Super Mario, il est temps d'arrêter...

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cyclisme, Mario Cipollini, Giro, Tour d'Italie, Farnese ViniAh, mon cher Mario Cipollini, te revoici à la Une des médias grâce à une interview inattendue dans les colonnes du quotidien sportif de référence en Italie, la Gazzetta dello Sport. Une photo sur la piste, quelques déclarations choc et l'annonce, finalement, d'un possible retour sur le prochain Tour d'Italie pour aider le jeune Andrea Guardini au sein de l'équipe Farnese Vini-Selle Italia: la recette a fonctionné mais Super Mario, il est temps d'arrêter les effets d'annonce...

On peut comprendre ton désir de vouloir revenir dans les pelotons, toi qui avais déjà décidé de faire un premier come-back au sein de la tumultueuse Rock Racing, où tes résultats sur le Tour de Californie ne dépassèrent pas une troisième place d'étape, derrière notamment Tom Boonen. C'était en 2008 et tu allais bientôt fêter tes 41 ans. L'expérience n'avait pas été d'une grande réussite et tu décidais finalement de te remettre au boulot dans la construction de cycles à ton image. Tu revenais sur la scène médiatique en proposant tes cycles pour ISD, devenu depuis Farnese Vini, et en devenant conseiller pour l'équipe Katusha afin d'épauler les jeunes pousses dans le sprint, cette discipline que tu as dominée avec la hargne du Lion dans les années 90.

Un problème d'âge

Jusque là, tout va bien. Mais cette récente proposition de faire un come-back sur les routes du Giro, pour tes 45 ans, c'est du grand n'importe quoi. Bon, je ne parlerai pas de cette règle rappelée par le blog inrng, affirmant qu'un coureur doit notifier son retour à la compétition à l'Union Cycliste Internationale en-déans les six mois afin d'organiser les contrôles antidopage et autre paperasse administrative. Non, parlons tout simplement de ce problème d'âge. Tu as 44 ans, tu te sens bien, tu affirmes même que tu n'as gagné que huit kilos depuis ta dernière retraite (en 2008). C'est très bien mais cela ne signifie pas que tu peux tenir la distance dans ce peloton, surtout sur une course aussi disputée que le Tour d'Italie. Ton envie d'aider Andrea Guardini, récemment vainqueur de six étapes au sprint sur le Tour de Langkawi, est également légitime.

Une crise de la quarantaine

Mais cette envie de retour ne trahit-elle pas d'une peur de voir d'autres sprinters prendre tes records et t'effacer des tablettes? Comme un certain Mark Cavendish, par exemple, que tu cites à quatre reprises dans l'interview de la Gazzetta dello Sport. Finalement, ce come-back envisagé ressemble à une crise de la quarantaine. Tu veux revenir pour montrer que tu es encore aussi rapide que dans les années 90, que tu peux encore battre ce jeune freluquet au style moins esthétique mais bien efficace. Le Britannique est là, d'autres sprinters arriveront pour le devancer, il faut t'y faire, Mario. Il est temps désormais de laisser les jeunes continuer leurs courses et leur permettre de faire rêver ces supporters de la Petite reine, qui ne sont pas forcément les mêmes que lors du précédent siècle. Non, Mario, je pense que tu serais mieux dans le rôle d'un conseiller ou d'un directeur sportif, comme les Rik Verbrugghe, Didier Rous, Fabio Baldato et autres. On apprécierait toujours autant tes interviews décalées et ton style mythique. Merci de nous avoir fait rêver, laisse-nous désormais rêver sur les stars d'aujourd'hui et non celles du passé.

Gr.I. - Photo: MCipollini

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