Bradley Wiggins en défilé au Yorkshire, avec le record de l'Heure en vue: "Je commence une nouvelle carrière"

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cyclisme,tour de yorkshire,uci,europe tour,bradley wigginsPremier Tour de Yorkshire, dernière course sur route de Bradley Wiggins. Dieu vivant de tout un peuple et de la Reine, Sir Brad’ respire la décontraction dans le comté. Maillot éponyme sur les épaules, il pédale, peinard. Appelez-le, désormais, Bradley le bienheureux. 

Comme si, même la météo, il l’avait mise dans sa poche de maillot... À Bridlington la pittoresque, même la mer du nord semble ourler avec le flegmatisme local, loin de l’agitation du grand départ de ce premier Tour de Yorkshire. Le ciel, chargé, hésite, grisaille avant de s’ouvrir soudainement, encensant de ses lumières divines celui que toute l’Albion a sacré, consacré au rang de Sir. Telle une rockstar, Bradley Wiggins vient de sortir à la toute dernière minute du camper griffé "Team Wiggins", sa nouvelle formation depuis l’Enfer du Nord. Sur la digue, marée haute, humaine et liesse autour du barbu qui joue le jeu. Et, sur le podium, à la question du speaker local sur son feeling, le Brad’ sort un "Là, ça va, ils viennent d’installer les toilettes dans le camper, on va pouvoir passer trois bonne journées...". Wiggo’ se marre, la foule aussi, crie son nom et chérit son héros.

"Je ne suis pas ici pour essayer de gagner la course et ce genre de choses", expose-t-il au sortir du podium. "C’est ma première depuis Roubaix, je la prends comme une préparation idéale pour le record de l’heure (NDLR : le 7 juin à Londres). Je ne suis plus le Bradley Wiggins de 2012, du Tour. J’ai dix kilos de plus et une barbe d’enfer. Mais bon, je suis content d’être là, sur ce Tour de Yorkshire qui est bien foutu... Il manque juste un contre-la-montre en fait..."

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Le dandy est détendu, souriant, vanne ses anciens coéquipiers en arborant, pour la toute première fois, le maillot de sa nouvelle es- couade. Team Wiggins, une continentale non-pro soutenue par Sky et équipée par Rapha et Pinarello, soit les équipementiers du team britannique. La différence entre les deux ? "Le nouveau est bien mieux", s’esclaffe-t-il, décidément facétieux. "Plus sérieusement, nous n’essayerons pas de gagner le Tour de France. Nos objectifs sont différents, plus centrés sur la piste. L’objectif n’est pas de se mesurer à la Sky à travers le monde. Cette équipe est centrée sur le développement, l’éclosion des jeunes talents en Angleterre, un peu comme ce que fait Axel Merckx aux Etats-Unis. Par contre, je ne me vois absolument pas comme une sorte de directeur sportif. Plutôt comme un coach, un mec qui est là pour aider les jeunes. On verra où ça va nous mener, tout ça est arrivé très vite, ça fait à peine dix mois que le projet a germé. En fait, après ma non-sélection pour le Tour, j’étais chez moi à me tourner les pousses et je me suis dit ‘je devrais créer ma propre équipe...’ Et donc, voilà. Je vais rouler en Angleterre et me faire plaisir, ce qui n’était plus le cas ces derniers temps." 

Ces pérégrinations dans le Yorkshire s’érigent comme ses derniers coups de pédales  sur la route. Un verdoyant jubilé avant de recouvrer la piste, son premier amour. Au menu, les Jeux de Rio avec, en 'breakfast', une tentative du record de l’heure en juin prochain. "Je commence un peu une nouvelle carrière", reprend-il. "Dans ma tête, j’ai actionné comme un interrupteur après Paris-Roubaix. Mes objectifs sont différents, l’équipe aussi. Je tourne sur la piste depuis quelques semaines. Ça fait longtemps que je pense que je suis prêt pour ça. Je me sens libéré et heureux, en fait... Par contre, là, je crois que je dois y aller, y’a une course qui vient de commencer", glisse-t-il en filant. Et en se marrant. 

A Scarborough, Sébastien Close - Photos: ASO/Gautier Demouveaux

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