Gérard Bulens: "Je dois faire des choix à cause de l'UCI"

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cyclisme,landbouwkrediet,gérard bulens,uci,2012,201314 victoires en 2012, "c'est bien mais pas suffisant vu les succès acquis", estime Gérard Bulens, manager de Landbouwkrediet-Euphony. Le célèbre patron de l'équipe continentale pro, également consultant sur la télévision publique belge, n'est pas forcément des plus ravis du bilan de sa formation et espère que celle-ci retrouvera enfin les plus beaux bouquets du calendrier en 2013, malgré les nouvelles règles de l'Union Cycliste Internationale qui lui imposent certaines restrictions budgétaires.

Landbouwkrediet, c'est l'une des plus anciennes franchises du peloton actuel. Depuis onze ans désormais, la banque belge permet à Gérard Bulens de former de jeunes coureurs du plat pays et d'autres horizons de prouver leur valeur sur les plus belles épreuves du calendrier. Car le manager belge a toujours tenu à faire éclore de nouveaux talents, qu'importe la situation économique ou la chute de la valeur sportive de la formation. Ce qui a permis notamment les révélations de Yaroslav Popovych, Tomas Vaitkus, Maxime Monfort, Nico Sijmens, Sergey Lagutin ou encore, plus récemment, Aidis Kruopis. Cette dernière saison, aucun coureur de l'équipe continentale pro a vraiment percé mais Gérard Bulens peut se satisfaire des places d'honneur de Kevin Claeys, de Kevin Peeters ou de Joeri Stallaert, trois coureurs de 25 ans ou moins qui risquent encore de titiller les podiums dans le futur.

"S'imposer au niveau supérieur"

Et pour le patron de cette équipe au budget limité (autour des deux millions d'euros), ce bilan positif mais pas encore rassurant devra être bien meilleur en 2013. "14 victoires, ce n'est tout de même pas mal", nous confie-t-il. "Mais ce ne sont pas forcément les victoires que je voulais. Nous avons surtout été bons sur les kermesses professionnelles et sur les courses de catégorie .2. Cela offre un beau bilan chiffré mais nous devons aussi nous imposer au niveau supérieur." Cette absence de résultats dans les courses plus huppées est-elle la conséquence de certains départs, comme celui de Bert De Waele? "Bert était un leader sur certains types d'épreuve mais il n'a pas assuré les résultats. J'ai été content de travailler avec lui mais je n'ai pas compris sa décision de partir comme cela, à la retraite, juste à cause d'un certain mécontentement au niveau du salaire."

Devillers pas prolongé

Concernant les coureurs wallons de l'équipe, Gérard Bulens est également contrasté. "Frédéric Amorison est quelqu'un de fidèle, qui revient de loin suite à sa lourde chute sur le Tour de Rijke en 2011. Il est devenu le porte-drapeau de l'équipe au fil de l'année et il a encore de la motivation à revendre", explique le manager. "Sébastien Delfosse continue de progresser au fil des années. Il a un peu faibli en fin de saison mais s'est montré sur quasiment toutes les classiques du printemps. Cela a offert une visibilité extraordinaire aux sponsors et à l'équipe! Jonathan Breyne, de son côté, est encore jeune (21 ans) et nous lui avons prolonger son contrat, en lui indiquant cependant qu'il devait arrêter de jouer avec ses capacités. Il doit se montrer plus. Pour Gilles Devillers, c'est plus compliqué. Nous ne savons pas s'il sera prolongé. Il sera peut-être l'une des victimes du nouveau règlement de l'Union Cycliste Internationale."

"La crise pour tout le monde"

Quel est donc ce nouveau règlement? Il ordonne aux équipes continentales professionnelles d'augmenter les salaires minimum de 10% et d'engager un staff complet. Ce qui signifie trois personnes en plus chez Landbouwkrediet. Du personnel supplémentaire qui n'arrange pas forcément Gérard Bulens. "Vous savez, c'est la crise pour tout le monde, et nous avons dû prendre certaines mesures économiques pour satisfaire aux règles de l'UCI. Sinon, on a dû mal pour s'approvisionner au niveau du matériel, des voitures... Du coup, certains coureurs font les frais de cette politique. C'est vraiment dommage car je veux former les jeunes et je n'ai pas forcément besoin de nouveau personnel..."

Du coup, Gérard Bulens espère que ses troupes s'afficheront un peu plus en 2013. "Nous espérons évidemment avoir encore plus de visibilité, pour montrer aux sponsors que nous pouvons également être au top sur les grandes épreuves du calendrier", estime le manager. "Nous souhaitons encore être présent sur les grandes classiques du printemps et continuer notre développement à l'étranger, comme nous l'avons fait en Chine (NDLA: Landbouwkrediet a participé au Tour du Lac Qinghai, au Tour de Hainan et au Tour du Lac Taihu cette saison). Et puis, essayer de gagner sur des kermesses, et plus haut encore", sourit Gérard Bulens.

Grégory Ienco - Photo: Marc Tavernier/Landbouwkrediet-Euphony

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