Tour d'Italie : Tom Dumoulin a désormais les moyens de créer l'exploit

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Un an après l'exploit de Steven Kruijswijk, stoppé net par un amas de neige sur le sommet du col Agnel, les Pays-Bas se mettent encore à rêver du maillot rose. Le cyclisme batave vit en effet un véritable rêve avec les performances de Tom Dumoulin (Sunweb), qui a pris le maillot rose sur le contre-la-montre de Montefalco, à seulement onze étapes de l'arrivée à Milan. Deux ans après sa sixième place sur le Tour d'Espagne, le rouleur limbourgeois a cette fois l'expérience et une équipe solide à ses côtés pour faire face aux offensives des favoris annoncés, comme Nairo Quintana (Movistar), Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida) ou Thibaut Pinot (FDJ). Il faut désormais tenir le bon cap... en haute montagne.

Le scénario s'annonçait comme logique vu le parcours proposé aux abords d'Assise. Sur ces quelques collines à la pente douce, le champion des Pays-Bas du contre-la-montre Tom Dumoulin (Sunweb) a confirmé que son statut ne pouvait que le mener aux avant-postes sur un tel effort en solitaire. Encore mieux, le coureur batave a outrageusement dominé ses concurrents, tant dans l'exercice du chrono, qu'en vue du classement général. Le Limbourgeois de 26 ans a quasiment pris une minute sur son plus proche rival, le Britannique Geraint Thomas (Sky), déjà loin du maillot rose. Et surtout, il a obtenu plus de deux minutes sur les anciens vainqueurs du Giro que sont Nairo Quintana (Movistar) et Vincenzo Nibali (Bahrain-Merida). Même Thibaut Pinot (FDJ), qui espérait la victoire d'étape sous son maillot bleu-blanc-rouge, n'a pu accrocher ce train fou mené par Dumoulin.

Au classement général, après cette dixième étape déjà décisive, Dumoulin se retrouve ainsi en tête avec plus de 2:20 d'avance sur Quintana et plus de 2:40 sur les grimpeurs campés en outsiders. "C'est un bel avantage en vue des prochaines étapes de montagne", estime le nouveau maillot rose. "La dernière semaine sera très, très dure et 2:30, cela ne représente quasiment rien dans la dernière semaine du Giro". Certes, c'était durant cette fameuse dernière semaine que Dumoulin avait perdu contact avec les grimpeurs lors de la Vuelta 2015. Mais le coureur de Sunweb n'avait alors "que" 24 ans et n'était pas forcément entraîné pour enchaîner de tels cols sur trois semaines, avec le maillot rouge de leader sur les épaules.

Depuis deux ans, Dumoulin a grandi et confirmé sa force dans la haute montagne, à l'image de son succès d'étape à Arcalis sur le dernier Tour de France. "Je suis heureux de voir que je n'ai pas perdu mes qualités sur le contre-la-montre. Ce que j'ai amélioré, ce sont mes qualités de grimpeur. Je me suis spécifiquement entraîné sur des longs cols", a-t-il confirmé au terme de ce succès à Montefalco. Cela s'est vu sur le Blockhaus, deuxième arrivée au sommet, sur laquelle il a réalisé une performance de choix derrière Nairo Quintana et Thibaut Pinot deux grimpeurs dont les qualités ne sont plus à démontrer sur les hauts pourcentages. Et sa chance est qu'il devra cette fois défendre, et non plus attaquer.

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S'il a perdu Wilco Kelderman, victime de la terrible chute provoquée par une moto de police au pied du Blockhaus, dimanche, Dumoulin bénéficie toujours d'un soutien de choix avec notamment Laurens Ten Dam ou Simon Geschke, des coureurs expérimentés qui sont prêts à se mettre au service de leur jeune leader. Le Limbourgeois compte sur cette équipe Sunweb pour mieux l'entourer qu'à l'époque de la Vuelta 2015, durant laquelle il s'était rapidement retrouvé isolé face aux stars du peloton. Dumoulin est désormais l'une de ces stars, grandissant au fil des Grands Tours sans se griller.

Attention toutefois à ne pas tomber dans l'euphorie : dès ce mercredi, le coureur batave va devoir être attentif aux offensives attendues vers Bagno di Romagna, avec quatre cols au programme et une descente technique pour conclure. Les yeux seront également rivés sur la 16e étape, prévue mardi prochain au nord de la Botte, entre Rovetta et Bormio, avec les ascensions du Mortirolo et du Stelvio rassemblés en une étape de plus de 220 kilomètres. Il s'agira de l'une des étapes-reines de ce Giro. Mais encore une fois, ce seront les adversaires de Dumoulin qui devront user le Néerlandais, et non ce dernier, qui peut même espérer reprendre l'avantage sur ses rivaux à l'occasion du contre-la-montre... final, entre le circuit automobile de Monza et Milan, sur un tracé encore mieux taillé pour les rouleurs.

Tom Dumoulin a une chance exceptionnelle de redonner aux Néerlandais la fierté d'un vainqueur de Grand Tour, depuis Joop Zoetemelk en 1980. Et le jeune coureur de Sunweb semble bien capable de réaliser cet exploit.

Grégory Ienco - Photos : Gian Mattia D'Alberto et Fabio Ferrari/La Presse/RCS Sport

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