Mondiaux Ponferrada - Hommes: le coup de maître de Kwiatkowski

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cyclisme,mondiaux,championnats du monde,ponferradaLes favoris de ces championnats du monde de cyclisme sur route ont attendu le dernier tour comme prévu. Qui aurait toutefois attendu une attaque au pied de la première descente du circuit de Ponferrada pour désigner le futur maillot arc-en-ciel? Le Polonais Michal Kwiatkowski, qui avait osé faire bosser en premier tous ses compatriotes dès le km 70, a finalement réussi un pari qui paraissait irréalisable: surprendre les puncheurs et les sprinters avant les endroits-clés de ce tracé espagnol pour conquérir un premier titre mondial!

La maîtrise polonaise

Finalement, le scénario de l'épreuve masculine de ces Mondiaux 2014 a suivi celui de l'épreuve destinée aux espoirs. Les favoris ont tardé à montrer les crocs, quelques outsiders se sont essayés à l'offensive en anticipant dans les cinq derniers tours pour finalement assister à la bagarre attendue des favoris dans le tour final. En début de course, pourtant, les quatre échappés matinaux ont pris plus d'un quart d'heure d'avance sur le peloton et ne doivent leur reprise qu'à l'action de l'équipe polonaise qui plaçait huit hommes en tête pour lancer la poursuite. Certains pouvaient s'étonner de cette entame de course de la part des Polonais jusqu'à ce que le nom de leur leader apparaisse à l'écran: Michal Kwiatkowski. Certes cramé en troisième semaine du Tour de France, le coureur de 24 ans s'était déjà montré sur le retour lors du Tour de Grande-Bretagne où il avait remporté une étape et terminé deuxième du classement général.

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Kwiatkowski menait ses hommes à l'avant avec une bonne idée derrière la tête: se jouer des favoris dans le dernier tour. Il l'avouait d'ailleurs à l'arrivée: "J'ai vu deux jours plus tôt, lors de la course des espoirs (NDLR: gagnée par Sven Erik Bystrøm), qu'il était possible d'arriver en solitaire. Avec la pluie qui tombait ce dimanche, il fallait en outre prendre des risques pour partir. J'ai donc tenté le tout pour le tout car je me savais en forme". Cela s'est rapidement confirmé! Le Polonais, qui avait déjà confirmé son passage parmi l'élite des puncheurs avec ses troisièmes places sur la Flèche Wallonne et Liège-Bastogne-Liège cette saison, a ainsi pris ses distances avec le peloton avant la côte du Mirador, dans la descente précédant le barrage, un endroit surprenant. "Je voyais que tous les autres favoris calculaient toujours avant la dernière montée", affirmait Kwiatkowski. Il a donc décidé de filer en solitaire, prenant rapidement une dizaine de secondes.

Un écart tout juste suffisant face au groupe mené au sommet par Alejandro Valverde, avec Simon Gerrans, Matti Breschel, Tony Gallopin et surtout les deux Belges Greg Van Avermaet et Philippe Gilbert. Kwiatkowski était toutefois parti et profitait de ses talents de technicien et de rouleur pour remettre la grande plaque et conserver une avance conséquente dans la dernière ligne droite en plaine. Kwiatkowski avait juste le temps de savourer sa victoire que Gerrans sprintait pour la médaille d'argent devant Valverde, à même pas deux secondes. Il y avait donc bien la possibilité de revenir sur le Polonais, qui ne revenait toujours pas de pouvoir porter ce maillot arc-en-ciel pour la prochaine année, à seulement 24 ans. "Merci encore à tous mes équipiers pour leur soutien depuis le kilomètre 0. Je dédie ce maillot à ma compagne Agatha, à ma famille et à mes équipiers", concluait Kwiatkowski.

