TDF: Le parcours en un clin d'oeil

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Logo - TDF 2011.jpgLa Vendée retrouve le Tour, la Bretagne fait son show, le Massif Central se trouve revigorée, les Pyrénées font la différence et les Alpes jouent la carte du classique: le Tour de France 2011 s’annonce à tous points de vue épique. Son parcours promet une belle empoignade entre favoris mais comme l’adage le dit souvent: ce sont les coureurs qui font le course. Alors, que le peloton fasse son œuvre sur un tracé plus que propice aux attaques en tout genre.

Samedi 2 juillet – 1re étape: Passage du Gois > Mont des Alouettes (191.5 km)

Le Tour de France n’aime-t-il plus les prologues? « Il n’y a pas de ça mais il est bon, parfois, de bouleverser les habitudes », assume Christian Prudhomme, organisateur de la Grande Boucle. En effet, la première étape de l’édition 2011 ne débutera par un contre-la-montre vers l’île de Noirmoutier comme en 2005 ou un chrono court autour des Herbiers, comme cela se fait en octobre dans la petite cité vendéenne. Cette fois, place à une véritable étape en ligne, se concluant par une belle ascension de 1500 mètres vers le Mont des Alouettes. Du coup, les similitudes avec les classiques printanières vont bon train et le nom de Philippe Gilbert revient souvent dans la bouche des commentateurs à l’aube de cette étape d’ouverture au caractère particulier. Toutefois, il ne sera pas question d’escalader une pente de plus de 10%, mais plutôt une côte qui fait la part belle aux hommes puissants, plutôt qu’aux sprinters purs.

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Dimanche 3 juillet – 2e étape: Les Essarts > Les Essarts (23 km/clm par équipes)

Exercice particulier que le contre-la-montre par équipes. Entre précision et complémentarité entre chaque coureur, cette étape ne réussit généralement qu’aux spécialistes. Une erreur et un leader peut rapidement le payer cash. Demandez à Jurgen Van den Broeck, « oublié » par son équipe Silence-Lotto en 2009 ou encore David Zabriskie, victime d’une chute dans les derniers kilomètres, envolant ces dernières illusions de garder le maillot jaune. Cette fois, le parcours sera bien propice aux rouleurs avec un dénivelé quasiment nul et des routes longilignes autour des Essarts. Seuls le départ et l’arrivée dans la cité vendéenne seront sinueux et pourraient faire des dégâts en cas de pluie.

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Lundi 4 juillet – 3e étape: Olonne-sur-Mer > Redon (198 km)

Bienvenue sur l’étape pour sprinters par excellence. Sur les abords de l’Océan Atlantique, en route vers la Bretagne, le peloton aura droit à une belle journée dans la plaine. Seule ascension de la journée ? La montée du fameux pont de Saint-Nazaire qui ne décidera que des trois points offerts au leader au sommet de la grande structure bretonne. Il faudra toutefois rester sur ses gardes dans un final où le vent pourrait jouer un rôle défavorable aux sprinters peu attentifs. Il s’agira en tout cas de la première occasion pour les finisseurs de faire valoir leur pointe de vitesse. Mark Cavendish, Tyler Farrar, Alessandro Petacchi et les autres sont prévenus.

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Mardi 5 juillet – 4e étape: Lorient > Mûr-de-Bretagne (172.5 km)

Les commentateurs sont d’accord sur un point : voici une nouvelle étape taillée pour Philippe Gilbert. Dans les collines bretonnes, le Remoucastrien aura une nouvelle fois une pancarte sur son dos au moment d’arriver à Mûr-de-Bretagne et sa fameuse chaussée à plus de 15%. Cette étape devrait logiquement se résumer à une course de côte tant le profil et le parcours n’est pas favorable aux attaquants de la première heure. Et à l’entrée dans le village de Mûr-de-Bretagne, le peloton sera déjà à fond, sur des pentes de 5% avant une légère descente et une nouvelle remontée vers le pied du Mur de Mûr. Place alors à des pentes de 10 à 15% durant 1500 mètres avant un faux-plat final de 800 mètres, où il faudra tenir la distance en cas d’offensive tardive. Même si les sprinters de la trempe de Thor Hushovd pourraient survivre à cette pente. Presque comme sur le Cauberg (théâtre de l’arrivée de l’Amstel Gold Race). Allô Philippe ?

