CyclismeRevue fait le bilan: découvrez les tops et flops de la rédaction

Catégories : Rétro 2014

Ben Hermans - Peloton - Championnat du monde 2014.jpgLa rédaction de CyclismeRevue dit au revoir à 2014 avec un bilan concocté par nos journalistes. Leurs meilleurs moments de la saison écoulée, leurs pires souvenirs et leurs attentes pour l'année à venir: découvrez les tendances de la rédaction à l'aube de 2015. Avant de vous souhaiter une délicieuse année, pleine d'espoirs!

Robert Genicot

Rédacteur en chef et fondateur

Je vais quelque peu m'attarder sur la discipline du cyclo-cross, étant tout l'hiver aux faits et gestes de ces rouleurs des labourés. Pour ce qui est de cette partie du cyclisme, à cheval sur deux années civiles, il faut bien reconnaître que la fin de saison 2013-2014 (janvier et février) fut marquée par le hold-up de l'ami Styby, lors des Mondiaux. En effet, alors qu'on le savait, et le côtoyait sur les routes des grandes classiques et les tours, le Tchéque Zdenek Stybar s'aligna à quelques reprises dans les sous-bois au moment des fêtes de fin d'année.

Pas de quoi fouetter un chat, bien entendu, c'était surtout pour se faire plaisir qu'il venait lutter, ou plutôt se frotter, aux Nys, Pauwels, Vantornout, Meeusen, van der Haar ou encore Mourey. Mais voilà, le gaillard avait une idée bien précise, renvoyer tout ce petit monde à ses études, en prenant le maillot irisé (pour la troisième fois) à Hoogerheide. Personne n'aurait osé parier un «copec» sur un Top-5, voire un podium. Et que dire alors de la première place? Pourtant, Stybar le fit, même s'il fallu une chute de Sven Nys pour vaincre. Un maillot arc-en-ciel devenant obsolète dans les pelotons, puisque le coureur d'OPQS ne devait pas retrouver les labourés par la suite. 

cyclisme

Mais au-delà de ce fait majeur, terminant la saison 2013-2014, d'autres surprises viendront «entacher» la campagne 2014-2015. En premier lieu, la retraite forcée d'un des plus grands talents du cyclo-cross belge, Niels Albert (photo ci-dessus). Par ordre de la faculté, le caractériel rouleur de Tremelo doit mettre un terme, bien trop tôt, à sa carrière. Il manquera au monde du cyclo-cross, mais restera quand même près des crossmen, en devenant coach. 

On pouvait penser voir la voie royale pour le champion de Belgique, Sven Nys, qui ouvrait son compteur aux States, à Las Vegas, pour assez vite le refermer. Pas décevant, certes, mais quelques problèmes familiaux, et du temps qui passe, viendront faire douter le CanniBaal. Une fin d'année ponctuée par des abandons, et un gros doute pour la suite de sa carrière. Inévitablement, Kevin Pauwels va alors prendre les devants, pour s'octroyer des succès, et espérer beaucoup mieux, et pourquoi pas une victoire à Tabor... Mais dans cette optique, il ne sera pas le seul, car la retraite d'Albert, le manque de percutant de Nys, furent très vite comblés par la venue de jeunes garçons, comme Mathieu et David van der Poel et Wout Van Aert -le champion du monde des U23- qui mèneront la vie dure aux «anciens». Ceux-ci, ayant pour noms Bart Wellens, Bart Aernouts, ou encore Klaas Vantornout, feront de cette campagne un «gros entraînement», ne parvenant plus à suivre la fougue des jeunes loups.

Pas encore terminée cette saison des labourés, mais déjà on peut s'attendre à de beaux duels, voire batailles, entre de nouveaux acteurs. Le renouveau du cyclo-cross est bien en vue, même si on doit -encore une fois- déplorer l'absence des rouleurs étrangers à venir se mesurer. Le match belgo-néerlandais va se poursuivre, avec de bien belles choses en perspective.

