Tour de France - #12: Rodriguez assure le doublé, les Sky écoeurent le peloton

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cyclisme,tour de france,uci,aso,worldtour,plateau de beille,pyrénées,joaquim rodriguez,chris froomeSoleil, canicule puis orage, grêle: les rescapés de cette 12e étape du Tour de France ont subi les pires conditions climatiques durant cette troisième et dernière journée dans les Pyrénées. Entre Lannemezan et le Plateau de Beille, tout au long du massif franco-espagnol, les attaquants ont encore eu la belle vie, avec le succès de Joaquim Rodriguez (Katusha) sur le dernier sommet et des offensives à la pelle pour contrer le maillot jaune Chris Froome (Sky), qui a finalement assuré la tête du classement général sans grande difficulté.

Ce dernier acte des étapes pyrénéennes s'annonçait particulièrement coriace pour le peloton, déjà orphelin d'une dizaine d'hommes depuis l'arrivée sur le premier grand massif de ce Tour de France. Cette douzième étape était déjà prévue comme la plus difficile de cette deuxième semaine de compétition, elle fut bien plus que cela avec les 35°C à subir sur les pentes à 10% du Portet d'Aspet ou du Port de Lers, avant la pluie, le vent de face et la grêle dans les derniers kilomètres vers le Plateau de Beille, ce col interminable de plus de 17 kilomètres, pour conclure cette journée difficile. Est-ce pour cela que les favoris au classement général ont attendu cette ascension finale pour lancer les premières offensives? Est-ce pour cela que le peloton a accordé un nouveau bon de sortie à une vingtaine d'hommes qui comptaient briller dans les Pyrénées? On pourrait le croire en découvrant le scénario de cette étape dantesque.

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Vingt-deux hommes étaient en effet parvenus à prendre les devants après une bonne heure de course, au-delà du sprint intermédiaire, pour aller prendre une revanche ou assurer le boulot d'équipier-modèle. Romain Bardet (Ag2r), Joaquim Rodriguez (Katusha), Jakob Fuglsang (Astana) ou encore Michal Kwiatkowski (Etixx-Quick Step) se montraient ainsi dans ce groupe pour assurer une victoire salvatrice pour leur Tour de France gâché par une chute, la canicule ou un sentiment de méforme. Et ce sont ces mêmes coureurs qui faisaient le spectacle avant le Port de Lers, le champion du monde en tête menant l'étape avec le Belge Sep Vanmarcke (Lotto NL-Jumbo) jusqu'au pied du Plateau de Beille, avant de se faire déborder par Rodriguez. Le Catalan confirmait sa position de favori, dès l'offensive lancée en début d'après-midi, et allait crier sa joie au sommet, aux abords d'Andorre, devant un public franco-espagnol acquis à sa cause. Rodriguez savourait ainsi sa deuxième victoire d'étape et confirmait tout simplement qu'à défaut de maillot jaune, les victoires d'étapes pouvaient offrir un bonheur tout aussi intenses sur les routes françaises.

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Car dans la course au maillot jaune, personne ne semblait encore sortir vainqueur sur cette étape une nouvelle fois largement dominée par les Sky de Chris Froome. Avec six équipiers à ses côtés jusqu'au Port de Lers, le leader du classement général n'était tout simplement pas inquiété jusqu'aux dix derniers kilomètres. Alberto Contador (Tinkoff-Saxo) a pourtant lancé une offensive très tôt pour essayer de faire peur aux Sky. Mais Richie Porte puis Geraint Thomas se montraient encore meilleurs grimpeurs que les spécialistes de la montagne... Vincenzo Nibali (Astana) accélérait ensuite, puis Alejandro Valverde, puis Nairo Quintana (Movistar), puis encore Valverde, puis encore Quintana. Rien à faire: Chris Froome d'abord avec ses équipiers, ensuite seul, parvenait toujours à retrouver les roues de ses rivaux.

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Froome perdait simplement une seconde sur Alejandro Valverde à l'arrivée, mais confortait sans grande difficulté son maillot jaune, après une nouvelle journée dans la bonne roue de ses équipiers. "Trois jours dans les Pyrénées à une telle vitesse, cela a tout de même usé. Il fallait faire de gros efforts", expliquait Froome à l'arrivée, au micro de France 2. "Je dois vraiment remercier mes équipiers qui ont assuré le rythme dans le final, qui ont fait un boulot de folie. A chaque étape, ils m'ont impressionné. Notamment Geraint Thomas, toujours cinquième au classement général, cela prouve quand même qu'ils sont très forts!" Et Froome de répondre ensuite sur les questions qui font douter sur son rythme de pédalage fou ("Je préfère rouler comme cela, je me suis entraîné comme cela depuis le début") ou sur son rythme cardiaque très bas ("Les tests montrent que mon battement cardiaque est à peine de 35 par minute au repos"), sans se dérober. Froome sait les questions que ses performances posent mais il reste calme, sans énervement affiché.

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Désormais, le classement général risque de ne pas bouger d'ici Mende, sur les hauteurs abrupts du Massif central, voire même d'ici mercredi, dans les Alpes. "Il reste encore des étapes de transition puis les Alpes. Je pense que le prochain grand défi sera dans les Alpes désormais", confirme Froome, qui sait qu'il sera encore attaqué comme ce jeudi d'ici la troisième semaine de compétition. Au moins, même si les écarts sont grands, les rivaux du maillot jaune semblent mieux se sentir et veulent enfin combattre. C'est positif pour la suite de ce Tour de France

Résultats de la 12e étape (Lannemezan > Plateau de Beille, 196 km):

Grégory Ienco - Photos: Photo News/Nico Vereecken-Vincent Kalut

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