Flavio Becca: "Johan Bruyneel est le Mourinho du cyclisme"

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cyclisme, RadioShack-Nissan, Leopard, Flavio Becca, LuxembourgFlavio Becca aime le cyclisme, et ça se voit. Spécialiste de l’immobilier au Luxembourg, l’homme d’affaires a décidé il y a deux ans de réunir les frères Schleck au sein d’une nouvelle équipe aux forts accents luxembourgeois sous le nom de Leopard-Trek. Désormais avec RadioShack et Nissan comme sponsors principaux, Flavio Becca espère bien perpétuer la place de N.1 mondial de sa formation avec cette fois Johan Bruyneel aux commandes. Rencontre avec l’homme de l’ombre de Leopard.

>Mr Becca, pouvez-vous nous expliquer comment s’est déroulée cette fusion avec l’équipe RadioShack?
 
D’abord, arrêtons de parler de fusion. Il ne s’agit pas de cela. Nous avions un contrat d’exclusivité avec Trek pour quatre ans, plus une option d’une saison. La firme de cycles voulait également sponsoriser RadioShack, qu’elle fournit en vélos depuis trois ans maintenant. Mais cela leur était impossible et j’ai donc demandé aux responsables de Trek d’organiser une réunion avec les sponsors de RadioShack pour que nous puissions construire l’équipe la plus forte du peloton. Nous avons eu une réunion le dimanche soir suivant l’arrivée du Tour de France. Nous étions déjà à la table en train de négocier pendant que les coureurs fêtaient la fin du Tour!
 
>Vous aviez cependant eu beaucoup de difficultés à trouver de nouveaux sponsors l’an dernier avec Leopard-Trek...
 
Leopard est toujours la société qui gère cette équipe, c’est une véritable marque, notamment ce fameux O, que nous voulons développer au fil des saisons. Mais nous avons eu quelques difficultés, en effet, surtout suite à l’affaire Contador. Beaucoup de sponsors ont eu peur de se lancer sur le marché avec ce nouveau cas qui a jeté le discrédit sur le cyclisme. Et puis, nous avons récemment réussi à faire venir un nouveau sponsor (NDLR: Came, spécialiste de la domotique) dans le cyclisme alors qu’il n’avait pas encore songé à s’afficher dans les pelotons. Le cyclisme n’est pas encore mort.
 
>L’affaire Contador vous a-t-elle fait du mal, sur le plan marketing?
 
Clairement. Mais on doit encore attendre la décision du Tribunal arbitral du sport (NDLR: elle est attendue vers le 20 janvier). Mais je crois que c’est mal parti... Comme par hasard, un juge chargé du dossier est Israélien et Contador vient juste d’aller faire un stage avec la Saxo Bank en Israël. Je pense que les jeux sont faits, qu’il sera laissé libre... C’est la vérité! Peut-être vont-ils trouver une vache israélienne comme coupable (sic).
 
>Revenons-en à Leopard-Trek. Êtes-vous contents de la saison 2011 de l’équipe?
 
Personnellement, j’en suis très content. Nous sommes arrivés à mener le deuxième et le troisième du Tour de France, des frères en plus. En outre, nous avons gagné l’étape-reine sur le Galibier grâce à Andy (Schleck), sans compter les autres places d’honneur sur les classiques et ce succès final sur le Tour de Lombardie.
 
>Et que souhaitez-vous pour 2012?
 
J’aimerais que Johan Bruyneel me satisfasse tout simplement. Je suis déjà heureux et j’aimerais qu’il me rende encore plus heureux.
 
>Que devra-t-il faire pour vous satisfaire?
 
L’idée est de gagner une classique et un Grand Tour. Vous savez, j’ai engagé le Mourinho du cyclisme. Johan peut être dur comme il peut être très sympa. Il a parfois des problèmes avec les organisateurs mais il gagne et c’est ce qui me plaît.
 
>Avec la marque Leopard, vous souhaitez donner un souffle nouveau au cyclisme, dites-vous. Quel est votre but au final?
 
J’aimerais que le monde du cyclisme se rende compte qu’il doit se professionnaliser. Il y a du potentiel dans ce sport mais il doit plus prendre exemple sur des structures comme l’UEFA, le MotoGP ou encore la Formule 1. On parle souvent des jeux Olympiques ou de la Coupe du Monde de football comme les plus grands événements mondiaux mais chaque année, ce qui réunit les foules, c’est bien le Tour de France! Il faut donc qu’il y ait un peu plus de professionnalisme pour redonner sa vraie valeur au cyclisme moderne. Il faudrait déjà de plus grandes équipes et moins de courses pour que nous ayons un vrai calendrier qui intéresse tout le peloton. De notre côté, nous souhaitons offrir nos idées à l’Union Cycliste Internationale mais c’est elle qui décide au final. Nous sommes là pour aider et écouter.
 
Propos recueillis par Grégory Ienco - Photo: RadioShack-Nissan
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