Philippe Gilbert revient sur son printemps: "J'avais les jambes pour faire le triplé dans les Ardennaises"

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De retour sur son vélo ce week-end, d'abord pour la course d'adieu de Tom Boonen à Mol puis sur la... Philippe Gilbert Classic à Remouchamps, le champion de Belgique Philippe Gilbert (Quick Step Floors) retrouve peu à peu le sourire après avoir dû faire une croix sur les classiques wallonnes et le Tour d'Italie en raison d'une blessure à l'enveloppe du rein droit. Désormais rétabli et prêt à reprendre le chemin de l'entraînement, le Remoucastrien avoue que son programme n'est pas encore totalement établi, et s'étonne de l'annonce du sélectionneur belge Kevin De Weert d'un parcours bien plus paisible que prévu sur les championnats du monde, à Bergen, en septembre prochain.

Enfin de retour sur un vélo, Philippe Gilbert a pu profiter de ce week-end de fête pour retrouver le sourire et confirmer qu'il n'avait rien perdu de sa hargne pour la suite de la saison. Malgré ce coup d'arrêt, fin avril, l'empêchant de prendre part à la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège et le Tour d'Italie, le champion de Belgique a déjà confirmé son prochain retour à la compétition pour le Tour de Belgique, du 24 au 28 mai prochains. Le but du coureur belge sera avant tout de retrouver le rythme avant une deuxième partie de saison concentrée sur le maillot arc-en-ciel, à Bergen, en Norvège.

Dans les colonnes des journaux du groupe Sudpresse et du journal Le Soir, Philippe Gilbert s'est notamment confié sur sa blessure et sa victoire sur l'Amstel Gold Race malgré la douleur sur le flanc droit. "J’avais un moral d’enfer", confie le champion de Belgique. "Pile une minute avant la chute, je discutais avec mon équipier Brambilla. Pour lui dire que je me sentais prêt pour la finale, que je confirmais mes sensations de pouvoir gagner comme on l’avait dit à la théorie. Je voulais passer le signal aux équipiers pour qu’on se mobilise vers la victoire. Quand je me suis retrouvé par terre, je me suis revu abandonnant le Flèche Wallonne voici deux ans, j’ai vu défiler les images de mauvais souvenirs. Je me suis dit que la poisse était de retour. Car j’ai mis un long moment à me relever. La douleur était trop vive. Puis je suis reparti, j’ai rejoint le peloton et vous connaissez la suite."

Gilbert affirme ainsi qu'il avait moins mal au fil des kilomètres mais... "Je sentais tout de même qu’il y avait un problème. Comme je n’avais que cela à faire, j’ai revu récemment les 80 derniers kilomètres de la course. Dans l’échappée, je me suis souvent mis à l’arrière, pour faire des étirements afin de soulager le mal. Mais on ne l’a jamais montré à la télévision. Tant mieux, je n’avais pas envie que mes adversaires soupçonnent que j’avais un souci ! Je voulais tenir à tout prix jusqu’à la ligne dans le but de gagner. Après, je m’en foutais, j’étais dans l’état d’esprit de pouvoir faire souffrir mon corps. Quand je me suis retrouvé debout au moment du protocole, la douleur est revenue, j’ai su à ce moment-là que c’était sérieux", révèle-t-il encore.

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Déçu de ne pas avoir participé aux classiques ardennaises, Philippe Gilbert confie qu'il avait "les jambes" pour réaliser un nouveau triplé durant cette semaine particulière, comme en 2011. "Je connais suffisamment mon corps et mes sensations pour prétendre cela", lance-t-il. Mais il y avait aussi un Alejandro Valverde sur sa route... "Je ne peux pas affirmer que je l’aurais battu, il s’agirait d’une prétention que je n’ai pas. La deuxième place était accessible au minimum. J’ai rarement vu le peloton grimper la dernière ascension du mur de Huy aussi lentement. Quand j’ai regardé cela, oui, j’avais des regrets, c’est normal car à la différence de l’année dernière, par exemple, lorsque j’ai dû arrêter suite à mes problèmes à la main, j’avais les jambes, une forme hyper intéressante qui m’avait rassuré sur le fait de ne pas avoir participé à Paris-Roubaix pour me concentrer sur les classiques ardennaises".

Désormais, Gilbert pense à l'avenir, et à la suite de cette saison qui s'annonce déjà comme une des plus belles de la carrière du Remoucastrien. Même s'il affiche également sa tristesse de ne pas disputer la centième édition du Giro. "Je pouvais y faire de belles choses, j’entretenais une réelle motivation mais je ne peux rien y faire et je ne peux pas vivre de regrets", confie-t-il. Il reprendra donc sur le Tour de Belgique. Avant de prendre part au Tour de France, malgré une certaine amertume pour cette course ? "La situation est telle que ma candidature pour le Tour , si tout va bien, pourrait être prise en compte par l’équipe Quick Step. On verra comment les choses évolueront au cours des prochaines semaines mais j’aime être actif, et donc être en course…"

Il songera ensuite, aux prochains championnats du monde, disputés sur le tracé vallonné de Bergen, en Norvège. Un parcours que le sélectionneur belge Kevin De Weert a déjà été reconnaître avec, notamment, Oliver Naesen et Yves Lampaert, et qui s'annonce bien mins compliqué que prévu selon les premiers échos. "J’ai été surpris car j’ai vu le parcours sur papier, il n’est pas plat. Je vois mal comment les Belges ne pourraient pas être dans la finale. À l’Amstel, on a dit aussi que ce serait réservé aux sprinters mais je gagne devant Kwiatkowski, non ?", annonce-t-il. Philippe Gilbert a encore faim et risque encore de le confirmer au fil de la saison.

Gr.I., avec Stéphane Thirion - Photos : Quick Step Floors/Tim De Waele

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