Sébastien Rosseler rebondit chez Veranclassic-Doltcini: "Ce qui change? Je n'ai plus de salaire, c'est tout"

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cyclisme, Sébastien Rosseler, Veranclassic-Doltcini, transfert, 2014, interviewSébastien Rosseler n’en a pas fini avec le vélo. Après deux saisons dans la ronflante Garmin, le Wallon va pédaler sous la tunique verte de Veranclassic-Doltcini. Une formation continentale, de D3. À défaut de contrat, le «Buffle» a faim de prouver qu’il a encore quelque chose à écrire à la pédale.

Dans la théorie brute, celle posée sur le papier, Sébastien Rosseler n’est plus coureur professionnel. Pourtant, dans son for intérieur comme dans ses tripes, il ne l’a peut-être jamais autant été. À 32 printemps, le «Buffle», comme l’a étiqueté le peloton au vu de sa propension à plier le pédalier tant il respire la puissance, va évoluer cette saison chez Veranclassic-Doltcini, une continentale non pro, soit une D3 dans la hiérarchie cycliste. «Ce qui change? Je n’ai plus de salaire, c’est tout. C’est surtout sur le compte en banque que ça va changer», s’esclaffe le Stoumontois d’origine, qui après deux saisons faméliques côté Garmin, a durant quelques semaines, pensé qu’il n’agraferait plus jamais un dossard au maillot.

"Lotto-Belisol m'a longtemps fait mijoter"

«La crise qui touche le peloton, j’y ai assisté au premier rang», pose-t-il placidement, en vérifiant le vélo et les maillots de ses nouvelles couleurs que Geoffrey Coupé, le manager, et Walter Maes, le directeur sportif, sont venus déposer à son domicile. «En décembre, je pensais réellement que j’en avais fini avec le vélo, que je devais chercher un autre boulot. Lotto-Belisol m’avait longtemps fait mijoter avant de me signifier qu’ils n’avaient pas de place pour moi. Là, j’ai pris un méchant coup sur la tête. J’ai complètement déconnecté du vélo et de tous ses impératifs pendant trois semaines…»

Mais, définitivement, le Wallon, qui a jadis étrenné les couleurs de Quick Step ou RadioShack, y enquillant les coups de pédales surpuissants et un palmarès qui compte notamment la Flèche Brabançonne (2010) ou les Trois Jours de la Panne (2011), n’en a pas fini avec la bécane. «Quand j’ai eu la proposition de Geoffrey Coupé, j’ai tout de même dû y réfléchir. Est-ce que j’ai encore envie de rouler? Après une semaine, j’avais décidé. Et oui, j’ai encore des choses à montrer sur un vélo. Si je quitte ce milieu, je veux le faire sans regrets…»

"Signer chez Garmin, la plus grosse erreur de ma vie"

Des regrets, ce sémillant personnage en nourrit tout de même quelques-uns. «Disons que je n’ai peut-être pas toujours fait le métier comme j’aurais dû le faire. Si j’avais fait ces petits efforts… À 32 ans, je me suis remis en question. Je pense que j’ai toujours eu trop facile. Je me disas: «pourquoi faire plus ?». Je n’ai jamais été champion du monde mais ça me convenait… Mais attention, on dit de moi que c’est ma motivation qui fait défaut mais, sur un vélo, m’éreinter n’a jamais posé de problème. En témoignent mes résultats dans les chronos. C’est en dehors que les sacrifices m’ont fait mal… J’aime la vie», sourit-il, comme pour boucler son introspection. Mais, conscient que si l’histoire ne se réécrit pas, la plume n’a pour autant pas encore trempé dans l’encre du futur, Sébastien Rosseler respire une nouvelle jeunesse. «Le métier, je veux le faire. Et peut-être un peu plus qu’avant», assure-t-il. «Signer chez Garmin a été la plus grosse erreur de ma vie car là-bas, c’était du chacun pour soi, sans contact avec la direction. Je n’y ai jamais vraiment trouvé ma place. Mais désormais, je veux retrouver le plaisir de rouler, de porter un dossard.»

"Pourquoi pas retrouver le top en 2015"

Au programme, un stage avec l’équipe d'ici une semaine sous le soleil de Calpe, en Espagne, avant de débuter la saison à Kuurne-Bruxelles-Kuurne et d’enchaîner avec le Samyn. «Kuurne arrivera peut-être un peu tôt pour moi mais on verra ce que ça donne. Sur un vélo, faire mal aux autres, ça fait du bien (rires)… Comme quand j’emmenais Tom (Boonen) sur le Tour. Mais ce n’est pas fini… Après, je rêve peut-être éveillé mais vu notre programme de courses, pourquoi pas retrouver le top la saison prochaine…»

Sébastien Close - Photo: Sébastien Close

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