Alejandro Valverde, vainqueur du WorldTour: "La Flèche Wallonne, un souvenir fort"

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cyclisme, Alejandro Valverde, Movistar, UCI, WorldTour, Interview2006, 2008, 2014: pour la troisième fois en douze années au plus haut niveau (dix, si l’on tient compte de deux années sans résultats suite à une suspension qu’il a toujours vivement contestée, et qui a changé l’homme), Alejandro Valverde vient d’être sacré numéro 1 mondial, devant son compatriote Alberto Contador et l’Australien Simon Gerrans. À 34 ans, le Murcien n’hésite pas à affirmer qu’il vient de livrer la meilleure saison de sa carrière, chiffres à l’appui: 11 victoires (il en est à 84 depuis 2002), 19 podiums, 44 top-10 en 77 jours de compétition, une effarante régularité, tant dans les courses d’un jour que dans les plus grands tours du calendrier. Le leader d’une équipe Movistar elle aussi numéro 1 de la planète n’est pas encore repu puisqu’il a prolongé son contrat avec l’entreprise de télécoms de trois saisons.

> Alejandro Valverde, quelle importance peut revêtir un rang de numéro 1 mondial pour un coureur qui avait déjà presque tout gagné dans sa carrière?

"Cela reste très, très significatif pour moi, ne sous-estimez pas ce résultat et les émotions qu’il peut engendrer. Ce ranking illustre la qualité de mon travail, dans la durée. Nous savons tous que le titre de champion du monde, symbolisé par le maillot arc-en-ciel, est un objectif très motivant mais ce rang de numéro 1 mondial, sur l’ensemble d’une saison, devrait objectivement être valorisé de la même manière, être visible et reconnu."

> Dans les épreuves qui constituaient vos principaux objectifs (Tour, Vuelta et Mondial), une 4e place est votre plus mauvais résultat. Impressionnant, non?

"En une saison, il n’y a qu’une Doyenne, qu’un Tour, qu’un Mondial… et qu’un seul vainqueur à chaque fois, pour nombre de coureurs déçus. J’ai gagné à Huy et à San Sebastian, ai fini 2e de la Doyenne et d’Il Lombardia, 3e de la Vuelta et des championnats du monde, 4e de l’Amstel et du Tour… Je suis évidemment très, très heureux de ce degré de performance."

> Votre meilleure saison?

"Sans aucun doute."

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> Sur cette route du succès, quel a été le moment le plus difficile?

"Probablement ma 4e place à Paris. C’est le meilleur résultat final que j’aie jamais réussi au bout de la Grande Boucle mais j’avais un ticket d’accès au podium entre les mains jusqu’à la veille de l’arrivée, avant de le laisser échapper. Cela reste ma plus grosse déception de la saison."

> À l’inverse, quelle est la victoire dont vous avez le plus profité?

"Peut-être la Flèche Wallonne. Pour vous imposer au sommet du Mur de Huy, vous devez être au sommet de votre forme, j’ai réussi à remporter cette Flèche avec une marge significative par rapport à tous mes concurrents. Un souvenir fort."

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> Votre carnet de route 2015 doit évidemment encore être défini mais quels sont les challenges personnels que vous avez en tête?

"Le Giro est une épreuve à laquelle je n’ai jamais pris part, j’ai toujours dit que j’aimerais m’y consacrer une fois au moins, alors que je m’appuie sur une longue expérience du Tour et de la Vuelta. Disputer les trois grands tours en une saison? (NDLR: l’idée soumise par Oleg Tinkov, avec chèque rondelet à la clé, n’a d’ailleurs pas été rejetée par Euzebio Unzué, manager de l’équipe Movistar) Pourquoi pas! Mais je n’en ai pas encore discuté concrètement avec l’équipe. Dans la dernière séquence de ma carrière, j’aimerais aussi briguer la victoire dans les monuments des classiques que je n’ai pas encore réussi à accrocher, comme le Tour de Lombardie, Milan-Sanremo ou le Tour des Flandres. Paris-Roubaix, par contre, convient assez peu à mes capacités physiques et à mes goûts…"

> L’an dernier déjà, vous avez précisé que si vous reveniez sur le Tour de France, ce serait pour aider Nairo Quintana…

"C’est clair, et je n’ai nullement changé d’avis. Jamais je n’empêcherai mon équipier colombien d’atteindre les sommets de sa jeune carrière, après ce qu’il a déjà montré et réussi. La même approche prévalait au départ de la Vuelta, j’étais là pour l’aider, jusqu’à son accident. Je pense alors avoir valablement pris mes responsabilités de leader alternatif sur le Tour d’Espagne. Si nous sommes à nouveau tous deux au départ du Tour, ce sera pour aider Nairo à grimper sur le podium, et plus si affinités…"

Eric Clovio - Photos: Photo News/Cor Vos

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