Mondiaux de cyclo-cross : la mondialisation est en marche, les fans sont prêts à suivre

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Malgré le froid et la neige qui ont envahi les plaines du sud du Luxembourg, les supporters sont venus nombreux ce week-end pour célébrer la grand-messe du cyclo-cross, dans la campagne de Belvaux, petit village coincé entre Differdange et Esch-sur-Alzette. Dans le sud du Grand-Duché, à la frontière entre la Belgique et la France, ils étaient des milliers à arborer leurs couleurs. Et pas seulement des Belges, fervents supporters de la discipline hivernale. Clairement, les fans sont venus du monde entier et confirment que le cyclo-cross est encore en pleine expansion.

L'Union Cycliste Internationale (UCI) avait surpris voici deux ans en accordant à la cité de Belvaux, dans la commune de Sanem, l'organisation des championnats du monde de cyclo-cross en janvier 2017. Le Grand-Duché n'est pas forcément reconnu comme le pays des labourés et malgré quelques épreuves organisées surtout au sud du pays, les sportifs locaux spécialistes de la discipline ne sont pas nombreux. Tout juste Christine Majerus apparaissait, chez les dames, comme une chance de médaille. Malheureusement pour les autochtones, la cycliste de Boels-Dolmans n'a pas été à la fête sur le tracé verglacé de la cité minière. Cela n'a pas empêché les milliers de supporters présents dans le village luxembourgeois de faire la fête jusqu'aux petites heures de la nuit et de confirmer leur ferveur tout au long du week-end, qu'ils soient belges, français, néerlandais ou encore japonais, italiens ou américains.

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Car, malgré la proximité avec le plat pays, les Belges n'étaient pas les seuls à s'être déplacés jusqu'à Belvaux pour célébrer un week-end de cyclo-cross. Certes, la plupart étaient présents dès mercredi pour installer leur caravane aux abords du tracé du lycée Bel-Val. Mais ils pouvaient fêter l'accueil de Français, Néerlandais et bien d'autres tout au long de cette semaine dédiée aux labourés. Dans la tente sponsorisée par une célèbre marque luxembourgeoise de bière, les danses entre Belges et Français ou entre Belges et Danois étaient légion. Le houblon aide visiblement à rassembler les peuples, autant que l'amour de la Petite reine. Sur les bords du circuit, les Américains étaient aidés par des Français, une demi-douzaine de Japonais installaient leur drapeau sur le site d'arrivée alors que des Espagnols criaient leur ferveur à chaque passage d'un homme en jaune et rouge devant eux. La fête était parfaite.

Car si, sur le plan sportif, certains s'interrogent sur la domination belgo-néerlandaise chez les élites messieurs, dans le camp du public, la mondialisation est clairement en marche. Comme cela se voit chez les jeunes, où les nations émergentes du cyclo-cross se font de plus en plus pressante, comme la Grande-Bretagne l'a prouvé avec un triplé chez les juniors, ou l'Espagne avec une médaille d'argent chez les espoirs. L'UCI semble réussir son pari de permettre au monde de découvrir cette discipline hivernale si particulière. Cela se voit d'ailleurs dans les chiffres, avec des vidéos en direct suivies par plus de 570.000 personnes sur Facebook et une audience cumulée qui se compte en millions de téléspectateurs sur les télévisions européennes et américaines. Reste désormais à confirmer ce fait dans le peloton dédié aux labourés.

Cette ferveur pour le cyclo-cross se confirme donc ce week-end. Les organisateurs belges de cyclo-cross s'interrogent eux sur leur avenir suite à cette mondialisation et à l'impact qu'a eu le départ de Sven Nys sur la venue de certains supporters sur leurs épreuves. Mais s'ils permettent de laisser grandir les jeunes pousses qui grimpent vers le niveau professionnel, s'ils continuent de faire confiance à cette stratégie de l'UCI qui semble porter ses fruits sur le cyclo-cross, les supporters viendront naturellement. Au Luxembourg, cela a en tout cas fonctionné.

Grégory Ienco, à Belvaux - Photos : Photo News/Nico Vereecken

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