Liège-Bastogne-Liège: il fallait miser sur le bon Kazakh

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cyclisme, Kazakhstan, Astana, Maxim Iglinskiy, Alexandre Vinokourov, Enrico GasparottoAlors qu'Alexandre Vinokourov semble disparaître peu à peu des pelotons, espérant simplement participer et se montrer sur son dernier Tour de France en juillet prochain, l'équipe qu'il a créée grâce à ses contacts avec le gouvernement kazakh, Astana, continue à briller. Et quel éclat au bout de cette semaine ardennaise avec deux succès sur l'Amstel Gold Race et surtout Liège-Bastogne-Liège. Enrico Gasparotto et Maxim Iglinskiy ont frappé fort, grâce à une force collective qu'aucune autre formation ne pouvait afficher sur ce triptyque ardennais.

L'improbable, la surprise, l'inattendu... Tous les qualificatifs ont été désignés pour présenter le coureur kazakh Maxim Iglinskiy, 31 ans et pensionnaire de l'équipe Astana. Mais surtout, vainqueur de Liège-Bastogne-Liège au terme d'un suspense étonnant. Vincenzo Nibali (Liquigas) semblait être parti vers le succès en solitaire et pourtant, à l'arrière, son rival asiatique a géré son effort et pris la mesure de l'Italien dans la dernière ascension vers Ans et sa ligne d'arrivée détrempée. Grand grimpeur capable de se faufiler dans toutes les échappés (il s'est d'ailleurs distingué par ce style de course dans toutes ses victoires), Iglinskiy a surpris tout le peloton et le public présent sur les hauteurs de Liège. Moins contesté que Vinokourov voici deux ans, le Kazakh démontre la bonne forme d'une équipe Astana que beaucoup pensaient sur le déclin suite à la disparition progressive de star "Vino".

Astana, une équipe qui buzz

Car Astana a surtout vécu grâce au buzz créé autour de sa formation et de ses leaders. C'est Vinokourov lui-même qui s'est ainsi pointé au Kazakhstan en 2006 pour attirer de nouveaux sponsors de ce pays méconnu et pourtant très solide financièrement. "Vino" profitait de la disparition de Liberty Seguros pour récupérer une bonne partie du noyau de l'ancienne équipe de Manolo Saiz et nourrir l'ambition de devenir N.1 mondial dès sa première saison. Mais l'équipe a subi les contrôles positifs (Kessler, Vinokourov, Kashechkin...), le retour de Lance Armstrong, les batailles internes avec Alberto Contador, le retour de Vinokourov et le clash avec Kashechkin. Et finalement, l'équipe arrivait en 2012 avec seul Vinokourov comme véritable leader annoncé...

cyclisme, Kazakhstan, Astana, Maxim Iglinskiy, Alexandre Vinokourov, Enrico GasparottoAstana, une équipe pour les classiques

Pourtant, la formation kazakhe a profité de cette discrétion pour aller claquer deux classiques ardennaises sur des terrains où ils étaient plutôt attendus aux portes du Top-10. Mais Enrico Gasparotto avait déjà démontré ses qualités avec une troisième place sur l'Amstel Gold Race 2010 et sa victoire sur le Ster Elektrotoer et ses routes similaires aux Ardennaises. Maxim Iglinskiy, lui, avait surtout connu une saison 2010 faste avec un succès probant sur les Strade Bianche et une huitième place sur le Tour des Flandres et Milan-Sanremo. Bref, les deux hommes n'étaient pas des manches sur les courses d'un jour...

Astana, une équipe complète

Iglinskiy le racontait déjà en mai 2010, à travers une interview pour le site de l'équipe Astana: "Nous sommes un groupe très complet, où nous savons exactement ce que chacun est capable de faire. Moi-même aussi, je  passe un peu partout. (En 2009), j'avais été très fier d'être sur le podium d'une classique flamande au GP E3 sur un parcours presque identique au Tour des Flandres, et d'être ensuite aussi dans le coup sur Liège-Bastogne-Liège." Et deux ans plus tard, l'idée est la même. La veille de la Doyenne, Iglinskiy avait reçu un appel d'un certain Alexandre Vinokourov, actuellement sur le Tour de Turquie: "Vino m'a appelé et m'a dit: Maxim, tu peux gagner. Reste calme, surveille Gilbert et Nibali". Un conseil qu'il a parfaitement mis à profit, lui qui n'a jamais cessé de remercier Vinokourov pour l'avoir enrôlé chez Astana en 2007.

Astana, une équipe solidaire

Guido Bontempi, directeur sportif de l'équipe sur la Doyenne, confirmait la force de sa formation: "C'est de fonctionner en équipe. Ici, on misait sur Gasparotto mais on laissait à Maxim la liberté de mener sa course." Et Gasparotto, vainqueur de l'Amstel et troisième à Liège, a suivi le plan, en croisant les doigts pour son équipier dans les derniers kilomètres vers Ans: "J'avais dit samedi que la formation en supériorité numérique dans la Roche aux Faucons allait certainement placer un de ses gars sur la plus haute marche du podium. On a parfaitement géré." Et la troisième victoire kazakhe sur Liège-Bastogne-Liège était au bout de cette ligne droite qu'Iglinskiy a bien négocié. A 31 ans, la maturité a enfin parlé pour ce coureur polyvalent qui a pris une dimension que même Astana n'imaginait pas.

Gr.I. - Photos: ASO

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