Plouay, si particulier

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DSC01783 - Copie.jpgLe 14 juillet breton a bien eu lieu ce dimanche 28 août à Plouay comme prévu. Pour la 75è fois, le défilé s'est déroulé dans la ville morbihannaise. Tout le monde avait bien répondu présent. Les coureurs comme les supporters. Et tout le monde s’est mélangé naturellement.

Plouay a cet avantage de réunir les meilleurs coureurs dans une atmosphère des plus conviviales. Et le public, qu'il vienne de Bretagne ou d'ailleurs, aime approcher ses champions et pouvoir échanger avec eux sans avoir besoin de "montrer patte blanche".

Pour certains passionnés des bords de route qui découvrent la course, c’est un vrai plaisir de pouvoir enfin voir les cyclistes du Tour de France prêts à répondre à toutes les sollicitations jusqu’à quelques minutes avant le départ. Pour les plus habitués, c’est également un jour particulier car si l’on vient voir l’une des plus belles épreuves d’un jour en France, on a aussi des habitudes sur le circuit et avec les coureurs. 20 ans après avoir découvert la course, l’envie est toujours la même en ce qui me concerne !

L'Alpe d'Huez bretonne

Bien qu’avec les années le déroulement de la course ait quelque peu évolué, le suspens permanent laissant la place au fur et à mesure à un cyclisme calculé quasiment au coup de pédale près, chaque tour est suivi avec intérêt. On garde toujours l’espoir de revivre une édition version "avant-années 2000". C’est vrai que lorsque l’arrivée était jugée au sommet du Lézot devant une foule considérable massée sur une tribune naturelle, on ne voyait pas une explication à 50 coureurs et Ty Marrec avait des allures d’Alpe d’Huez.

Mais l’épreuve a su évoluer pour faire partie du gotha des épreuves comptant pour l’UCI World Tour et permettre à chacun de conserver, sur le pas de sa porte ou presque, un grand rassemblement avec les meilleurs spécialistes mondiaux de la discipline.

DSC01626 - Copie.jpgAlors pour profiter de tout ce beau monde réuni en ce dernier week-end d’août et revivre certaines émotions juillettistes, chacun fait de la cité morbihannaise une fourmilière géante dès les 1èreheures dominicales. Les drapeaux et les tenues sont de sortie. Quelques fans clubs se font entendre pour inciter leur vedette à pointer le bout de son nez.

Les gens naviguent d’une équipe à une autre. Les stylos chauffent et les appareils photos aussi. Les coureurs se prêtent de bonne grâce aux nombreuses sollicitations. Les Bretons se souviennent de Duclos-Lassalle qui s’installait dans son coffre après la course pour signer des autographes jusqu’à ce que le parking soit désert ! Alors les successeurs du double vainqueur de Paris-Roubaix veulent se montrer à la hauteur de ce coursier d’exception.

Entre la famille et les amis

Pour d’autres supporters, on ne fait qu’une équipe, voire qu’un coureur. Parce qu’on connaît quelqu’un un tel, parce qu’il est du coin, parce qu’on est le voisin. Chacun a de bonne raison. On voit d’ailleurs certains cyclistes regarder discrètement à la fenêtre de leur bus pour voir si la famille ou les amis sont arrivés.

De toute façon, tout le monde est là. L’heure du départ approche. 10h15, c’est matinal ! On sent bien que l’épreuve a son importance car, une fois sur leur monture, les rois de la petite reine se ferment peu à peu, rentrent dans leur course. Ce sont 248,3 kms qu’il va falloir parcourir sur un circuit usant.Le scénario va rester classique, tout le monde le connaît. Les équipes vont placer quelques coureurs aux avants postes pendant toute la journée. Les hostilités démarreront réellement dans les 2 derniers tours. Pendant ce temps, comme chaque année, au fur et à mesure de la journée, on est partagé entre l’envie de voir les costauds s’expliquer au plus vite et celle des voir les éclaireurs aller au bout.

Cette année, Finetto (Liquigas) et Kwiatkowski (RadioShack) vont entretenir l’espoir d’un exploit jusqu’à quelques kilomètres de l’arrivée. Le dernier nommé sera le dernier à rendre les armes la tête haute dans l’ultime ascension de Ty Marrec après 218 kms à l’avant poussé par tout un public ayant un œil sur un éventuel exploit et un  autre sur la bagarre dans le peloton.

Voeckler ravive la flamme

Le dernier fuyard rattrapé, la lutte s’intensifie pour tenter de se ressortir de la masse. Chaque équipe lance un coureur mais le rythme est élevé, et les offensifs ne rencontrent pas le succès espérer. Jusqu’à ce que Bole profite du flou à l’avant de la course pour partir seul. Le coup classique tout le monde se regarde.

Le pensionnaire de la formation Lampre file vers la victoire. Il en est persuadé comme tout le monde aux bords DSC01730.jpgdes routes…jusq’à ce que Thomas Voeckler sorte du peloton à la flamme rouge, la clameur monte. D’une seule voix, le public dit : "il va nous refaire le coup de 2007 !". Celui qui a enflammé les foules de Juillet passe le groupe intercalé qui s’était déjà fait piéger par Bole. A l’injection, tout le monde y croit, il va le faire. Plouay gronde, le leader d’Europcar grimace, les mains en haut du cintre, Bole re-sprinte, la messe est dite ! Le champion de Slovénie sur route 2011 s’impose devant…Simon Gerrans qui avait mis le feu aux poudres dans Ty Marrec. L’animateur du dernier kilomètre plouaysien et du mois de Juillet termine finalement 3è.

Il est temps pour chacun de reprendre ses esprits. Les coureurs et les supporters refont la course le temps de rejoindre les bus et de se retrouver une dernière fois avant de gicler vers d’autres aventures.

Reportage Ludovic Gouret à Plouay

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