monfort, Lotto-Soudal, Vuelta, Tour d'EspagneMaxime Monfort a érigé la régularité en maître-mot. Sa principale caractéristique, celle qui place le coureur wallon parmi les spécialistes des Grands Tours tant l’homme excelle dans la répétition de l’effort, même si, le Liégeois le concède, la manière manque parfois un peu d’éclat. Sur la Vuelta, l’objectif ne diffère guère de ses habituelles et légitimes prétentions. Un top dix dans le viseur et de la détermination, pour le quatorzième Grand Tour de sa carrière qui débute ce samedi de Puerto Banús.

> Maxime, dans quelle optique abordez-vous ce Tour d’Espagne ?

"Je pense très sincèrement avoir un top 10 dans les jambes. C’est en tout cas mon objectif. Je vais aborder la chose exactement comme lors du dernier Giro où j’ai fini onzième mais où je ne peux nourrir aucun regret. J’étais, au vu des analyses des données, au summum de mes possibilités. Sur ce Tour d’Espagne, je vais donc y aller de la même manière, en pensant au général et en voyant comment ça tourne. Si je vois que je ne suis pas capable d’accrocher mon objectif, je me recentrerai sur les étapes. Je sais qu’une quinzième ou seizième place n’a aucune valeur…"

> Vous éprouvez les mêmes sensations qu’à l’aube du Giro ?

"Je me sens prêt même si je n’ai pas éprouvé les sensations escomptées sur le Tour de Pologne. Dans un sens, c’est assez logique vu que je n’avais plus épinglé un dossard depuis le Tour de Suisse. Soit quarante-trois jours sans compétition. Je devais donc retrouver le rythme. Mais j’ai été surpris par ma récupération lors des derniers entraînements. Donc, je suis là où je voulais être avant de débuter la Vuelta. Physiquement, j’ai en tout cas fait tout ce qu’il fallait, alternant un stage en altitude avec l’équipe à Livigno avant un second séjour, familial celui-là, en altitude, à Tignes. L’altitude est en tout cas un passage obligé pour préparer un Grand Tour."

> La liste des engagés ne vous effraye pas trop ? Entre Aru, Nibali, Quintana ou Froome, pour ne citer qu’eux, la Vuelta s’érige presque comme l’épreuve la plus relevée de la saison…

"Elle est clairement impressionnante, c’est certain, entre les ambitieux qui ont préparé l’événement et tous les déçus du Tour de France. Après, il faudra aussi voir comment ceux qui ont disputé la Grande Boucle ont récupéré. Je pense qu’eux-mêmes ne le savent pas trop, en témoignent leurs discours assez prudents. C’est en tout cas la Vuelta la plus relevée que j’ai jamais disputée."

> Vous parlez des déçus du Tour de France…

"Moi, sur le coup, j’ai été déçu de ne pas en être, c’est différent (sourire). Mais, franchement, avec le recul, je me dis que ce n’est peut-être pas plus mal de ne pas l’avoir disputé. Particulièrement au vu des chutes… Cela dit, si on estime qu’il me reste encore quatre ans de carrière, je veux y retourner au moins deux fois avant de raccrocher…"

> Vous pointiez la densité du plateau ibérique. Difficile, dès lors, de rééditer cette mirifique sixième place claquée il y a quatre ans ?

"Oui, cela dit, avant le Tour d’Espagne 2011, j’aurais aussi dit qu’une sixième place était inabordable alors… Mais bon, il faut être réaliste aussi."

> Qui désignez-vous comme grandissime favori ?

"C’est assez difficile à dire mais, au vu de ce que Nairo Quintana a montré la dernière semaine du Tour, et sachant que le tracé est extrêmement montagneux, le Colombien est pour moi le favori. Plus que Chris Froome car il est meilleur grimpeur et qu’il y a très peu de kilomètres contre-la-montre sur cette Vuelta."

> Tour d’Espagne où vous partagerez le leadership avec Bart De Clercq…

"Exactement, et je suis content de ce partage qui me place dans la situation qui me convient le mieux. En plus, Bart, avec qui j’ai beaucoup d’affinités, a montré au Tour de Pologne (où il a fini deuxième) qu’il était en excellente condition, peut-être supérieure à la mienne. Nous verrons donc comment les choses se passent…"

> La cohabitation semble beaucoup plus saine que lors du dernier Giro…

"C’est vrai que ça a été tendu avec Jurgen Van den Broeck sur le dernier Tour d’Italie mais le clash qu’il y a eu avec lui a été salutaire. On a mis les choses à plat et, dix minutes après, c’était fini. Depuis, j’ai roulé avec lui en Suisse et en Pologne et il n’y a pas eu le moindre problème. Cela dit, sur cette Vuelta, il n’ambitionnera pas le général. Il est un peu plus lourd que lorsqu’il visait le classement de la Grande Boucle et entend utiliser ce Tour pour préparer le Mondial chrono, exercice où il pointe parmi les meilleurs mondiaux."

> Les Mondiaux, justement, vous y pensez ?

"Je pense surtout que je les regarderai depuis ma télévision (rires). D’autant que sortir d’une bonne Vuelta n’est plus spécialement une condition sine qua none pour briller aux Mondiaux. A fortiori, cette année, vu les contingences géographiques qui poussent les principaux favoris à préparer l’échéance sur les courses canadiennes. Donc non, les Mondiaux, je n’y pense pas."

> À l’inverse des Jeux de Rio qui, au vu de la course test il y a quelques jours, posent un tracé dédié aux grimpeurs.

"Oui, il apparaît que ce sera une course pour purs grimpeurs. Et qui l’est vraiment en Belgique ? Je pense donc que je pourrai y jouer un rôle, en soutien de Tim Wellens, par exemple."

Sébastien Close - Photo: Photo News/Cor Vos

 

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