Strade Bianche : Kwiatkowski et Longo Borghini s'imposent dans le show des motos

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La pluie n'a pas aidé, mais le Strade Bianche est ainsi : sur ces chemins de terre blanche, la moindre faute se paye cash, la moindre chute mène à l'élimination, le moindre écart pèse sur les jambes et il faut absolument ménager ses efforts tout au long de la journée pour assurer la victoire dans la côte finale vers le centre de Sienne. Le Polonais Michal Kwiatkowski (Sky) et l'Italienne Elisa Longo Borghini (Wiggle-High5) l'ont prouvé en levant les bras sur la fameuse Piazza del Campo. Et pourtant, si leur succès n'a pas suscité de commentaire particulier de la part de leurs concurrents, ce sont bien les défauts de l'organisation qui ont été pointé du doigt comme de véritables perturbateurs de cette course qui mériterait pourtant mieux...

Quel chantier sur les fameux Stradi Bianchi de Toscane ! Entre Sienne et Sienne, sur les plus de 55 kilomètres de chemins de terre à affronter tout au long de cette journée sous la pluie, le peloton a rapidement perdu des pions en raison de multiples problèmes techniques et chutes. C'est d'ailleurs l'une de ces embardées massives, à près de 100 kilomètres de l'arrivée, que les Lotto-Soudal ont précipité la course en lançant une longue offensive sans s'intéresser aux éventuels coureurs tombés à l'arrière. Seul problème : pour le final, Tim Wellens s'est retrouvé bien seul pour assurer le tempo face aux autres favoris. Et le grimpeur monégasque n'a pas trouvé l'énergie nécessaire pour affronter les offensives multiples de Zdenek Stybar (Quick Step), Michal Kwiatkowski (Sky) et Greg Van Avermaet (BMC), qui l'accompagnaient pour les 25 derniers kilomètres vers Sienne. Kwiatkowski profitait de cette fébrilité chez tous ses adversaires pour attaquer à près de 15 kilomètres du but, pour franchir les deux dernières côtes de la journée en tête.

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Pourtant, selon Greg Van Avermaet, ce n'est pas forcément la condition physique du Polonais qui a joué dans ce final. "Les motos étaient partout aujourd'hui, même quand j'étais dans les groupes de poursuite", explique le champion olympique par voie de communiqué, après avoir passé la course aux avant-postes. "Ce n'est pas la faute de Kwiatkowski, parce que si les motos devant moi également j'aurais fait la même chose, mais il est temps de faire quelque chose par rapport à cela et avoir des règles claires concernant la distance entre les cyclistes et les motos". Car tout au long de la journée, les motos n'ont cessé de perturber les coureurs, Van Avermaet et Kwiatkowski se montrant les plus hostiles envers les motards, criant à plusieurs reprises à leur encontre. Même en tête, le coureur polonais de la Sky a crié au motard de la RAI de se décaler avant un virage dangereux. Finalement, dans les tout derniers kilomètres, les motards semblaient enfin avoir compris la leçon et restaient derrière les cyclistes, sans les perturber dans le final. Un poil trop tard toutefois...

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Finalement, Kwiatkowski se montrait le plus coriace dans le final et tenait ses distances avec ses rivaux dans la côte finale vers Sienne, signant autoritairement son deuxième succès sur ce Strade Bianche. "Kwiatkowski était fort mais il n'était pas plus fort que nous autres", estime Van Avermaet, deuxième devant Tim Wellens, à une vingtaine de secondes de l'ancien champion du monde. "Il a réalisé le bon coup au bon moment et a creusé un écart. On a essayé de travailler ensemble, Wellens, Stybar et moi. On a essayé tout ce qu'on pouvait mais on n'a pu conclure", confirme le Belge de la BMC. "C'était une bonne offensive de la part de Kwiatkowski, de mon côté, j'étais vraiment à la limite dans la poursuite finale", confie pour sa part Tim Wellens, plus réaliste sur ses performances.

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Résultats de l'épreuve masculine (Sienne > Sienne, 175 km) :

1. Michal Kwiatkowski (Pol, Team Sky) en 4h42'42"
2. Greg Van Avermaet (BEL, BMC Racing Team) à 0'15"
3. Tim Wellens (BEL, Lotto-Soudal) à 0'17"
4. Zdenek Stybar (Tch, Quick Step Floors) à 0'23"
5. Tom Dumoulin (P-B, Team Sunweb) à 1'26"
6. Luke Durbridge (Aus, Orica-Scott)
7. Christopher Juul Jensen (Dan, Orica-Scott) à 1'29"
8. Tiesj Benoot (BEL, Lotto-Soudal) à 2'20"
9. Thibaut Pinot (Fra, FDJ) à 2'23"
10. Scott Thwaites (G-B, Dimension Data) à 2'52"

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Longo Borghini s'impose, Deignan se plaint aussi des motos

Chez les dames également, les questions autour de la présence nombreuse de motos ont également alimenté le débat. Personne ne trouvait à redire par rapport à la victoire finale de l'Italienne Elisa Longo Borghini (Wiggle-High5), la plus rapide des favorites dans la côte finale de Sienne. Mais après le podium, plusieurs filles ont pointé le problème des motos sur ce tracé rendu déjà dangereux par les chemins non-asphaltés et les routes étroites de Toscane. "C'est frustrant car dans la dernière montée, il y avait une moto sur mon chemin. C'était un peu de ma faute certes, c'est une erreur tactique qui m'a coûté la victoire", affirme ainsi Elizabeth Deignan (Boels-Dolmans), troisième.

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Heureusement, personne n'a été touché ce samedi par l'une de ces motos. Mais leur rapprochement des coureurs et la colère de ceux-ci confirment qu'il devient urgent pour l'Union Cycliste Internationale (UCI) de prendre des mesures concernant la présence de ces engins motorisés devant le peloton, comme plusieurs organisateurs belges l'ont déjà décidé, avant même que la fédération internationale ne dévoile ses décisions. Le simple fait de donner des cours de conduite aux suiveurs du peloton ne suffit pas, il faut clairement limiter le nombre de voitures et de motos dans une telle caravane, surtout sur des routes aussi étroites. C'est une question de survie...

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Résultats de l'épreuve féminine (Sienne > Sienne, 127 km) :

1. Elisa Longo Borghini (Ita, Wiggle-High5) en 3h44'45"
2. Katarzyna Niewiadoma (Pol, WM3 Energie) à 0'02"
3. Elizabeth Deignan (G-B, Boels-Dolmans) à 0'05"
4. Lucinda Brand (P-B, Team Sunweb) à 0'08"
5. Annemiek van Vleuten (P-B, Orica-Scott) à 0'09"
6. Shara Gillow (Aus, FDJ Nouvelle-Aquitaine Futuroscope) à 0'12"
7. Katrin Garfoot (Aus, Orica-Scott) à 0'18"
8. Amanda Spratt (Aus, Orica-Scott) à 0'36"
9. Cecilie Uttrup Ludwig (Dan, Cervélo-Bigla) à 1'06"
10. Elena Cecchini (Ita, Canyon SRAM Racing)

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Grégory Ienco - Photos : Photo News/Cor Vos/LB/RB - Photo News/Cor Vos/Anton Vos - Photo News/Roberto Bettini & Luca Bettini

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