Flandriennes: encore le printemps d'un seul homme

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cyclisme,flandriennes,classiques,printemps,tour des flandres,ronde,paris-roubaix,enfer du nord,fabian cancellara,tom boonen,peter saganRoubaix a éteint ses feux sur le vélodrome mythique du Nord. Les pavés ne vont plus scintiller, les vélos ne vont plus souffrir, les cyclistes vont enfin souffler... La fin des classiques flandriennes a sonné, après la victoire d'un Fabian Cancellara dominateur sur un Sep Vanmarcke étonnant. Il est donc temps de faire un premier bilan. Car dès mercredi et la Flèche Brabançonne, d'autres coureurs vont animer les classiques ardennaises.

Fabian Cancellara: le favori omnipotent

cyclisme,flandriennes,classiques,printemps,tour des flandres,ronde,paris-roubaix,enfer du nord,fabian cancellara,tom boonen,peter saganSon printemps 2012 fut une catastrophe, suite à une bête chute lors d'un ravitaillement sur le Tour des Flandres. Mais grâce à son habituel tempérament de guerrier, malgré plus de huit mois entre les blessures et les opérations, le Suisse Fabian Cancellara est revenu parmi les favoris de ces classiques flandriennes qu'il apprécie tant. Le coureur helvète était logiquement attendu sur ces pavés et autres bergs, mais pas forcément à pareille fête. En début de saison, tout juste les spécialistes de la Petite reine le plaçaient-ils parmi les coureurs à surveiller durant le printemps. Puis, au fil de ses courses de pré-saison, Cancellara a poussé, tant et plus. Avec une 4e place rassurante sur le Strade Bianche. "Je me sens bien, les jambes tournent bien. Franchement, je pense que ce sera un bon printemps", confiait-il après le "Paris-Roubaix" toscan.

Et il a confirmé cet état d'esprit dès Milan-Sanremo, se plaçant parmi les principaux attaquants sur le Poggio, avant de l'emporter en solitaire sur le GP E3 et sur le Tour des Flandres. Une habitude. Mais loin de son épopée dans l'Enfer du Nord. Car, comme en 2011, Cancellara se voyait "puni" par son statut de favori n°1. "Dès le début, on a été attaqués de partout. Mais j'avais bien plus confiance en cette équipe qu'en 2011 par exemple, où j'étais également favori", explique ainsi le Suisse qui a combattu jusqu'au bout, dans l'Enfer du Nord, pour conquérir son 3e pavé. "J'ai été au-delà de mes limites", avouait-il après avoir repris ses esprits durant deux minutes, allongé sur la pelouse du vélodrome, épuisé, éreinté après cette superbe campagne printanière. Désormais, place aux vacances pour le coureur de 32 ans. Avant de penser au Tour de France et surtout aux prochains championnats du monde, où il espère récupérer sa tunique arc-en-ciel sur le contre-la-montre, son autre discipline de prédilection.

Tom Boonen: toujours aussi malchanceux

cyclisme,flandriennes,classiques,printemps,tour des flandres,ronde,paris-roubaix,enfer du nord,fabian cancellara,tom boonen,peter saganPendant que l'un savoure, l'autre continue de broyer du noir. Tom Boonen respirait la santé l'an dernier lorsqu'il remporta quatre classiques flandriennes d'affilée (E3, Gand-Wevelgem, Tour des Flandres et Paris-Roubaix), et regarde aujourd'hui les courses dans son canapé... Le champion de Belgique a subi le même sort que Cancellara en 2012: des chutes à répétition et une malchance crasse qui l'a éloigné des podiums. Déjà retardé dans sa préparation par une infection au coude en janvier, Boonen a en plus connu des embardées sur Gand-Wevelgem puis... le Tour des Flandres. Comme si le sort voulait s'acharner sur le leader d'Omega Pharma-Quick Step, qui a clairement manqué à la formation belge.

"Il nous manquait un Tom Boonen justement", expliquait ainsi Patrick Lefevere, manager d'OPQS, au soir de Paris-Roubaix. Car pendant que le coureur de Mol se morfondait sur ses blessures, sa formation restait en-deça de son meilleur niveau. Chavanel, Terpstra, Vandenbergh, Stybar... Ils n'ont pas su trouver le succès, faute d'un Boonen capable de, justement, mettre la balle au fond quand il le faut. Boonen, lui, devra attendre le mois de mai avant de remonter sur le vélo et espère pouvoir accrocher un nouveau titre de champion de Belgique à La Roche-en-Ardenne, avant de penser à 2014 et à ces Flandriennes où il souhaite enregistrer ses plus beaux records.

