L'équipe de poursuite masculine belge disparaît et n'ira pas aux J.O. : "La Belgique n'a pas la culture de la piste"

Catégories : Piste

À deux semaines de la 75e édition des Six Jours de Gand (17-22 novembre), quelques jours après l’échec presque total de notre équipe nationale de piste à la première manche de la Coupe du Monde à Cali, l’heure est au bilan de santé de nos spécialistes des anneaux. Pas terrible.

> Jonathan Dufrasne et les JO 2016, un rêve qui s’est enfui

Après leur huitième place aux championnats d’Europe de la mi-octobre à Granges, en Suisse, sur l’épreuve de la poursuite par équipes, le bois de rallonge octroyé par la RLVB à nos poursuiteurs à la Coupe du Monde de Cali, le week-end dernier, n’a fait qu’enfoncer le couteau.

Résultat : une quinzième place alors que la qualification olympique nécessite le top-6 européen et le top-9 mondial. "Le programme olympique est donc arrêté, on ne peut plus se qualifier", indique Jos Smets, directeur général de la RLVB. "Nous continuerons la Coupe du Monde en disciplines individuelles."

Pas de Jeux 2016 donc pour Jonathan Dufrasne, seul Wallon actuel du team Belgique de piste, dont le contrat pro est intimement lié à la piste. "Il fera la poursuite individuelle aux mondiaux de Londres en mars prochain. Cette discipline n’est certes plus olympique depuis 2009 mais ce n’est pas de sa faute. La politique sportive en Belgique est souvent liée aux Jeux olympiques. C’est dommage car un athlète peut performer ailleurs aussi. Sur 19 disciplines de piste, 10 seulement sont olympiques."

> Un avenir entre gris clair et gris foncé ?

"Il y a plus de pistes dans le monde que de compétitions sur piste", explique Patrick Sercu, multiple champion sur piste dans les années 60-70 et organisateur des Six Jours de Gand. "Ce rendez-vous a encore son succès, même si c’est de plus en plus difficile. Aujourd’hui, les coureurs, notamment belges, voient les fortunes que peut apporter la route, à côté des pourboires de la piste. Les jeunes qui font de la piste optent très vite pour l’intérêt de la route. Je ne vois pas comment remonter la pente."

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Pour Jos Smets, les efforts ne portent pas. "La ligue investit pour ses pistiers en matériel, stages, programme, staffs… Ils sont des centaines à s’entraîner à Gand en novembre-décembre et seulement quelques dizaines à participer aux Nationaux en fin décembre. Les mentalités ont changé."

> Comment bâtir sur du long terme ?

Pour Sercu, la faute est à l’argent, en grande partie. "Il n’y a pas que ça. La piste, c’est la vérité. Et certains coureurs ont peur d’être confrontés à eux-mêmes", poursuit Jos Smets. "L’entourage, les entraîneurs, les clubs ne savent plus que la piste est fondamentale pour progresser. Nous pouvons faire tous les efforts, la balle est dans leur camp. Par ailleurs, il nous est impossible de programmer sur le long terme: je n’ai toujours pas digéré la décision du CIO et de l’UCI, fin 2009, de supprimer la course aux points, l’américaine, la poursuite individuelle pour les JO de Londres 2012. Et pour 2020, on ne sait encore rien. Difficile pour une fédération de bâtir sur le long terme. Enfin, je dirai que la Belgique n’a pas ou plus de culture de piste, contrairement à des nations comme la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, l’Allemagne, entre autres…" Celles, avec la France de Coquard, l’Italie de Viviani… qui ont envoyé le Team Belgium aux oubliettes.

Eric Cornu - Photos : Photo News

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