Grégory Ienco

Rédacteur en chef adjoint et webmaster

> Les tops de l'année

La mondialisation du cyclisme se confirme

Un champion du monde polonais, un vainqueur de Giro colombien, un Australien vainqueur de Liège-Bastogne-Liège, un Norvégien lauréat de Milan-Sanremo... La mondialisation du cyclisme est annoncée depuis de nombreuses années, elle a frappé de plein fouet le peloton cette saison. Aucun coureur italien, espagnol, belge ou français, soit les quatre grandes nations considérées comme historiques, n'a remporté une classique du cru cette saison. Sur les Grands Tours, si Contador et Nibali semblent incontournables, le Britannique Froome et le Colombien Quintana confirment la montée en puissance de ces nations émergentes. Et le sacre de Kwiatkowski à Ponferrada, au nez et à la barbe des nations historiques qui pensaient gérer la course, prouve bien que ces coureurs d'autres horizons n'ont plus froid aux yeux et osent prendre leurs responsabilités. Cela fait du bien aussi au vélo.

Les trois Grands Tours sont fascinants

Au début des années 2000, le Tour d'Italie et le Tour d'Espagne semblaient être les parents pauvres de la saison cycliste. Face au monstre qu'est le Tour de France, difficile d'attirer les plus grandes stars en tant que "simple" tour national. Mais avec le changement d'organisateur au fil des années, les deux épreuves ont retrouvé du prestige. Le Giro a choisi l'angle du spectacle avec des départs à l'étranger, des étapes plus vallonnées et une montage plus audacieuse. La Vuelta a privilégié la montagne, parfois plus tôt qu'à l'accoutumée, souvent dans des endroits devenus mythiques. Et cela fonctionne, avec des leaders qui n'hésitent plus à s'afficher sur les trois Grands Tours plutôt que sur le seul Tour de France. Avec chaque fois le même bonheur sur le podium final.

Philippe Gilbert reste parmi les meilleurs

Certes, il n'a pas retrouvé sa verve de 2011. Mais cela restera une année unique, comme il le dit si bien. Philippe Gilbert a malgré tout marqué cette saison par son retour aux avant-postes aux moments-clés de la saison. Concentré sur les Ardennaises, il a tout de même remporté la Flèche Brabançonne et une troisième Amstel Gold Race, sa deuxième victoire sur la nouvelle arrivée du Cauberg. Certes moins en forme en août, il a été exceptionnel sur les championnats du monde, au boulot pour son équipier Van Avermaet, avant de s'afficher sur le Tour de Lombardie puis le Tour de Pékin. Pas mal pour un gaillard qu'on assure sur la pente descendante. Gilbert a encore la grinta et le prouvera certainement encore en 2015.

cyclisme

La première victoire .1 de Wallonie-Bruxelles

Wallonie-Bruxelles grimpe enfin au fil des saisons. En s'ouvrant en début d'année aux coureurs plus expérimentés comme Frédéric Amorison et Sébastien Delfosse, l'équipe continentale belge fondée par Yves Vannasche et Michel Dernies, désormais menée par Christophe Brandt, a réussi le pari de se montrer au niveau des équipes continentales pros. Cela s'est concrétisé en avril avec la victoire du jeune Antoine Demoitié au Tour du Finistère. Certes, les autres résultats ne furent pas aussi probants mais cette première victoire en classe .1, combinée aux performances exceptionnels de Delfosse sur les routes belges et françaises, ont confirmé la montée en puissance de l'équipe formatrice wallonne.

Ces dames qui font le show

Le cyclisme féminin a pris un nouveau cap cette année. Une meilleure présence sur Internet, des courses enfin télévisées,... Ces dames ont enfin plus d'importance et elles prouvent qu'elle peuvent encore plus faire le spectacle que ces messieurs. La Coupe du monde a été surprenante de bout en bout, le championnat du monde a affiché un incroyable suspense et la première édition de la course féminine du Tour de France sur les Champs-Elysées a été une réussite populaire. Il reste à confirmer ces belles performances de 2014, avec une plus grande couverture télévisée et surtout l'arrivée de nouvelles courses, en marge du calendrier masculin.

> Les flops de l'année

Adieu Igor et Kristof

Une pensée pour Igor Decraene, champion du monde junior du contre-la-montre en 2013 et décédé le 30 août 2014, et Kristof Goddaert, pro chez IAM Cycling et décédé le 18 février 2014.

