Critériums d'après-Tour: le spectacle avant le sport

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cyclisme,tour de france,critérium,argentLe Tour de France a tiré sa révérence depuis plus d'une semaine, la course en ligne des Jeux Olympiques a déjà couronné son nouveau roi doré,... Que reste-t-il donc? Les critériums d'après-Tour, pardi! Même avec les JO en concurrence, ces fameuses épreuves factices, surtout destinées à amener les stars de la Petite reine dans les petits villages belges et à faire le spectacle. Un sacré business qui n'a souffert que légèrement des Olympiades londoniennes.

Durant la deuxième journée de repos du Tour de France, alors que les journalistes s'affairaient autour du château-hôtel de l'équipe RadioShack-Nissan, Jurgen Mettepenningen, Ludo Daems et leurs compères prenaient leurs quartiers dans les contrées de Pau. Leur but? Visiter les différentes équipes de la Grande Boucle avec quelques contrats juteux sous la main. Ces messieurs sont en effet organisateurs de critériums d'après-Tour. Une épreuve destinée au spectacle, aux autographes, aux bières de plusieurs litres, aux frites-mayo, aux kriek, aux photos avec ses stars préférées... Car le sportif passe bien au second plan. Les critériums d'après-Tour sont surtout l'occasion d'un bon bain de foule pour les meilleurs acteurs du précédent Tour de France.

Une formule qui se multiplie

Entre 15.000 et 50.000 spectateurs sont ainsi attendus sur les kermesses belges entre Herentals, Ninove, Lommel, Saint-Nicolas, Alost, Roulers et d'autres. Aucun coin de la Flandre n'est oublié, toutes les régions peuvent profiter de leur fête de village. Et tout cela grâce, en majorité, à des sponsors privés qui investissent dans ce commerce lucratif. Les critériums se sont en effet multipliés ces dernières années, avec la peoplisation grandissante de la Petite reine. Du coup, les communes, qui aidaient ces épreuves cyclistes à micro-doses par le passé, offrent désormais jusqu'à 500.000€ de subsides, uniquement pour couvrir les frais d'organisation (et non les contrats signés avec les coureurs).

Jusqu'à 150.000€ pour un vainqueur de Grand Tour

Car voilà la grande différence avec une kermesse professionnelle ou toute autre course cycliste. Pour pouvoir attirer les meilleurs stars du peloton, il faut sortir le portefeuilles. D'où la présence de Jurgen Mettepenningen, Ludo Daems et autres sur les routes du Tour. Leur but est de convaincre ceux qui ont façonné cette dernière édition de la Grande Boucle de venir dans leur village pour quelques heures de spectacle. Les contrats grimpent autour de 50.000€ pour le maillot à pois Thomas Voeckler, près de 75.000€ pour le champion du monde Mark Cavendish et même 150.000€ pour le maillot jaune. Mais cette année, pas de chance, les Jeux Olympiques ont eu les faveurs de Bradley Wiggins, qui ne pouvaient évidemment manquer le rendez-vous londonien. Du coup, à Roulers, on a trouvé la parade en invitant... les stars du Giro tels le maillot rose Ryder Hesjedal et le troisième de l'épreuve, Thomas De Gendt. Avec un public toujours aussi massif.

Pour la course, par contre, il ne faut pas s'attendre à une bataille de tous les instants entre les plus fins attaquants de la meute. Il s'agit avant tout d'un spectacle contrôlé à l'avance. Les places sont définies, les coureurs s'y tiennent mais la ferveur du public est toujours aussi intense. A l'image de la vidéo postée par Robbie McEwen, néo-retraité d'Orica-GreenEDGE, dont il est désormais directeur sportif, et qui a accepté de remonter sur le vélo pour le critérium de Ninove où il a installé une caméra GoPro sur sa machine afin de faire vivre le dernier tour de cette kermesse comme si on naviguait dans le peloton...

Ces kermesses sont donc un sacré business mais permettent aux fans de cyclisme de profiter quelque peu de ces stars du Tour de France qu'ils n'ont peut-être pas eu l'occasion de rencontrer dans ces circonstances aussi décontractées sur les routes de la Grande Boucle. Dans les villages du plat pays, pas de stress, que des applaudissements et de la bière pour récompenser le vainqueur et ces coureurs qui ont accepté de venir prendre un bain de foule avant de reprendre le collier pour quelques mois, jusqu'aux Mondiaux et au Tour de Lombardie.

Grégory Ienco - Photo: Francky Dryepondt/vzw Roeselaere Koerst

 

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