JO 2012: Vinokourov, une retraite dorée qui pose question

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cyclisme, Jeux Olympiques, Londres, 2012, route, Alexandre Vinokourov, Rigoberto Uran, Alexandr KristoffSes talents d'attaquant étaient reconnus, mais personne ne s'attendait forcément au sacre olympique d'Alexandre Vinokourov (Astana), bientôt retraité, sur le Mall de Londres. Pourtant, le Kazakh fut une nouvelle fois le plus malin, une nouvelle fois le plus fort dans les derniers kilomètres. Cette médaille d'or pose cependant question, dans la manière dont il a remporté cette course en ligne de 250 kilomètres dans la banlieue londonienne, et vu son passé troublant et troublé.

La Grande-Bretagne était attendue au top sur ce parcours britannique, sous les vivas d'une foule compacte sur les 250 bornes tracées autour de la capitale. Du monde, il y en avait pour applaudir les équipiers de Mark Cavendish et espérer la victoire d'un représentant de l'Union Jack devant Buckingham Palace. C'eut été magnifique mais à cinq contre 180, cela devient quasiment impossible. Surtout car les offensives se sont multipliées, comme prévu, au moment de revenir vers Londres. Dans les derniers passages de la Box Hill, seule ascension du parcours à gravir à sept reprises, une trentaine de coureurs allaient se placer en tête, sans les Britanniques mais avec Philippe Gilbert, Luis Leon Sanchez, Alejandro Valverde, Vincenzo Nibali, Luca Paolini, Fabian Cancellara... Du lourd. Et face à 32 attaquants féroces, les cinq Britanniques n'étaient que peu de chose, même avec l'aide de quelques rouleurs allemands dans leur dos.

Retraité dès mercredi soir

Et finalement, de ces hommes de tête ne sortaient qu'Alexandre Vinokourov et Rigoberto Uran, à un plus de sept kilomètres de l'arrivée. Long et court à la fois. La foule se faisait plus dense, les panneaux s'amoncelaient pour annoncer les dernières portions de ce circuit olympique et les cuisses se faisaient plus dures au moment d'aborder un sprint, à deux. Et étonnamment, Uran se faisait avoir comme un débutant, lui intrinsèquement le plus rapide dans un tel emballage. Il laissait Vino démarrer, prendre 10 mètres, et ne pouvait remonter le Kazakh, qui s'offrait sa première médaille d'or olympique à 38 ans, et à l'aube d'une retraite qu'il prendra officiellement ce mercredi après le contre-la-montre olympique.

Une hanche cassée, mais pas le moral brisé

Sur le podium, Vinokourov ne pouvait retenir ses larmes. Car il savait qu'il revenait de loin. Toujours en quête d'un sacre sur le Tour de France en 2011, il avait vu ses espoirs tomber en lambeaux sur une chute vers St-Flour. La hanche brisée, le Kazakh ne pouvait revenir à la compétition que sept mois plus tard, après avoir annoncé une première fois la fin de sa carrière. Toujours à l'offensive sur le Tour, sur chaque étape, à l'aube de chaque arrivée, il a finalement connu sa plus belle victoire une semaine après, sur la course olympique, douze ans après avoir déjà décroché la médaille d'argent à Sydney. Les pleurs du leader d'Astana continuaient à l'écoute de l'hymne kazakh, représentant toute la fierté d'une nation, d'un député qui est annoncé comme futur manager d'Astana voire même ministre des Sports.

Les payements occultes du Kazakh

Mais la joie laisse aussi place au doute. Car Vinokourov a souvent créé la polémique depuis 2007 et son premier contrôle positif à la transfusion sanguine sur le Tour de France, menant à l'exclusion d'Astana. Deux ans plus tard, il revenait à la pointe de l'équipe qu'il a construite lui-même, avec les fonds de son pays. En 2010, il remportait pour la deuxième fois de sa carrière Liège-Bastogne-Liège après avoir dominé au sprint Alexandr Kolobnev. Mais un magazine suisse découvrait un an plus tard que Vino a payé le coureur russe à hauteur de 150.000€ afin de lui laisser la victoire sur la Doyenne. Un doute qui a frappé bon nombre de fans ce samedi, sur les JO, au vu des discussions entre Uran et Vinokourov dans les derniers hectomètres, et du sprint du Colombien qui s'est fait surprendre de manière surprenante. Mais ce ne sont que des doutes. Sur le podium, Vinokourov n'avait cure des critiques, il profitait simplement de sa breloque dorée, dernier vestige d'une carrière pleine...