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Des classiques ardennaises trop attendues

Voilà le problème quand trop de candidats à la victoire sont au même niveau. Tout le monde se regarde, tout le monde attend un geste de l'autre pour s'activer... Et cela mène à des courses de côte, qui ne se jouent que sur les quelques derniers kilomètres qui restent. Sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège, cela s'est déroulé sur le même modèle, avec une attaque des favoris dans les deux derniers kilomètres, seulement. Heureusement que certains outsiders ont animé quelque peu ces classiques comme Domenico Pozzovivo ou Gianpaolo Caruso. Sinon, quel ennui...

Heureusement qu'il y avait Kwiatkowski...

Le championnat du monde n'a pas été plus prenant. Tous les pays ont joué la carte de la discrétion, avec l'envoi de quelques équipiers dans les attaques de la mi-course. La Pologne a été quasiment la seule à prendre ses responsabilités. Avec la surprise de voir Michal Kwiatkowski attaquer tous ses rivaux dans le dernier tour. Une audace qui a payé! Sans cette offensive, tout le monde aurait attendu la dernière côte, sans pouvoir se départager. Kwiatkowski a joué au plus malin, bravo à lui et dommage pour le spectacle attendu toute la journée sous la pluie de Ponferrada.

Le Team Sky n'est plus la dream team

L'équipe Sky a établi des choix étonnants pour cette saison. Bradley Wiggins ne semblait plus qu'un second couteau aux yeux des dirigeants qui préféraient tout miser sur le duo gagnant de la précédente saison Richie Porte-Christopher Froome. Mauvaise pioche: Froome montrait déjà des signes de fébrilité sur le Dauphiné et deux chutes sur le Tour de France ont eu raison de ses ambitions. L'homme s'est rattrapé sur la Vuelta, mais pas assez vite pour contrer Alberto Contador. Avec des classiques manquées et une fin de saison simplement réussie grâce au titre de champion de monde du contre-la-montre de... Wiggins, le Team Sky va devoir se remettre en question.

Des spectateurs trop fous

On en a eu la preuve sur le Tour d'Italie et le Tour de France, certains spectateurs ne semblent pas respecter les coureurs en les poussant, en courant à côté d'eux, en leur criant dessus... Bon nombre de coureurs ont montré des gestes de mécontentement au court des épreuves et on peut comprendre leur agacement. Faites donc bien attention sur les routes, supportez les coureurs mais ne les gênez pas.

> Les attentes pour 2015

Des parcours mieux calibrés et non forcément plus durs...

Certains organisateurs ont enfin compris que plus de difficultés pour le coureur ne signifiait pas pour autant plus de spectacle. Il faut surtout mieux calibrer les parcours pour les rendre plus intéressants sur le long terme, à l'image de ce qui est fait sur le Tour d'Italie ou le Tour des Flandres, cette année. Cela permettra une course plus vive et non forcément une course à l'usure.

Une meilleure considération de la piste

Le cyclisme sur piste a toujours du mal à s'imposer entre la route, le VTT et le cyclo-cross. La discipline apporte pourtant son lot d'exploits, comme ceux du Français François Pervis cette saison, triple champion du monde et recordman du monde du kilomètre. En Belgique, également, la piste redevient reine avec Jasper De Buyst ou Kelly Druyts, qui assurent les places de choix sur les championnats internationaux. Le retour du record de l'heure devrait permettre de remettre le cyclisme sur piste à l'avant-plan, comme une discipline tout aussi spectaculaire que la route.

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Une meilleure communication de l'UCI

L'Union Cycliste Internationale a réalisé de beaux projets au fil de l'année mais au niveau de la communication, ce n'est pas encore au niveau. A l'image de ce quiproquo concernant les suspensions annoncées ou non pour dopage. L'UCI a voulu mettre en place une simple liste régulièrement mise à jour, mais sans annonce a posteriori. La fédération a finalement fait marche arrière face au flux de demandes mais aussi face aux problèmes de la structure Astana. L'UCI a bien compris que cette communication était nécessaire pour les fans de la Petite reine, afin de faire une purge du peloton. Cela sera encore plus nécessaire en 2015.