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Le collectif belge

S'ils devaient se contenter d'une cinquième (Van Avermaet) et d'une septième (Gilbert) places sur la ligne, les coureurs belges pouvaient tout de même être fiers de leur course. D'abord avec Tim Wellens et Sep Vanmarcke qui ont assuré une bonne position dans les premières offensives, afin d'éviter au reste du collectif noir-jaune-rouge de faire un effort de trop en tête du peloton. Ensuite avec Ben Hermans et Jan Bakelants qui ont tenté de ramener le peloton sur le dernier groupe de tête, avec notamment Alessandro De Marchi et Vasil Kiryienka. Enfin avec Philippe Gilbert, qui a été le premier à faire l'effort dès l'attaque de Joaquim Rodriguez dans la dernière ascension du Mirador, avant de bosser en solo en tête du groupe de poursuite derrière Michal Kwiatkowski. Gilbert souhaitait ainsi faire le travail pour un éventuel sprint de Van Avermaet et n'hésitait pas à tout donner jusqu'à 400 mètres de l'arrivée. "Je n'ai pas compris la tactique des autres coureurs dans le groupe de poursuite, pourquoi ils n'ont pas pris de relais", lançait le Remoucastrien, visiblement frustré d'avoir été seul du sommet du Mirador jusqu'à la dernière ligne droite. Avec un peu d'appui, la Belgique aurait pu connaître un autre sort...

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La faillite des favoris

Et c'est là le grand drame de Ponferrada. Les favoris annoncés n'ont jamais montré un tel comportement. Certes, Valverde, Gerrans, Gallopin et Breschel se montraient les plus forts et accompagnaient Van Avermaet et Gilbert dans l'espoir de revenir sur l'homme de tête. Mais aucun n'a pris un relais à Gilbert afin d'assurer cette poursuite. Avec le seul coureur wallon pour revenir sur le futur champion du monde, cela devenait difficile de boucher ce court écart de dix secondes. Gilbert avait fait la moitié du travail, il ne restait plus qu'à faire le reste... Gerrans et Valverde (pour la sixième fois parmi les trois premiers d'un Mondial) faisaient une mine déconfite sur le podium mais ne pouvaient s'en prendre qu'à eux-mêmes. Ils avaient trop peur de perdre dans un éventuel sprint, ils ont finalement perdu face à un homme en solitaire qu'ils n'ont jamais cherché à reprendre. C'est la dure loi d'un championnat du monde qui ne se joue que sur une course. Et cette année, quasiment sur un tour. Kwiatkowski a su en jouer tactiquement pour jouer les audacieux.

Résultats de la course messieurs (Ponferrada > Ponferrada, 254.8 km):

Grégory Ienco - Photos: Photo News/Vincent Kalut - Cor Vos

2 Commentaire Lien permanent Imprimer

Commentaires

  • Je sens beaucoup d'amertume dans vos propos . Pourtant Kwiakowski est un beau vainqueur son audace a payé , il a parfaitement maîtrisé cette fin de course . Il mérite ce titre de champion du monde .
    C'est bien sur dommage pour nos belges qui ont pourtant fait bonne figure . Il y avait sans doute un belge de trop dans ce groupe de poursuivant les autres ont eu peur et n'ont pas voulu prendre de relais . Si Gilbert ou Van avermaet avait été seul la poursuite et l'issue de la course aurait pu être tout autre . Le collectif belge a été bon en effet mais quid de Vanendert , Vansummeren et Boonen dont vous ne parlez pas . Etaient-ils les canards boîteux de l'équipe à laquelle il n'ont rien apporté ???

  • Je vous ai semblé amer concernant Kwiatkowski? Il n'en est pourtant rien. Kwiatkowski a clairement montré qu'il était le plus fin tactiquement et a bien profité de la trop longue attente des favoris. Je suis plutôt amer concernant le déroulement de la course proposé par certaines nations. C'est finalement celui qui a attaqué le premier qui s'est imposé, tant mieux pour lui.

    Concernant Boonen, je pense qu'il a rempli son rôle par omission, en endossant un rôle de favori sans pour autant se montrer dans le dernier tour. Il a avoué être moins bien à ses équipiers, tant mieux pour l'équipe belge qui a pu se concentrer sur Gilbert et Van Avermaet. Vansummeren et Vanendert, eux, ont surtout protégé leur leader durant la journée, comme le prouvent les classements intermédiaires. Vansummeren a protégé Boonen en vain, Vanendert a suivi Gilbert et cela a au moins permis de le protéger jusqu'au tour final. Après, d'autres coureurs auraient-ils plus apporter? Je ne le pense pas vu qu'un Belge se trouvait toujours à l'avant dans les 70 derniers kilomètres. Il fallait simplement essayer encore plus en amont.

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