Résultats de l'épreuve (Londres > Londres, 250 km):

1 Alexandr VINOKUROV KAZ 5:45:57
2 Rigoberto URAN URAN COL 0
3 Alexander KRISTOFF NOR 8
4 Taylor PHINNEY USA 8
5 Sergey LAGUTIN UZB 8
6 Stuart O'GRADY AUS 8
7 Jurgen ROELANDTS BEL 8
8 Grégory RAST SUI 8
9 Jack BAUER NZL 8
10 Lars BOOM NED 8
11 Jakob FUGLSANG DEN 8
12 Rui Alberto FARIA DA COSTA POR 8
13 Luis Leon SANCHEZ GIL ESP 8
14 Roman KREUZIGER CZE 8
15 Sergio Luis HENAO MONTOYA COL 8
16 Andriy GRIVKO UKR 8
17 Alejandro VALVERDE BELMONTE ESP 8
18 Philippe GILBERT BEL 8
19 Sylvain CHAVANEL FRA 8
20 Janez BRAJKOVIC SLO 8
21 Fumiyuki BEPPU JPN 8
22 Robert GESINK NED 8
23 Alexandr KOLOBNEV RUS 8
24 Lars Petter NORDHAUG NOR 8
25 Jonathan CASTROVIEJO NICOLAS ESP 16
26 André GREIPEL GER 40
27 Tom BOONEN BEL 40
28 Mark CAVENDISH GBR 40
29 Arnaud DEMARE FRA 40
30 Francisco José VENTOSO ALBERDI ESP 40
31 Murilo Antonio FISCHER BRA 40
32 Tyler FARRAR USA 40
33 Peter SAGAN SVK 40
34 Andrey AMADOR BAKKAZAKOVA CRC 40
35 Bernhard EISEL AUT 40
36 Kam-Po WONG HKG 40
37 Elia VIVIANI ITA 40
38 Hector Hugo ZAMARRON RANGEL MEX 40
39 Daryl IMPEY RSA 40
40 Radoslav ROGINA CRO 40
41 Matti BRESCHEL DEN 40
42 Assan BAZAYEV KAZ 40
43 Jose Joaquin ROJAS GIL ESP 40
44 Miguel UBETO APONTE VEN 40
45 Borut BOZIC SLO 40
46 Ramunas NAVARDAUSKAS LTU 40
47 Yukiya ARASHIRO JPN 40
48 Manuel Antonio Leal CARDOSO POR 40
49 Rene MANDRI EST 40
50 Jackson RODRIGUEZ VEN 40
51 Vladimir ISAICHEV RUS 40
52 Yauheni HUTAROVICH BLR 40
53 Ivan STEVIC SRB 40
54 David MCCANN IRL 40
55 Aleksejs SARAMOTINS LAT 40
56 Martin ELMIGER SUI 40
56 Nicki SÖRENSEN DEN 40
58 Gediminas BAGDONAS LTU 40
59 Michal KWIATKOWSKI POL 40
60 Danail ANDONOV PETROV BUL 40
61 Adil JELLOUL MAR 40
62 Ryder HESJEDAL CAN 40
63 Laurent DIDIER LUX 40
64 Jussi VEIKKANEN FIN 40
65 Dmytro KRIVTSOV UKR 40
66 Arnold ALCOLEA CUB 40
67 Kristijan DURASEK CRO 40
68 Nelson Filipe SANTOS SIMOES OLIVEIRA POR 40
69 Tomas Aurelio GIL MARTINEZ VEN 40
70 Lars Ytting BAK DEN 40
71 Gonzalo GARRIDO CHI 40
72 Daniel TEKLEHAIMANOT ERI 40
73 Sebastian LANGEVELD NED 40
74 Jan BARTA CZE 40
75 Gustav LARSSON SWE 40
76 Vegard Stake LAENGEN NOR 40
77 Branislau SAMOILAU BLR 40
78 Grega BOLE SLO 40
79 Cadel EVANS AUS 40
80 Daniel SCHORN AUT 40
81 Niki TERPSTRA NED 40
82 Simon GERRANS AUS 40
83 Maciej BODNAR POL 40
84 Matthew Harley GOSS AUS 40
85 Tony GALLOPIN FRA 40
86 Michael SCHÄR SUI 40
87 Timothy DUGGAN USA 40
88 Nicolas ROCHE IRL 40
89 Daniel MARTIN IRL 40
90 Michael ROGERS AUS 40
91 Greg VAN AVERMAET BEL 40
92 Christopher HORNER USA 49
93 Ian STANNARD GBR 50
94 Bert GRABSCH GER 50
95 Michael ALBASINI SUI 50
96 Lieuwe WESTRA NED 50
97 Denis MENCHOV RUS 54
98 Sacha MODOLO ITA 54
99 Stijn VANDENBERGH BEL 54
100 Vincenzo NIBALI ITA 56
101 Marcel SIEBERG GER +1:11
102 Bradley WIGGINS GBR +1:17
103 Tejay VAN GARDEREN USA +1:34
104 John DEGENKOLB GER +2:52
105 Fabian CANCELLARA SUI +5:43
106 Marco PINOTTI ITA +8:07
107 David MILLAR GBR +9:19
108 Christopher FROOME GBR +12:27
109 Ioannis TAMOURIDIS GRE +12:27

Grégory Ienco - Photo: Bettini/Team Katusha

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