Eric Clovio

Journaliste Sudinfo

> Les tops de l'année

Alberto Contador, le flamboyant

Il fait à tout jamais partie des meilleurs coureurs de tours de l’histoire du cyclisme, qui oserait prétendre le contraire ? Vainqueur de la Vuelta moins de deux mois après avoir quitté le Tour sur chute, le Castillan est une bénédiction pour le vélo moderne, qui a tant besoin d’audace, de panache, de brio, de flamboyance pour séduire un public jeune ou à l’enthousiasme érodé par les « suiveurs ». Nullement repu, El Pistolero mise sur un doublé Giro-Tour en 2015.

Vincenzo Nibali dans la caste des grands

Le Sicilien est entré dans un clan très fermé, celui des coureurs qui ont inscrit les trois plus grands tours à leur palmarès (comme Anquetil, Gimondi, Merckx, Hinault et Contador). Son avènement sur le Tour aurait pu souffrir de la disparition prématurée de ses rivaux désignés, Froome et Contador, mais le « Requin de Messine » a maîtrisé son sujet avec tant d’à-propos et d’intelligence que ce bémol est balayé. Surtout, même s’il porte le maillot d’une équipe génératrice de suspicion, Nibali a apporté un souffle de panache et un zeste d’humanité à sa victoire sur la Grande Boucle. 

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Alejandro Valverde, la plénitude

Il y a douze ans déjà, il était présenté comme l’une des pépites du cyclisme européen, aux côtés de Tom Boonen et de Damiano Cunego. Aujourd’hui, le Campinois s’accroche pour ne pas valser sur la pente savonneuse du déclin, le Vénitien a disparu du top niveau depuis plusieurs années déjà mais le Murcien, lui, vient de disputer la meilleure saison de sa carrière. Onze victoires, 28 podiums, Alejandro Valverde (34 ans) méritait d’autant plus son statut de numéro 1 mondial qu’il a désormais admis et digéré les erreurs (affaire Puerto) qui avaient engendré sa suspension.

Le retour du record de l’heure

Leurs performances respectives ne resteront pas gravées dans le marbre mais que Jens Voigt et Matthias Brändle soient loués et remerciés pour avoir dépoussiéré et rendu du lustre au record de l’heure ! Eddy Merckx, qui fut sans doute le plus valeureux des chevaliers de l’anneau, était ravi de ces initiatives. Comme un pied dans la porte de l’exploit, désormais rouverte : Bradley Wiggins, Fabian Cancellara et Tony Martin, les as de l’effort en solitaire sont désormais tous titillés dans leur orgueil et leurs envies, on les attend au tournant. Avec impatience ! 

Le belge blé qui lève

Que n’a-t-on pas entendu à propos du déclin irrémédiable de notre cyclisme, qui allait piquer du nez une fois que Tom Boonen et Philippe Gilbert seraient fragilisés par l’usure du temps… Plus de gagneur, des années de vaches maigres,… Dans cette morosité, les performances des espoirs belges, pour la première fois vainqueurs de la Coupe des Nations, fouettent notre optimisme. Louis Vervaecke, Jasper De Buyst, Tiesj Benoot, Loïc Vliegen, Tom Van Asbroeck (vainqueur de l’Europe Tour) et surtout Tim Wellens (un talent fou déjà exprimé sur l’Eneco ou en Lombardie), c’est en eux que sont cachés les grains d’enthousiasme dont nous avons besoin.

> Les flops de l'année

Astana, du balai SVP ! 

Cinq cas de dopage en trois mois, les frères Iglinskyi voués aux gémonies mais aussi, ne l’oublions pas, un passeport bio particulièrement trouble pour Kreuziger lorsqu’il portait maillot kazakh : Astana a certes dominé le Tour de France avec à sa tête, croisons les doigts, un champion d’une autre culture, mais pour le reste, elle dégage un parfum de soufre qui jamais ne se dissipera. Que l’UCI ait malgré tout, in fine, décidé de lui accorder sa licence WorldTour est un très mauvais signal pour le cyclisme, qui a tant besoin d’air frais. 