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Mercredi 6 juillet –  5e étape: Carhaix > Cap Fréhel (164.5 km)

Si le profil de cette nouvelle étape bretonne ne fera pas peur aux solides coureurs du peloton, il ne faudrait pas oublier la fin du parcours tracé sur les côtes de la Manche. Le vent soufflera en rafales et il n’est pas impossible que des bordures interviennent si une équipe se décide à faire le tempo, comme ce fut le cas sur la Grande Boucle 2009 lorsque les Columbia de Mark Cavendish avaient décidé d’accélérer le rythme sans prévenir… Attention également aux virages dans les cinq derniers kilomètres qui étendront certainement le peloton en vue d’un deuxième sprint massif sur ce Tour.

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Jeudi 7 juillet – 6e étape: Dinan > Lisieux (226.5 km)

Les coureurs arrivent sur les pentes « made in Normandie ». Après un passage à quelques kilomètres de la Baie de Mont Saint-Michel, le peloton affrontera l’étape la plus longue de ce Tour de France avec plus de 220 kilomètres au compteur. Et pas question de laisser les baroudeurs tenter de s’échapper malgré les quelques côtes à franchir avant une arrivée sur les sommets de la superbe ville de Lisieux. Les sprinters n’auront toutefois pas l’avantage sur les trois derniers kilomètres en montée. Il faudra faire preuve d’explosivité et de puissance pour tenir la distance. Et malgré le replat sur la flamme rouge, les puncheurs ont encore de grandes chances de faire valoir leurs qualités. Que les audacieux se placent en première ligne !

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Vendredi 8 juillet – 7e étape: Le Mans > Châteauroux (218 km)

Encore une journée avec plus de 200 kilomètres dans les pattes. Mais pas de véritable difficulté tout au long de cette traversée du centre de la France. Vers Châteauroux, où Nicolas Vogondy avait manqué de peu la victoire et où Mark Cavendish s’était dévoilé en pur sang des pelotons (c’était « déjà » en 2008), les sprinters auront tous les droits. A l’aube des premiers cols vers le Massif Central,  le reste du peloton restera sagement dans le rang, sans faire de remous.

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Samedi 9 juillet – 8e étape: Aigurande > Super-Besse Sancy (189 km)

Première arrivée au sommet du Tour de France 2011, même s’il n’est situé qu’à moins de 1300 mètres d’altitude. Cette étape ressemble pratiquement, kilomètre par kilomètre, à celle tracée en 2008 entre… Aigurande et Super-Besse. A l’époque, la victoire était revenue à un certain… Riccardo Ricco’, depuis convaincu de dopage à l’EPO Cera. Les mauvais souvenirs seront toutefois oubliés au moment d’entamer cette première étape de moyenne montagne, où les organismes seront mis à rude épreuve sur des routes où le plat n’est pas une option. Que de montées et de descentes avant les ascensions du Col de la Croix (6,2 km à 6,2%) et de Super-Besse, qui ne fait que 1500 mètres à plus de 7% de moyenne. Si la victoire d’étape sera certainement serrée, les favoris pour le classement général se découvriront-ils déjà sur ces routes escarpées ? Ce serait aller vite en besogne…

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Dimanche 10 juillet – 9e étape: Issoire > Saint-Flour (208 km)

Le Massif Central s’offre une nouvelle fois au peloton avec un parcours haletant où les baroudeurs pourront s’enfuir à leur guise. Routes sinueuses, sept côtes au programme, dont trois de deuxième catégorie, une montée finale d’un kilomètre à plus de 6% de moyenne… Que du lourd ! Et avant la première journée de repos, alors que les jambes auront déjà chauffer durant plus d’une semaine, il faudra la jouer à la pédale pour prendre l’avantage sur ses rivaux. Et si certains outsiders en profitaient pour prendre du champ ? L’occasion serait parfaite sur ce parcours difficile.

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Lundi 11 juillet – Journée de repos dans le Cantal

Cette première journée de repos permet aux coureurs de faire le point et de faire une sortie de décrassage bien nécessaire après une semaine à haute vitesse, où les sprints ne seront pas forcément légion. La famille peut également venir visiter les coureurs, mais cela se fait le plus souvent à l’occasion de la deuxième journée de repos, tout comme les conférences de presse des favoris du Tour. Bref, ce ne sera pas de tout… repos.

