Christopher Froome a bénéficié d'une AUT pour des corticoïdes en Romandie

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cyclisme, Christopher Froome, Team Sky, Tour de Romandie, dopage, AUT, corticoïdes, Agence Mondiale AntidopageL'information a de quoi étonné vu les assurances données publiquement par Christopher Froome ces derniers jours concernant l'utilisation d'Autorisations à Usage Thérapeutique (AUT), ces fameux sésames permettant aux coureurs de profiter de certains médicaments normalement interdits pour se soigner. Froome affirmait ne pas en utiliser. Mais selon le Journal du Dimanche, le Britannique en a bien profité lors du dernier Tour de Romandie qu'il a justement remporté.

Christopher Froome va encore devoir répondre à quelques questions sur le dopage dont il aimerait bien se soustraire... Le Britannique a déjà subi une salve d'interrogations après la découverte de son utilisation d'un inhalateur pour soigner l'asthme, en plein direct télévisé. Froome avait alors assuré que cet inhalateur était bien valable et n'avait rien d'un produit dopant. "J'utilise cela depuis que je suis enfant. J'ai de l'asthme à cause de l'effort, ce n'est rien de neuf. Cet inhalateur, je l'ai utilisé durant toute ma carrière, mais je ne l'utilise pas forcément sur toutes les courses", avait-il confiance au départ de la 3e étape du Critérium du Dauphiné. "Normalement, je l'utilise seulement quand un grand effort arrive ou quelque chose comme cela. C'est bien autorisé, il n'y a même pas besoin d'une Autorisation à Usage Thérapeutique (AUT) donc c'est un peu une surprise que tout le monde en parle".

L'AUT, un précieux sésame

Qu'est-ce donc que cette AUT? Il s'agit d'un certificat médical spécifique qui permet à des coureurs victimes de maladies chroniques ou de blessures graves de profiter de médicaments ou de substances normalement interdits par le code mondial antidopage de l'Agence Mondiale Antidopage (AMA). Ces Autorisations ne peuvent toutefois être autorisées que via un comité d'experts médicaux, ici présidé par des experts de l'Union Cycliste Internationale (UCI). Elles ne peuvent être octroyées que si aucun autre alternative licite n'est possible, si l'usage de cette Autorisation ne permet pas d'augmenter "significativement les performances" et si le sportif subit "un préjudice important" s'il ne prend pas la substance demandée dans cette AUT.

Plusieurs coureurs disposent de cette AUT pour différents médicaments. Le plus souvent, il s'agit de problèmes d'asthme qui permettent aux cyclistes de profiter de Ventolin ou d'autres inhalateurs plus puissants. Aucune statistique n'existe cependant sur le nombre de coureurs disposant de ce papier.

Froome: "Je n'utilise pas d'AUT"

Christopher Froome assurait donc dans son interview concernant son inhalateur qu'il ne disposait pas d'AUT. Déjà en juillet 2013, lors du Tour de France, il affirmait ne pas "avoir besoin" de ces papiers, en espérant que cela "continuera comme ça". Mais le leader du Team Sky aurait bien reçu ce fameux certificat en mai dernier, à l'occasion du Tour de Romandie, qu'il a justement remporté. Selon le Journal du Dimanche, qui révèle l'information, le coureur britannique, favori du prochain Tour de France, a demandé une AUT pour de la prednisolone, un corticoïde, durant l'épreuve suisse. Le grimpeur avait en effet été victime d'un rhume en début de semaine.

Si cette AUT peut en effet être octroyée pour ce genre de problème, à première vue, celle-ci aurait dû être bien mieux étudiée... Le JDD affirme en effet que seul le directeur médical de l'UCI, le Dr Mario Zorzoli, a été consulté et a autorisé cette AUT pour Froome. L'Agence Mondiale Antidopage, du coup, a lancé une enquête interne pour découvrir si ce certificat a été octroyé dans les règles. Mais cette nouvelle affaire risque de semer encore le doute sur le leader de la Sky...
Grégory Ienco - Photo: Vincent Kalut/Photo News

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