Andy Schleck, quel gâchis

Stop, à 29 ans à peine… Dans un mélange de contradictions qui l’a finalement étouffé, le cadet des frérots Schleck était à la fois talentueux et fragile, aérien et influençable, inspiré et irritant. Meurtri au genou, après avoir valdingué une énième et dernière fois sur le bitume du Tour, Andy a renoncé. Il va changer de vie. Sa victoire sur la Grande Boucle 2010, conquise par défaut, est somme toute le symbole d’une carrière qui fut surtout celle des malentendus et rendez-vous manqués.

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VDB et l’aveugle obstination

Basta, et l’équipe Lotto a heureusement dit stop !  Le Tour 2014 de Jurgen Van den Broeck est celui de trop, où le courageux mais trop peu charismatique Anversois a cumulé les malheurs, les erreurs (de comportement et de communication, souvenons-nous seulement de ses commentaires après l’abandon de Contador ou de son dangereux jet de bidon provoquant la chute de Fuglsang) et les déceptions. Son rêve quasi obsessionnel de podium à Paris s’est éloigné, à jamais sans doute.

Hooliganisme sur la Vuelta

On avait déjà vu des coureurs en venir aux mains juste après l’arrivée, suite à un sprint houleux par exemple. Mais en pleine course, devant des millions de téléspectateurs en train de suivre une étape de la Vuelta, jamais ! Le Russe Ivan Rovny et l’Italien Gianluca Brambilla ont transformé le Tour d’Espagne en ring de boxe, en live SVP. Dès lors, ils sont tous deux retournés au coin, logiquement exclus de la course. Pif ! Paf ! Et pan dans le nez !

Sky au ras du sol

Saison tristounette pour les hommes de Dave Brailsford : pas de victoire au bout de grand tour, pas plus de classique majeure pour se consoler. Tout juste Stannard avait-il soufflé sur la flamme de l’espoir au Nieuwsblad, lors des premiers soubresauts de la saison… L’équipe britannique a certes dépoussiéré pas mal d’usages dans un cyclisme trop longtemps empirique, mais les méthodes extrêmement exigeantes et contraignantes ont aussi aussi leurs limites. Wiggins, Froome, Porte,… peuvent-ils rester au sommet, ou y revenir ? Mentalement, Sky semble vite user ses leaders.

> Les attentes pour 2015

Que le Tour nous transporte !

La Grande Boucle fabrique ses propres héros, elle n’a nullement besoin d’une affiche de rêve pour faire recette. N’empêche… On ne peut manquer de saliver en songeant que Contador, Nibali, Quintana et Froome pourraient ferrailler sans relâche dans les Pyrénées, le Massif central et les Alpes, sans omettre Mûr-de-Bretagne et le Mur de Huy, bien entendu !

Tim Wellens sur les traces de Philippe Gilbert 

L’Ardennais reste l’un des meilleurs puncheurs du peloton mondial, le seul aussi qui ait remporté une classique du WorldTour la saison dernière (Amstel Gold Race, pour la troisième fois), mais Philippe sait et sent que la relève est proche, menaçante, dans son sillage immédiat. La finale du dernier Lombardia illustre ainsi ce passage de témoin, dont on ne sait trop quand il aura lieu mais qui sera inéluctable : Wellens qui bondit comme un diable sort de sa boîte, Gilbert qui réagit et est le seul à pouvoir ramener le talentueux Trudonnaire à la raison. Vainqueur de l’Eneco Tour, 4e en Lombardie, Tim Wellens se profile comme le leader du cyclisme belge dans l’avenir, puncheur capable de gagner la Doyenne mais aussi grimpeur dont on ne connaît pas encore les limites sur les grands tours. Ardennaises et Tour sont inscrits sur son carnet de route 2015, on a hâte de le parcourir ! 

