Philippe Gilbert triomphe sur le Tour de Suisse et se met déjà en route pour le Tour de France

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À peine sept jours de course depuis son accident sur les routes de l'Amstel Gold Race et le voici déjà sur la première marche du podium : le champion de Belgique Philippe Gilbert (Quick Step) n'a pas manqué son retour aux avant-postes pour cette deuxième partie de saison. S'il avait déjà porté le maillot rouge de leader sur le Tour de Belgique sans toutefois regoûter à la victoire, le Remoucastrien n'a pas perdu de temps sur ce Tour de Suisse qui doit lui servir de tremplin en vue d'un Tour de France qu'il doit se résoudre à disputer suite à cette malencontreuse blessure au mois d'avril. Qu'importe : les objectifs changent, la condition reste et Philippe Gilbert ne fait que confirmer sa condition ascendante de ce printemps.

Il sait attaquer en facteur, grimper en puncheur et s'imposer en solo. On redécouvre désormais que Philippe Gilbert sait également gagner en sprintant. Certes moins puissant au fil des années dans un tel exercice, le coureur de 34 ans s'est surpassé sur les routes suisses, sur l'étape difficile tracée autour de Cham. Une véritable journée pour les puncheurs, durant laquelle les attaques se sont enchaînées. Jan Bakelants (Ag2r-La Mondiale) et le champion olympique Greg Van Avermaet (BMC) s'y sont ainsi essayés, butant sur un peloton décidé à en découdre en groupe. "C'était très nerveux à l'avant, car le peloton voulait à tout prix revenir après avoir laissé trop de champ aux attaquants", explique Gilbert. "Ce n'était donc pas une surprise de voir énormément de chutes dans le peloton. Je fus moi-même impliqué dans l'une d'elles à cinq kilomètres de la dernière montée, et j'ai dû faire un gros effort pour rentrer. J'ai dû pousser à la limite".

L'effort était intense mais il en valait la peine. Les Quick Step se montraient d'ailleurs aux avant-postes du peloton dans ce final. Pour Matteo Trentin, pensaient d'abord les commentateurs sur place. C'était bien le cas, selon Philippe Gilbert. "J'ai suivi les attaques et je l'ai aidé à se mettre en tête, mais on s'est perdu à cause des nombreux coureurs qui poussaient", explique le champion de Belgique. "Heureusement, notre équipe a été au top aujourd'hui et j'ai pu prendre le bon coup". Car au bout d'une énième attaque, il se retrouvait en bonne place dans la dernière ligne droite pour un sprint dont il sortait de justesse vainqueur face à Patrick Bevin (Cannondale-Drapac). Alors que des coureurs comme Peter Sagan (Bora-Hansgrohe) ou Michael Albasini (Orica-Scott) n'étaient pas loin dans ce final.

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Six ans après la dernière victoire belge sur ce Tour de Suisse (Thomas De Gendt, en 2011), Philippe Gilbert s'offre ainsi son cinquième bouquet de la saison et s'offre "une plus grande motivation encore pour la prochaine semaine". Le coureur remoucastrien ne sera toutefois pas attendu forcément sur ce Tour de Suisse, bien montagneux, même si la 3e étape vers les hauteurs de Berne, ce lundi, peut également convenir à ses qualités de puncheur complet. Le grand objectif de Philippe Gilbert pour cette deuxième partie de saison se nomme le Tour de France. Alors qu'il espérait prendre part au Tour d'Italie, désormais oublié, le champion de Belgique ira défendre son titre national sur le parcours totalement plat d'Anvers le 25 juin avant de retrouver ses terres lors de la Grande Boucle. D'aucuns aimeraient le voir aux avant-postes pour la deuxième étape, conclue à Liège. Mais le profil n'est pas vraiment du goût du coureur liégeois. Il sera plutôt attendu le lendemain sur un final explosif à Longwy.

Et au vu de ses performances sur le Tour de Belgique, où il a dû contrôler pour son équipier Rémi Cavagna, et sur ce Tour de Suisse, il semble bien parti pour réaliser comme en 2011 un Tour de France exceptionnel. Bien entendu, il s'agit de ne pas être en forme trop tôt. Mais Philippe Gilbert sait se jauger, connaît les bonnes opportunités à saisir pour éviter les échecs trop lourds. Le champion de Belgique sera clairement un électron libre chez Quick Step et doit profiter de ce statut et de cette forme pour marquer le Tour de son empreinte. Sans penser à un éventuel maillot jaune. Ça, c'est déjà coché dans son long palmarès...

Grégory Ienco - Photos : Tim De Waele/Quick Step Floors

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