Grand Prix de l'Escaut: une formalité pour Kristoff, un danger pour le peloton

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cyclisme, Grand Prix de l'Escaut, Scheldeprijs, Alexander Kristoff, Katusha, chute, SchotenCe mercredi, le succès du Norvégien Alexander Kristoff (Katusha) sur un Grand Prix de l'Escaut déchu de ses meilleurs sprinters ne faisait quasiment aucun doute. Sur un parcours plat, avec pour seule difficulté le passage sur des pavés pendant 500 mètres, le sprint massif semblait être une formalité pour le coureur nordique. Encore plus après la spectaculaire chute qui a mené une trentaine de coureurs à terre dans le dernier kilomètre, vers Schoten. Comme d'habitude, sur la nationale étroite menant vers le centre de la cité anversoise, la nervosité a pris le pas sur le bon sens... Comme pour confirmer la dangerosité de cette semi-classique qui fait chaque année des dégâts.

Les folles Flandriennes de l'équipe Katusha se poursuivent au sein d'une équipe russe qui n'arrête pas de gagner sur les terres belges depuis plus de dix jours maintenant. Depuis le succès de Luca Paolini à Gand-Wevelgem, son coéquipier norvégien Alexander Kristoff a perpétué la série victorieuse de la formation WorldTour avec trois succès d'étapes et le général des Trois Jours de La Panne, le Tour des Flandres et, ce mercredi, le Grand Prix de l'Escaut. A Schoten, il faut avouer que le sprinter norvégien semblait bien seul sur la liste des favoris, avec juste John Degenkolb (Giant-Alpecin) et Elia Viviani (Sky), a priori, pour le devancer sur la ligne d'arrivée toujours périlleuse de Schoten. La nationale menant vers le centre de la cité de la banlieue anversoise est en effet étroite, les voitures sur les parkings de la rue sont rarement enlevées, les dos d'âne et petits pavés sont courant: il faut donc redoubler de prudence.

Et Kristoff a eu finalement de la chance. Car juste avant la flamme rouge, le peloton a été décimé à partir de la vingtième place par une spectaculaire chute provoquée par un coureur d'Astana qui espérait se faufiler entre un homme de Bora-Argon 18 et un autre de Lotto-Soudal. Le trou était trop petit, l'homme en bleu clair a percuté ses deux compères avant de s'affaler au sol, provoquant ensuite un jeu de quilles fatal à une vingtaine de coureurs. Viviani se retrouvait notamment dans le tas, avec notamment Andrea Guardini (Astana), le cycliste à l'origine de cette incroyable embardée. L'Irlandais Sam Bennett (Bora-Argon 18), le Français Maxime Daniel (Ag2r), le Belge Tim Van Asbroeck (Lotto NL-Jumbo), le Danois Michael Morkov ou encore le Russe Nikolay Trusov (Tinkoff-Saxo) ont également été victime de blessures à des degrés divers, mais sans fracture ou autre blessure grave, heureusement...

Malheureusement, ce n'est pas la première fois que ce genre de chutes entache le Grand Prix de l'Escaut, connue comme la semi-classique la plus plane du calendrier. Le peloton est tellement massif sur une route si étroite (à peine plus de 8 mètres) que la nervosité semble encore plus vivace que sur un emballage d'une étape de Grand Tour. On joue des coudes, certains moins expérimentés pensent avoir leur chance dans un tel peloton, et cela se finit sur le bitume... Les organisateurs ont déjà pris des mesures en "aplatissant" la route dans le final, jonché de dos d'âne à l'époque. Il serait également temps d'interdire le parking de toutes ces voitures sur le bas-côté afin de laisser de l'espace aux coureurs. Car l'arrivée ne bougera de toute façon pas: Schoten a trouvé un accord avec les organisateurs pour accueillir le Grand Prix de l'Escaut jusqu'en 2019 au moins. Tant que leur course ne se dégonfle pas comme le portique qui a failli arrêter le peloton à douze kilomètres du but...

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Cette chute, Alexander Kristoff a bien failli en pâtir. "A deux mètres près, j'étais pris dans la chute", affirme-t-il ainsi après l'arrivée, heureux de s'en sortir sans blessure et surtout avec une victoire de plus dans la besace avant Paris-Roubaix, où il aura une large pancarte de favori malgré son inexpérience relative sur les pavés de l'Enfer du Nord. "J'espère que je pourrai encore gagner mais Roubaix est une autre course. J'ai déjà tout perdu sur cette course, mais je vais essayer. Ce sera aussi ma dernière course du printemps. Il faudra donc que je donne tout, après j'aurai le temps de me reposer". Et l'homme d'assurer, après cette semi-classique belge qui lui a plus permis de tourner les jambes que s'épuiser, qu'il peut encore s'améliorer d'ici dimanche: "J'ai senti que je pouvais encore améliorer ma condition, que je n'étais pas encore au maximum. Il faut donc que j'en profite d'ici Roubaix".

Kristoff semble bien increvable mais Paris-Roubaix n'est pas une classique du Nord comme les autres. Le Norvégien fait bien de prévenir, car la forme seule ne suffit pas à lever les bras sur le vélodrome de Roubaix. On sera loin des 200 kilomètres bien calés dans le peloton, comme ce mercredi vers Schoten... 

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Grégory Ienco - Photo: Photo News/Peter De Voecht

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