Gilbert: « J’ai assumé mon statut de favori »

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cyclisme, Amstel Gold Race, Philippe Gilbert, omega pharma-lottoa-LottoLes récentes classiques ont montré qu’être favori était souvent un statut à éviter pour trouver le chemin de la victoire. Mais n’est pas Philippe Gilbert qui veut. Le coureur wallon a assumé sa place de N.1 sur l’Amstel Gold Race et a confirmé qu’il était bien l’un des meilleurs coureurs sur les classiques, toutes catégories confondues. Obligé de rouler dans les trois derniers kilomètres d’une classique jusque là aseptisée, le leader d’Omega Pharma-Lotto a même pris le temps de lancer une attaque explosive pour tuer ses adversaires. Ca promet pour la suite des classiques ardennaises…

Propos recueillis par Grégory Ienco, à Valkenburg.

Cette deuxième victoire sur l’Amstel Gold Race prouve-t-elle une certaine maturité sur ces classiques?

« Pour moi, c’était la semaine la plus importante de la saison. C’était mon objectif d’être à 100% pour cette période et je pense que c’est le cas. Depuis mercredi, je me sens vraiment bien. Je commence également à avoir beaucoup d’expérience, tant au niveau des entraînements que de la course. J’avais aussi une équipe très forte ce qui m’a aidé sur le plan physique et mental. Je suis toujours resté très calme et j’ai laissé travailler mon équipe. J’ai juste dû travailler dans les trois derniers kilomètres pour revenir sur Andy Schleck mais j’ai finalement réussi à gagner. »

Avez-vous eu peur lorsqu’Andy Schleck est sorti ?

« Il est parti au bon moment, juste après le Keutenberg. J’avais heureusement encore Jelle Vanendert à mes côtés et j’avais donc encore beaucoup de confiance à ce moment-là, je pouvais compter sur lui. On n’a pas paniqué. Mais quand il a pris 15-16 secondes, j’ai commencé à rouler également car je voyais que Vanendert commençait à fatiguer. J’ai été voir les Rabobank pour qu’ils nous donnent de l’aide mais ils ont refusé. Je devais donc assumer vu que j’étais le favori et je l’ai fait. »

Avez-vous compris le fait que les Rabobank ne roulent pas ?

« Je ne veux pas créer de polémique, ce n’est pas ma spécialité. Ils n’ont pas roulé mais c’était à moi d’assumer. »

Etait-ce une de vos plus belles victoires au vu du collectif affiché ?

« On a bien travaillé, tous ensemble, même si on n’avait pas le même programme. Tout le monde avait de l’ambition car j’ai dit depuis longtemps que je comptais sur mes équipiers. Cela paye finalement. On a une équipe qui est très bonne grâce à cette méthode et cet état d’esprit. »

Pensez-vous qu’on puisse vous considérer comme le N.1 mondial sur les classiques ?

« Je suis le plus complet, c’est sûr, car je suis capable de faire des podiums sur Milan-Sanremo, les classiques flandriennes, en Lombardie, sur les Ardennaises… Je peux faire des résultats partout. Mais après, je n’aime pas dire que je suis le meilleur. On pourra le savoir après ma carrière. »

On a vu avec Cancellara qu’il était difficile d’être le favori N.1 sur les classiques cette saison. Avez-vous appris de ces courses pour gagner ce dimanche ?

« Si Cancellara est fort, tout le monde roule derrière lui, je le comprends, même si je ne roule pas comme cela.  Sur le Tour des Flandres, cela reste « facile » car il y a souvent des portions de plat pour faire une anticourse. Par contre, sur l’Amstel, où il y a plusieurs côtes à grimper successivement, les meilleurs sont devant et il est impossible de faire perdre quelqu’un. Les plus forts restent dans les premières positions sur les Ardennaises, et ce sera encore pire sur Liège-Bastogne-Liège. »

Quel est votre secret pour être aussi fort aussi longtemps ?

« J’avoue que je ne sais pas pourquoi. Je crois que c’est la nature qui m’a donné cela… J’ai aussi toujours travaillé pour. Je m’entraînais sur la fatigue dès mon plus jeune âge. Du coup, lors de mes trois ou quatre premières années professionnelles, j’étais trop motivé et je travaillais trop. Du coup, j’arrivais déjà fatigué au départ des courses… Je ne me connaissais pas encore. En outre, je fais tout pour les classiques et je me concentre sur ces objectifs pour gagner. Je pense que tout le monde s’entraîne bien de nos jours  avec les coaches d’aujourd’hui. Il n’y a de toute manière plus de petits coureurs dans le peloton. Mais il faut bosser pour gagner. »

Photo: Photo News/Omega Pharma-Lotto

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