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Eternel Tom Boonen

Heurts sportifs et malheurs familiaux ont singulièrement contrarié, freiné, meurtri Tom Boonen ces deux dernières saisons. Mais le leader du cyclisme belge, symbole de l’équipe Etixx Quick Step, n’est pas fini, il refuse le déclin. C’est le message qu’il martèle, le vœu qu’on formule aussi. Quiconque aime une certaine approche du cyclisme, esthétique, efficace et sympa, sera d’accord avec moi…

OK, Tom n’a plus le temps d’attendre et n’aura guère le loisir de profiter de ses jumeaux, annoncés pour le début du mois de février, s’il veut faire montre de ponctualité au printemps. A 33 ans, si le Tour des Flandres paraît de plus en plus compliqué à maîtriser, il peut légitimement encore rêver d’un 5e succès sur les pavés de Roubaix, voire d’un 2e titre mondial, à Richmond ou à Doha…

Sébastien Close

Journaliste Sudinfo

> Les tops de l'année
 
Alberto Contador et Christopher Froome, quel duel!
 
Alberto Contador et Christopher Froome ont surpris tout le monde par leur retour conquérant sur la Vuelta après les gamelles de la Grande Boucle. L'un comme l'autre s'érigent, à n'en point douter, comme les cadors des Grands Tours et devraient une nouvelle fois le prouver l'année prochaine, dans un combat des chefs où viendront aussi jouter (enfin) Nairo Quintana et Vincenzo Nibali. Un Tour plein de promesse, comme ce passage à Huy...
 
Tim Wellens, l'arrivée d'un futur grand
 
L'éclosion de Tim Wellens, appelé à être un taulier du cyclisme mondial. A vingt-trois ans, le sociétaire de la Lotto-Belisol a marqué les esprits sur le Giro et le Ster ZLM Toer avant de graver son palmarès dans la Redoute pour remporter l'Eneco Tour avant de prendre rendez-vous avec la Lombardie dont il est revenu, pour sa deuxième participation, avec la quatrième place. Et cela en animant la classique des feuilles mortes s'il vous plaît!

Fabian Cancellara, toujours bien présent

La constance de Fabian Cancellara, malgré un intérêt bien moindre pour les contre-la-montre. Une classique, un podium... au pire. Le Suisse les alignent comme un charcutier le boudin en veille de réveillon.  Deuxième dans la pluie de la Primavera, lauréat au nez et à la barbe poussiéreuse des Belges sur le Ronde et encore troisième dans l'Enfer du Nord, complètement esseulé chez Trek, Spartacus est sacrément ponctuel... Son côté helvète sans doute, mais pas seulement...

> Les flops de l'année

Jurgen Van den Broeck n'est plus qu'une ombre
 
Jurgen Van den Broeck a une nouvelle fois réalisé une saison blême. Cette année n'a même pas été sauvée par sa troisième place au Dauphiné. L'équipe Lotto-Belisol semble l'avoir compris et sa participation à la prochaine Grande Boucle semble compromise. A voir si cela va le rebooster, alors qu'il a déjà la trentaine bien remplie...

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Dan Martin, la chute de l'année
 
Dan Martin est devenu le roi de la gamelle. Premiers coups de pédales du Giro, sur le contre-la-montre par équipes inaugural en Irlande du Nord, bardaf. Et à Liège-Bastogne-Liège? Alors qu'il a presque course gagnée, il vole au sol dans le dernier virage. Un peu comme au Tour de Lombardie en 2013.... Heureusement que l'Irlandais s'est justement rattrapé sur la Classique des feuilles mortes cette année.

Tony Martin a raté le coche
 
Tony Martin versus Bradley Wiggins. L'Allemand aux trois tricot irisés, annoncé indétrônable, a été soumis à l'abdication par Sir Wiggo' aux Mondiaux du contre-la-montre. Une sensation. Le coureur d'Etixx-Quick Step, qui a brillé toute la saison, sur le Tour de Belgique comme sur la Grande Boucle, a pour une fois trouvé plus fort que lui dans l'exercice. Tellement rare qu'il fallait le souligner...

La rédaction de CyclismeRevue (Sébastien Close, Eric Clovio, Robert Genicot et Grégory Ienco) - Photos: Photo News/Cor Vos - Archive Grégory Ienco - Photo News/Cor Vos - Photo News/Nico Vereecken - Photo News/PanoramiC

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