Mardi 12 juillet – 10e étape: Aurillac > Carmaux (158 km)

Les coureurs qui ont bien géré la première journée de repos vont certainement être dans les premières positions dès ce retour aux affaires dans le Cantal et l’Aveyron. Pas question d’étape totalement plane destinée aux sprinters mais bien quelques côtes au programme, qui pourraient permettre aux attaquants de prendre les devants rapidement avec une côte assez raide dans ses premières pentes (la côte de Mirandol-Bourgnounac, à 15 bornes de l’arrivée) pour faire mal aux spécialistes de l’emballage final. Attention toutefois à l’arrivée en légère descente : ce sera rapide à Carmaux.

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Mercredi 13 juillet – 11e étape: Blaye-les-Mines > Lavaur (167.5 km)

Le Tarn se découvre au peloton du Tour de France avec une nouvelle étape courte. Elle sera toutefois moins nerveuse que la précédente journée : moins de pentes, moins de descentes, moins de virages dangereux. Les sprinters devraient donc trouver un terrain idéal pour faire valoir leur pointe de vitesse. Surtout lorsqu’on sait le peu d’étapes dont ils disposent pour se montrer à l’avant du peloton.

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Jeudi 14 juillet – 12e étape: Cugnaux > Luz-Ardiden (211 km)

A l’occasion de la Fête nationale française, place à la première étape de haute montagne de cette Grande Boucle. Dans les Pyrénées, les coureurs devront affronter trois cols d’affilée dans le final dont une ascension inédite. Ainsi, après plus de 130 kilomètres dans la plaine, qui permettront aux attaquants du matin d’augmenter leur avantage, le peloton passera, non pas par le col d’Aspin, mais par une montée inédite : la Hourquette d’Ancizan. Peu utilisée par les courses cyclistes, cette montée de près de 10 kilomètres à plus de 7,5% de moyenne fera pourtant mal aux jambes d’affronter les mythiques et terribles col du Tourmalet et montée vers Luz-Ardiden. La bataille entre les favoris du classement général va enfin pouvoir commencer.

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Vendredi 15 juillet – 13e étape: Pau > Lourdes (152.5 km)

Les mauvaises langues diront qu’il s’agit d’une étape typique du Tour de France. Il est vrai que le profil de cette étape pyrénéenne étonne avec trois côtes au programme dont le fameux col d’Aubisque, situé à 42,5 kilomètres de l’arrivée. Mais cette ascension est également la dernière de la journée avant une longue descente de plus de 30 kilomètres vers l’arrivée, à Lourdes. Il faudrait un miracle pour que les premiers du général jouent des coudes sur une telle étape : les attaquants et purs grimpeurs pourraient toutefois y trouver leur compte.

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Samedi 16 juillet – 14e étape: Saint-Gaudens > Plateau de Beille (168.5 km)

 

Cette troisième étape dans les Pyrénées sera certainement la plus difficile disputée dans ce massif cette année. Moins de 170 kilomètres au programme, six cols à grimper et une montée finale vers le Plateau de Beille qui offre quelques pourcentages étonnants : voilà le programme de la journée. Autant dire que cela ne se résumera pas à une course de côtes sur l’ascension finale de cette 14e étape. La seule déception réside dans la distance entre le Port de Lers, l’avant-dernière montée, et le Plateau de Beille (34 kilomètres). Le plateau de ce juge de paix sera toutefois difficile (plus de 10% par endroits) et devrait déjà faire une sacrée sélection après cette longue descente.

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Dimanche 17 juillet – 15e étape: Limoux > Montpellier (192.5 km)

Repos pour les favoris du côté de la côte méditerranéenne. Cela ne sera cependant pas le cas pour les sprinters qui vont retrouver un terrain favorable à leurs qualités. Les côtes sont quasiment absentes et le vent ne devrait pas jouer de grand rôle sur ces routes larges et loin d’être piégeuses. Il faudra tout simplement rester attentif qu’une attaque matinale ne prenne pas trop d’avance et que tout le monde reste dans les premières positions. La course au maillot vert peut reprendre le temps d’une journée.

 

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Lundi 18 juillet – Journée de repos dans la Drôme

La famille arrive, il est temps de décompresser quelque peu durant cette seconde journée de repos, où les favoris iront encore rouler pour garder le rythme avant les Alpes. Elle permettra de recharger ses batteries, tant au niveau physique que moral.

