Tour de Turquie: Durasek, la victoire tranquille

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cyclisme,tour de turquie,kristijan durasek,lampre-merida,eduardo sepulveda,jay mccarthyLe Tour de Turquie s'est conclu ce dimanche sur les hauteurs d'Istanbul, devant la Mosquée bleue de la cité des deux continents. Après une dernière finale sur les pavés de la Vieille Ville, le leader de l'épreuve Kristijan Durasek (Lampre-Merida) n'a pas connu de malchance et n'a ainsi eu qu'à paraître dans le peloton sur la ligne d'arrivée pour assurer sa victoire finale, sur ce qui devient la plus belle ligne de son palmarès. Le Croate devance ainsi l'Argentin Eduardo Sepulveda (Bretagne-Séché Environnement) et l'Australien Jay McCarthy (Tinkoff-Saxo) au terme d'une 51e édition qui a fait la part belle aux attaquants et aux sprinters. Tout ce dont l'organisation rêvait finalement.

Ne vous fiez pas à son nom: le Croate Kristijan Durasek (Lampre-Merida) n'est pas une pile électrique. Certes, sur le vélo, le grimpeur de 27 ans sait lancer les watts quand la pente se fait plus ardue mais auprès de ses équipiers ou aux abords des podiums, le garçon de Varazdin ne montre pas ce grain de folie des grands leaders. Durasek est avant tout un coureur consciencieux, travailleur, et heureux de se montrer sur le vélo, sans chercher pour autant l'audace. Ainsi, sur cette dernière étape du Tour de Turquie autour d’Istanbul, le Croate est bien resté dans les roues et a franchi la ligne d’arrivée, dix-huit secondes après le vainqueur du jour, sans s’inquiéter de ses éventuels rivaux. Son avantage était de toute manière bien assez large, après l’abandon sur chute du doyen Davide Rebellin (CCC Sprandi Polkowice), qui était deuxième du générale à vingt-et-une secondes avant cette douloureuse embardée provoquée par un chien semant la panique dans le peloton.

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Durasek a préféré la prudence durant cette journée dans les roues. Juste pour assurer sa première course par étapes 2.HC dans un palmarès déjà bien rempli. "C’est évidemment une grande victoire pour moi, je dois encore réaliser ce que j’ai pu faire. Je me sentais bien, mais c’est difficile de dire avant une course qu’on va la gagner. Je suis venu avec la victoire en tête, avec des envies, mais je n’avais pas la prétention de dire que cela allait arriver", explique-t-il en conférence de presse, d’un air timide. Déjà septième du Tour de Turquie l’an dernier, le Croate a tout simplement confirmé son talent de grimpeur sur les épreuves par étapes au plateau moins relevé. Ne le prenez toutefois pas pour un coureur de second niveau. "J’ai également gagné des courses d’un jour, en Italie notamment. Ce Tour de Turquie n’est pas forcément ma plus belle victoire", confie ainsi Kristijan Durasek. "L’équipe croyait déjà en moi, j’ai prouvé que je pouvais faire de grands résultats sur les courses par étapes". A tel point que le coureur de Lampre-Merida pourrait bientôt faire un Grand Tour, avec d’abord le Critérium du Dauphiné dans le viseur. Avant d’aller plus loin? "Je souhaiterais gagner une étape sur un Grand Tour, ou remporter une classique".

 

Suite à l’abandon de Davide Rebellin pour une clavicule disloquée, l’Argentin Eduardo Sepulveda (Bretagne-Séché Environnement) a du coup pris la deuxième place du classement général au terme de cette ultime étape à Istanbul. Un résultat qui ne le satisfait pas pleinement pour autant. "Toute l’équipe est contente de notre performance collective. La deuxième place, c’est un bon résultat pour nous même si on espérait tout de même une meilleure position lorsqu’on évoquait la course voici une semaine". Comprenez la victoire avant tout. Et cela ne passait pas forcément par des offensives à tout prix: il fallait encore réfléchir efficacement. "Sur cette avant-dernière étape, le peloton était encore bien compact au sommet de la dernière ascension du jour, et la descente finale était avec le vent de face. Se lancer dans une attaque, cela ne servait à rien. Je préférais rester dans le peloton, et ne pas faire des efforts pour rien". Sepulveda se concentrera donc désormais sur la préparation pour le Tour de France, via notamment le GP de Plumelec et la Route du Sud.

 

La belle révélation de ce Tour de Turquie, c’est l’Australien Jay McCarthy (Tinkoff-Saxo). A 22 ans, le grimpeur du Down Under a hérité d’une place inédite dans sa jeune carrière: leader d’une formation du WorldTour. Et le garçon a parfaitement géré cette position dès la première étape de montagne vers Elmali avant de conforter sa position à Selçuk. Le voici ainsi sur le podium! Spécialiste du contre-la-montre et grimpeur à ses heures perdues, McCarthy arborait un large sourire au moment d’évoquer sa semaine turque.  "Je suis heureux de l’opportunité d’avoir pu rouler pour le classement général et heureux de la façon dont la course s’est déroulé. J’ai donné tout ce que j’avais, j’ai pu encore apprendre plus sur moi-même, surtout avec l’équipe travaillant pour moi. C’est une grande motivation quand tous mes équipiers font le boulot juste pour réaliser la meilleure performance possible".

 

Certes, l’Australien reconnaît quelques erreurs. "Peut-être à Selçuk, ai-je été trop rapide dès le pied de la côte finale. Cela m’a certainement coûté trop d’efforts pour les derniers kilomètres. Mais je visais l’étape et pensais que la meilleure opportunité d’y parvenir était de rejoindre le coureur colombien d’Astana (NDLR: Miguel Angel Lopez). Finalement, je n’ai pu suivre son rythme, j’ai dû reprendre mon souffle et cela a été plus dur… Heureusement, j’ai pu reprendre du temps sur Rebellin et d’autres. Je pense franchement que la course a déjà été offensive comme cela". McCarthy va désormais s’envoler pour la Californie avant d’envisager une sélection pour le Tour d’Espagne puis le Mondial. "J’aimerais être dans une grande forme pour la deuxième partie de saison afin d’être sélectionné avec l’équipe d’Australie pour les championnats du monde sur route aux Etats-Unis, fin septembre". Comme Thibaut Pinot et Tejay van Garderen l’ont fait par le passé, il ne reste plus qu’à confirmer pour la jeune pousse de ce Tour de Turquie 2015, qui s’est conclu ce dimanche sous le soleil d’Istanbul.  

 

A Istanbul, Grégory Ienco - Photos: Grégory Ienco - Photo News/Cor Vos/Sabine Jacob

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