La réforme du WorldTour rangée au placard: les organisateurs et équipes n'en veulent pas

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UCI WorldTour - Réforme 2015-2017.pngCela devait être l'un des grands projets du président de l'Union Cycliste Internationale (UCI) Brian Cookson: remettre au goût du jour le circuit WorldTour pour en faire un calendrier professionnel désignant le meilleur coureur de la saison. Cette réforme n'aura finalement pas lieu dès 2017 comme prévu. Lors d'une récente réunion à Genève, les organisateurs des courses WorldTour et les équipes professionnelles ont réussi à mettre au frigo ce projet en raison d'une crainte de voir les sponsors quitter le monde cycliste, échaudés par cette réforme qui réduit le nombre de jours de course et propose un système de relégation-promotion.

La réforme du cyclisme professionnel préconisée par Brian Cookson va-t-elle finalement naître un jour? Le projet du président de l'Union Cycliste Internationale (UCI) devait déjà débuter dès 2015, avec une transition progressive jusqu'en 2017. L'objectif? Réduire le nombre de jours de course des équipes WorldTour (passant de 153 en moyenne à 120), proposer un système de relégation-promotion entre le niveau WorldTour et un niveau secondaire, entre les continentales pro et la première division, et surtout éviter que diverses courses WorldTour se chevauchent dans le nouveau calendrier. Un projet complexe avait déjà été présenté dès le mois de septembre 2013, lors des championnats du monde sur route à Florence. Vous pouvez y découvrir les bases en cliquant ici

Ce projet n'est toutefois pas du goût des organisateurs cyclistes qui souhaitent conserver leur part du gâteau et acceptent mal les propositions de l'association des groupes cyclistes professionnels (AIGCP, qui gère les intérêts des équipes professionnelles) concernant la répartition des droits télévisuels et un nouvel accord de fair-play financier entre les formations du WorldTour. Face à ces demandes financières (venant notamment du nouveau collectif Velon représentant onze des dix-sept équipes de première division), les organisateurs des épreuves du calendrier, surtout représentés par Amaury Sport Organisation (organisateur du Tour de France, du Tour d'Espagne, des classiques wallonnes, de Paris-Roubaix...), craignent qu'une partie de leur budget leur soit raboté. Alors que les équipes réclament plus de moyens malgré des effectifs à terme plus réduits. On tourne en rond depuis plus d'un an et demi...

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Après une première réunion annoncée comme décisive en novembre dernier au Centre du Tour des Flandres d'Audenarde, une nouvelle entrevue de près de six heures entre l'AIGCP, l'UCI et l'AIOCC (Association Internationale des Organisateurs de Courses Cyclistes) à Genève a finalement mis au frigo le projet de réforme du cyclisme professionnel, annoncent Het Nieuwsblad et De Telegraaf. Cette réforme ne sera donc pas effective en 2017 comme prévu... L'AIOCC a notamment réussi son coup, affirmant que la conjoncture économique actuelle ne permet pas de répondre à ces nouvelles demandes financières de l'UCI et des équipes. Mettre en place ce nouveau calendrier et ces effectifs réduits, ce serait également faire fuir les sponsors qui viennent d'arriver dans le peloton. 

En lieu et place, le WorldTour devrait donc encore grandir, sans autre modification. Selon Het Nieuwsblad, le Tour de Dubaï et le Tour d'Abu Dhabi, qui fêtera sa première édition en octobre prochain, devraient arriver sur le circuit dès 2017. Mais Brian Cookson n'est pas du genre à renoncer aussi aisément et le président de l'Union Cycliste Internationale risque bien de revenir avec une réforme remaniée d'ici peu pour enfin convaincre les organisateurs et équipes du bien-fondé de son projet, pour redynamiser le cyclisme sur route.

Grégory Ienco - Photo: Photo News

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