Paris-Nice relance le suspense des courses par étapes : et si l'essai valait vraiment la peine ?

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Incroyable scénario sur les routes de Paris-Nice : sur une édition de la Course au Soleil particulièrement montagneuse, avec deux dernières étapes dignes des meilleurs Grands Tours de l'été, la première grande course par étapes du printemps a offert un spectacle permanent. Entre le climat de classiques flandriennes en début de semaine et les attaques permanentes entre puncheurs et grimpeurs dans le sud de l'Hexagone, personne n'a vraiment dominé une épreuve qui avait pourtant perdu quelque peu de sa saveur ces dernières saisons en raison d'une domination claire d'habitués de ce type d'épreuve. Finalement, le champion de Colombie Sergio Luis Henao (Sky) a tout de même trouvé le succès final sur la Promenade des Anglais pour seulement deux secondes face à l'Espagnol Alberto Contador (Trek-Segafredo) au terme d'une étape finale exceptionnelle.

Les fans de la Petite reine peuvent remercier Alberto Contador : le grimpeur madrilène a frappé fort lors des deux dernières étapes de Paris-Nice afin de faire valdinguer son adversaire colombien Sergio Luis Henao de son trône. Durant l'ultime journée autour de Nice, le leader de l'équipe Trek-Segafredo a décidé d'exploser le peloton des favoris dans l'avant-dernière ascension de l'après-midi, le col de Peille. À plus de 50 kilomètres de l'arrivée, Contador a lâché les chevaux, espérant ainsi récupérer quelques dizaines de secondes nécessaires pour accéder à ce maillot jaune qu'il avait déjà tenté, en vain, de récupérer l'année dernière, échouant à seulement quatre secondes de Geraint Thomas (Sky). Et cette saison encore, malgré une belle vista dans le col d'Èze et sa descente, Contador a dû laisser la première marche du podium à un coureur de l'équipe britannique. Cette fois, pour deux secondes, soit celles qui lui manquaient s'il avait remporté l'étape (10 secondes de bonification au lieu de 6), l'Espagnol a vu une nouvelle victoire lui échapper sur la Course au Soleil, malgré un début de semaine difficile dans les bordures, un contre-la-montre parfaitement géré, et la confirmation qu'il était le plus fort sur les plus longs cols de ce Paris-Nice. Mais sa perte de temps sur le Mur de Fayence lui a finalement été fatal...

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Il n'est pas question de remettre en cause la victoire de Sergio Luis Henao (Sky), bien protégé par ses équipiers (si ce n'est sur la dernière étape), et qui a su se montrer le plus polyvalent sur les différents terrains arpentés sur ces routes françaises. Il ne s'agit pas non plus d'applaudir Contador pour ses offensives qui ont offert une animation salvatrice pour tout fan de cyclisme. Plutôt : ces attaques incessantes de Contador, mais aussi Julian Alaphilippe, Dan Martin (Quick Step Floors), Ion Izagirre (Bahrain Merida), Richie Porte (BMC)... ne confirment-elles pas que l'ère de la domination se termine tout doucement dans le cyclisme moderne ? Certes, Sky apparaît toujours comme l'équipe la plus complète et risque de dévoiler une armada impressionnante sur le Tour de France. Mais leurs adversaires ne se laissent plus faire comme par le passé : l'attaque apparaît désormais comme une option inévitable. Et si cela ne marche pas à tous les coups, l'offensive semble réveiller les esprits de leurs rivaux et il ne s'agit plus d'attendre le dernier col pour espérer être plus fort que celui qui mouline à plus de 100 tours/minute.

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Cela se voit au fil des courses, de 2016 à aujourd'hui. L'homme qui domine l'étape-reine n'est plus forcément celui qui dominera la course entière. Une nouvelle génération arrive également avec une fougue bien heureuse pour le cyclisme. Alaphilippe, les frères Yates, Pantano, Barguil... Ils sont prêts à user de nouvelles tactiques, parfois peu conventionnelles, pour pousser les leaders. Et cela se remarque auprès du public : même si la victoire n'est pas toujours au bout, ces tentatives doivent leur donner confiance en l'avenir, en cette envie de montrer que la tactique peut triompher du physique, surtout dans un tel sport où les écarts se veulent de plus en plus minimes. "Ce sont des étapes qui ne restent pas dans ton palmarès car la victoire n’est pas au bout mais peut-être que ça reste dans la tête des gens avec qui vous avez profité donc je reste satisfait et ça me rend heureux", confiait ainsi Contador au terme de cette dernière étape de la Course au Soleil, à Vélopro.fr. Alors, autant se montrer, et donner tout jusqu'au dernier souffle, au moins pour l'essai.

Ce scénario de Paris-Nice était inattendu, surtout vu le programme particulièrement montagneux proposé, avec deux grandes étapes de montagne et un sommet inédit. Mais le peloton a fait sa course comme elle l'entendait, dès le premier jour. Et cela doit donner espoir pour les prochaines épreuves par étapes du calendrier. Certes, Tirreno-Adriatico n'offre pas un scénario aussi haletant mais les offensives sont aussi nombreuses, mais Nairo Quintana (Movistar) est là pour rappeler sa forme. Alors, il faut encore essayer. Plus tôt. Différemment. Sur une portion inattendue. Au moins pour retrouver ce Graal du peloton : le panache.

Résultats de la 8e étape de Paris-Nice (Nice > Nice, 115.5 km) :

1. David De La Cruz (Esp, Quick Step Floors) en 2h48'53"
2. Alberto Contador (Esp, Trek-Segafredo)
3. Marc Soler (Esp, Movistar Team) à 0'05"
4. Sonny Colbrelli (Ita, Bahrain Merida) à 0'21"
5. Julian Alaphilippe (Fra, Quick Step Floors)
6. Michael Matthews (Aus, Team Sunweb)
7. Diego Ulissi (Ita, UAE Team Emirates)
8. Gorka Izagirre (Esp, Movistar Team)
9. Arnold Jeannesson (Fra, Fortuneo-Vital Concept)
10. Lilian Calmejane (Fra, Direct Énergie)

> Cliquez ici pour découvrir le classement complet de la 8e étape.

Classement général final de Paris-Nice 2017 :

1. Sergio Luis Henao (Col, Team Sky) en 29h50'29"
2. Alberto Contador (Esp, Trek-Segafredo) à 0'02"
3. Daniel Martin (Irl, Quick Step Floors) à 0'30"
4. Gorka Izagirre (Esp, Movistar Team) à 1'00"
5. Julian Alaphilippe (Fra, Quick Step Floors) à 1'22"
6. Ilnur Zakarin (Rus, Team Katusha-Alpecin) à 1'34"
7. Ion Izagirre (Esp, Bahrain Merida) à 1'41"
8. Warren Barguil (Fra, Team Sunweb) à 4'07"
9. Simon Yates (G-B, Orica-Scott) à 4'39"
10. Tony Gallopin (Fra, Lotto-Soudal) à 9'14"

> Cliquez ici pour découvrir le classement complet du général.

Grégory Ienco - Photos : ASO/A. Broadway

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Commentaires

  • A cette période de l'année , mieux vaudrait rester en bord de Méditérannée. Alors : Menton-Perpignan?

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