Mondiaux - CLM Messieurs: Martin a eu chaud

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Capture d’écran 2012-09-19 à 18.21.55.pngCertes, la course au maillot arc-en-ciel n'était pas annoncée aisée pour l'Allemand Tony Martin, seul rouleur à engranger toute la pression de par son statut de tenant du titre. Mais le leader d'Omega Pharma-Quick Step ne s'attendait pas à souffrir autant sur les plaines de Valkenburg. Il a dû batailler jusqu'au dernier mètre pour conquérir sa deuxième tunique irisée, pour cinq secondes d'avance à peine sur le jeune prodige américain Taylor Phinney. Pour une fois qu'un contre-la-montre se montre aussi haletant...

Les nuages se sont affichés, la pluie est tombée par averses mais les favoris n'ont pas chuté. Sauf Marco Pinotti, victime d'un nid de poule et contraint à l'abandon suite à une probable fracture de la clavicule que son coach Paolo Bettini ne pouvait calmer. Sinon, les autres candidats au titre mondial étaient tous présents pour batailler pour l'arc-en-ciel. Avec évidemment en ligne de mire, Tony Martin, le tenant du titre et favori incontestable en l'absence du toujours blessé Fabian Cancellara. Car l'Allemand semblait en perdition en début de course. Moins qu'Alberto Contador, déjà pointé à près de 45 secondes du meilleur temps sur la première côte de la journée, mais tout de même relégué derrière le jeune Taylor Phinney. L'Américain résistait dans la première moitié de parcours avant de lâcher du lest... Et Martin de prendre la tête de la course dans les deux dernières côtes du jour, dont le Cauberg, et ainsi s'offrir un deuxième titre de champion du monde pour à peine... cinq secondes sur son cadet. 

Martin: "Le final le plus difficile de ma carrière"

Le rouleur allemand ne s'attendait pas forcément à une telle bataille sur les côtes du Limbourg. Et surtout, il espérait un programme plus aisé pour assurer ce deuxième succès mondial consécutif. "J’avais toujours les écarts avec Phinney grâce à la radio. Il n’a jamais été plus grand que dix secondes...", explique Martin en conférence de presse, le visage radieux, heureux comme un gamin. "Je savais que ce serait serré mais je n’ai jamais paniqué pour autant. J’ai simplement suivi mon propre rythme... Dans le Cauberg, j’étais carrément en train de sprinter, le taux de lactate devait exploser dans mes jambes, mais je devais continuer à fond. J’étais simplement heureux à la fin." Car Martin devait assurer ce statut de favori. "C’est sûr, j’avais beaucoup de pression. C’est difficile de rouler avec tous ces regards tournés vers vous. C’est comme si je n’avais qu’à rouler pour décrocher la médaille d’or. Mais c’était bien plus compliqué. Le championnat du monde, c’est une course d’un jour durant laquelle il ne faut pas se louper. Je ne l’ai pas manquée mais je n’imaginais pas que cela allait être aussi dur. C’est le final le plus difficile que j’ai dû affronter durant toute ma carrière. J’étais totalement mort à l’arrivée."

Phinney: "Douloureux à l'arrivée"

Comme Taylor Phinney, qui ne pouvait toutefois s'empêcher d'avoir des regrets face à ce maillot arc-en-ciel perdu pour cinq secondes à peine. "Je ne sais pas où j’ai pu perdre ces cinq secondes...", lance l'Américain, décidé à répondre à toutes les interogations du jour. "Sur une heure de course, il y a tellement d’endroits sur lesquels on aurait pu améliorer l’un ou l’autre détail. Mais je pense que j’ai fait le meilleur contre-la-montre de ma vie, encore meilleur que celui des JO que je considérais comme ma précédente référence." Il ne pouvait cependant répéter ce paradoxe, entre bonheur d'avoir conquis une médaille d'argent sur le championnat du monde et la perte de la tunique irisée. "Si on m’avait dit, au matin de ce championnat du monde du contre-la-montre, que j’allais terminer deuxième, je ne l’aurais pas cru. Je reste malgré tout un peu déçu de cette position vu l’écart très faible face à Tony Martin. C’était douloureux de voir ce temps à l’arrivée mais je me suis bien battu et je peux quand même être content car je ne suis finalement vaincu que par un grand champion." Phinney donne de toute façon rendez-vous en 2013, à Florence, où le circuit mondial passera sur ses routes d'entraînement, dans la région de sa maison de campagne.

Kiryienka: "Une surprise"

Un autre coureur affichait un large sourire à l'arrivée, le Bélarusse Vasil Kiryienka, surprenant troisième et tout heureux de cette médaille de bronze, alors qu'il ne portait que le dossard N.28. "Pour moi, cette troisième place est une surprise. J’avais beaucoup de stress avant la course et j’espérais être au top pour ce jour spécial. Surtout, c’est un rêve qui se réalise. Car j’ai énormément travaillé depuis ma dernière course en France, voici trois semaines. Je me suis préparé spécifiquement sur le contre-la-montre pour arriver en bonne condition pour l’épreuve par équipes de dimanche dernier et la course individuelle de ce mercredi. Ce travail a finalement porté ses fruits", se réjouit le futur coureur du Team Sky. Car ce travail a permis une course spectaculaire, une situation plutôt rare sur un contre-la-montre finalement...