Peter Sagan: un nouveau palier en 2013

cyclisme,flandriennes,classiques,printemps,tour des flandres,ronde,paris-roubaix,enfer du nord,fabian cancellara,tom boonen,peter saganLa révélation de ce printemps, s'il faut encore parler de révélation, c'est évidemment Peter Sagan. Le champion de Slovaquie était déjà connu du grand public pour ses frasques à l'arrivée et sa fougue particulière. Encore fallait-il concrétiser cela sur les courses d'un jour. Et c'est passé tout près cette saison. Sagan a tout de même frappé fort sur Gand-Wevelgem mais il a surtout manqué de peu le succès sur les deux grands monuments que sont Milan-Sanremo et le Tour des Flandres. Sagan voulait apprendre, il a franchi un nouveau palier durant ce printemps!

Le seul défaut de Sagan reste finalement son équipe qui s'est souvent révélée trop courte pour assurer ses arrières dans les instants les plus importants de ces classiques. Certes, le Slovaque de 23 ans peut se débrouiller seul mais avec des coureurs pour l'épauler jusqu'aux juges de paix, à l'image de Cancellara ou Boonen, il aura encore plus de chances d'engranger son palmarès déjà bien rempli. Et puis, le printemps prochain, Sagan devra faire un choix: poursuivre sur les Flandriennes ou se lancer sur les Ardennaises. Cette saison encore, le Slovaque a décidé de faire l'impasse sur Paris-Roubaix pour préférer l'Amstel Gold Race. Pas certain qu'il puisse tenir le rythme...

La jeunesse belge pointe le bout de son nez

cyclisme,flandriennes,classiques,printemps,tour des flandres,ronde,paris-roubaix,enfer du nord,fabian cancellara,tom boonen,peter saganPendant que Tom Boonen panse ses plaies en vue de l'été et alors que Philippe Gilbert peaufine sa préparation pour les Ardennaises sous le soleil monégasque après un début de printemps décevant, les fans belges ont tout de même eu de quoi se mettre sous la dent durant ces Flandriennes. La jeunesse noire-jaune-rouge ne craint en effet pas leurs illustres aînés. Sur le Tour des Flandres, Lotto-Belisol a pu compter sur un Jürgen Roelandts offensif et conquérant, grâce à une course sans le moindre pépin technique. "J'ai franchi un palier grâce à ce résultat. C'est le meilleur résultat de ma carrière", s'extasiait l'ancien champion de Belgique à l'arrivée. Pas de chance, une double crevaison a miné ses espoirs, une semaine plus tard, sur Paris-Roubaix. Mais l'expérience flandrienne fut tout de même concluante, selon Roelandts.

Et sur ces pavés nordistes, il y eut un autre Belge à son avantage: Sep Vanmarcke. Le coureur de Blanco a été le seul à tenir la roue de Cancellara sur ces terribles secteurs. Le jeune Belge de 24 ans n'est pas heureux de cette deuxième place, lui qui pensait avoir course gagnée à 50 mètres de la ligne d'arrivée. Mais ce podium, un mois après une chute sur le genou lors de Tirreno-Adriatico, est plus qu'encourageant. Car Vanmarcke ne savait même pas s'il allait pouvoir être compétitif sur les Flandriennes. Car il avait l'ambition de gagner, même face à un Cancellara en grande forme. Après avoir déjà battu Boonen, Vanmarcke veut désormais plus. Et cela fait plaisir au peloton belge.

Les anciens sont déjà obsolètes

cyclisme,flandriennes,classiques,printemps,tour des flandres,ronde,paris-roubaix,enfer du nord,fabian cancellara,tom boonen,peter saganSi Cancellara et Boonen, dans une moindre mesure, ont au moins essayé d'animer ces classiques flandriennes, les autres aînés n'ont pas vraiment rassuré. Le Norvégien Thor Hushovd (BMC), pourtant en verve en début de saison, n'a jamais pesé sur ces dernières courses. La poisse a évidemment empoisonné l'ancien champion du monde sur Paris-Roubaix mais cette malchance n'explique pas tout. Même constat pour l'Italien Filippo Pozzato (Lampre), malade sur le Tour des Flandres et victime d'une chute sur Paris-Roubaix. Mais même avant ces malheurs, le coureur transalpin n'était pas dans les meilleures positions sur les pavés du Nord. Et que dire, du coup, de la défaillance de Stuart O'Grady (Orica), 39 ans, à l'avant en début de course vers Roubaix avant de lâcher prise dès que la course s'est animée... Une génération s'en va, place aux jeunes comme Taylor Phinney, Peter Sagan, Sep Vanmarcke, Heinrich Haussler, Alexandr Kristoff...

Grégory Ienco - Photos: Photo News

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