Mardi 19 juillet – 16e étape: Saint-Paul-Trois-Châteaux > Gap (162.5 km)

Le retour en course après une journée de repos est toujours coriace. Entre les esprits encore embrumés par ce brutal arrêt et les attaquants de la première heure, prêts à tout pour prendre la bonne échappée, le rythme devrait être très rapide dès les premiers kilomètres. La suite ne sera qu'une longue montée, sans véritable arrêt, jusqu'à un premier passage dans Gap qui permettra l'entame de l'ascension du col de Manse (9,5 km à 5,2%), célèbre pour sa descente sinueuse qui avait pratiquement coûté la carrière du malheureux Joseba Beloki, en 2003. Si cela ne se joue pas entre audacieux, les favoris pourraient se lancer dans une belle empoignade sur cette belle ascension.

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Mercredi 20 juillet – 17e étape: Gap > Pinerolo (179 km)

Première étape véritablement alesptre pour le peloton du Tour qui découvrira le superbe lac de Serre-Ponçon avant la montée vers la frontière italienne. Pas question, toutefois, de grimper des cols insurmontables. Après Briançon, les choses sérieuses commenceront avec le Col du Montgenèvre (7,9 km à 6,1%) et la montée vers Sestrières (11,1 km à 6,3%). Longue descente de plus de 45 kilomètres vers l'Italie, suite, avant la côte de Pramartino qui fera la différence pour la victoire d'étape avec son sommet à 8 bornes de l'arrivée. Une étape pour grimpeurs-puncheurs, certainement loin d'avoir des conséquences pour le classement général au vu de la suite du programme.

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Jeudi 21 juillet – 18e étape: Pinerolo > Galibier/Serre-Chevalier (200.5 km)

Retour en France aussi rapidement qu'on y est parti avec la montée inédite, du côté transalpin, du col d'Agnel, d'habitude escaladé par le versant français. Il faudra se lancer dans une ascension de plus de 23 kilomètres avant une descente jusqu'au ravito qui est directement suivi par le mythique col d'Izoard (14,1 km à 7,3%), un parfait terrain pour les grimpeurs. Et si quelques outsiders, oubliés du général, décident de jouer un bon coup, ils pourrant ensuite profiter de la difficile ascension du Galibier sur 23 kilomètres à 5% de moyenne. Un beau 100e anniversaire pour le massif alpin.

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Vendredi 22 juillet – 19e étape: Modane > Alpe-D’Huez (109.5 km)

Le Tour de France n'a pas l'habitude de ce genre d'étape très courte mais l'organisation a voulu jouer la carte de l'originalité pour le final de ce Tour de France. Sur cette étape de moins de 110 kilomètres, le peloton affrontera rapidement le Galibier via le Télégraphe. Et après une longue descente vers le Bourg d'Oisans et quelques kilomètres de plat, il faudra déjà remettre le petit plateau pour escalader les 21 terribles virages de l'Alpe d'Huez. Sur les 13,8 kilomètres à 7,9%, les grimpeurs pourraient déjà jouer le classement général sur ces pentes mythiques.

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Samedi 23 juillet – 20e étape: Grenoble > Grenoble (42.5 km/clm individuel)

Si l'ultime étape alpestre n'a pas été suffisante, tout se jouera sur ce seul contre-la-montre individuel de l'édition 2011 du Toiur de France. Entre Grenoble et... Grenoble, les spécialistes du chrono auront la main sur un parcours sinueux et qui grimpera à deux reprises. Si ce tracé ne semble pas les avantager, les rouleurs ont déjà prouvé sur le Dauphiné, sur le même parcours, qu'ils avaient leurs chances. Mais le Tour, c'est encore différent...

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Dimanche 24 juillet – 21e étape: Créteil > Paris/Champs-Elysées (95 km)

Le maillot jaune logiquement fixé le jour précédent, les coureurs peuvent profiter d'un vol Qatar Airways (nouveau partenaire du Tour) avant une dernière étape, comme d'habitude, festive dans son début. Champagne pour tous et véritable cortège jusqu'à l'arrivée aux Champs-Elysées où les équipes de sprinters devraient prendre le commandement. Sur les pavés parisiens, un emballage final semble l'issue la plus logique mais les finisseurs, à l'image de Cancellara et Vinokourov par le passé, pourraient créer la surprise. Et le maillot jaune pourra vraiment fêter son titre devant un public de plusieurs dizaines de milliers de personnes. La magie du Tour...

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Grégory Ienco (aux Herbiers) - Cliquez sur les images pour les agrandir

Légende: vert=étape de plaine; orange=étape de moyenne montagne; rouge=étape de haute montagne; mauve=contre-la-montre.

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