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Résultats de l'épreuve (Heerlen > Valkenburg, 45.7 km):

1. Tony Martin (All) 58:38.76
2. Taylor Phinney (USA) 58:44.13 +5.37
3. Vasil Kiryienka (Blr) 1:00:23.75 +1:44.99
4. Tejay Van Garderen (USA) 1:00:28.13 + 1:49.37
5. Fredrik Kessiakoff (Suè) 1:00:29.32 +1:50.56
6. Dmitriy Gruzdev (Kaz) 1:00:35.20 +1:56.44
7. Jan Barta (Tch) 1:00:51.25 + 2:12.49
8. Alex Dowsett (G-B) 1:01:04.82 +2:26.06
9. Alberto Contador (Esp) 1:01:08.76 +2:30.00
10. Adriano Malori (Ita) 1:01:19.30 +2:40.54
11. Andriy Grivko (Ukr) 1:01:22.45 +2:43.69
12. Svein Tuft (Can) 1:01:35.00 +2:56.24
13. Tanel Kangert (Est) 1:01:35.89 +2:57.13
14. Riccardo Zoidl (Aut) 1:01:36.03 +2:57.27
15. Sylvain Chavanel (Fra) 1:01:36.01 +2:58.15
16. Cameron Meyer (Aus) 1:01:38.41 +2:59.65
17. Kristijan Koren (Slo) 1:01:44.05 +3:05.29
18. Jeremy Roy (Fra) 1:01:46.92 +3:08.16
19. Gustav Erik Larsson (Suè) 1:01:50.75 +3:11.99
20. Thomas De Gendt (BEL) 1:01:54.05 +3:15.29
21. Luke Durbridge (Aus) 1:01:56.64 +3:17.88
22. Jonathan Castroviejo (Esp) 1:02:02.14 +3:23.38
23. Jesse Sergent (Nzl) 1:02:04.65 +3:25.89
24. Kristof Vandewalle (BEL) 1:02:14.42 +3:35.66
25. Wilco Kelderman (P-B) 1:02:18.11 +3:39.35
26. Maciej Bodnar (Pol) 1:02:24.82 +3:46.06
27. Patrick Gretsch (All) 1:02:27.54 +3:48.78
28. Ioannis Tamouridis (Grè) 1:02:31.11 +3:52.35
29. Sergey Firsanov (Rus) 1:02:35.34 +3:56.58
30. Matej Jurco (Svq) 1:02:35.72 +3:56.96
31. Sam Bewley (Nzl) 1:02:37.97 +3.59.21
32. Carlos Oyarzun (Chi) 1:02:42.19 +4:03.43
33. Ramunas Navardauskas (Lit) 1:02:44.74 +4:05.98
34. Peter Velits (Svq) 1:02:45.82 +4:07.06
35. Rein Taaramae (Est) 1:02:48.60 +4:09.84
36. Bert Grabsch (All) 1:02:55.61 +4:16.85
37. Jakob Fuglsang (Dan) 1:02:57.13 +4:18.37
38. Lieuwe Westra (P-B) 1:02:57.55 +4:18.79
39. Robert Jay Thomson (Afs) 1:02:58.01 +4:19.25
40. Janez Brajkovic (Slo) 1:02:58.58 +4:19.82
41. Reinardt Janse Van Rensburg (Afs) 1:03:04.69 +4.25.93
42. Alexsandr Dyachenko (Kaz) 1:03.10.99 +4:32.23
43. Gatis Smukulis (Let) 1:03:14.39 +4:35.63
44. Ignatas Konovalovas (Lit) 1:03:33.35 +4:54.59
45. Mikhaylo Kononenko (Ukr) 1:03:47.96 +5.09.20
46. Michael Hutchinson (Irl) 1:04.01.62 +5:22.86
47. Vladimir Gusev (Rus) 1:04:13.13 +5:34.37
48. Eugen Wacker (Kir) 1:04:22.21 +5:43.45
49. José Ragonessi (Equ) 1:04:55.42 + :16.66
50. Aleksejs Saramotins (Let) 1:04:57.80 +6:19.04
51. Segundo Navarrete (Equ) 1:06:36.76 +7:58.00
52. Elchin Asadov (Aze) 1:07:51.69 +9:12.93
53. Andrei Krasinilkau (Blr) 1:07.56.67 +9:17.91
54. David Albos (And) 1:07:57.61 +9:18.85
55. Jiyong Kang (CdS) 1:07:58.42 +9:19.66
56. Gabor Lengyel (Hon) 1:12:28.05 +13:49.29 

Grégory Ienco

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