Rétro 2013: les choix de la rédaction

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cyclisme,rétrospective,2013,tour de france,classiques,2014,uci,worldtourL'année cycliste 2013 s'est donc clôturé ce mardi. Elle fut riche et a offert de merveilleux moments, mais aussi des informations plus tristes et dommageables pour la Petite reine. Mais dans l'ensemble, cette saison a été l'occasion de véritables révélations, de grimpeurs fougueux, de classicmen explosifs et de sprinters au top. Bref, il y eut du suspense à tous les étages et le supporter de beau sport a pu trouver son compte. Découvrez, pour terminer cette rétrospective de l'année 2013, les choix de la rédaction de CyclismeRevue.

Les coups de coeur

Robert Genicot

1. Je voudrais plébisciter tous les coureurs qui ne sont pas sur les podiums, pas dans les dix premiers, pas dans le top 50, mais qui à la force du jarret terminent les courses. Que celles-ci soient des HC, classiques , de grande ou moyenne importance. Qu'importe, ils méritent toute notre admiration. A condition de ne pas tomber dans le travers des "dopés"... Non, ceux qui pratiquent cette discipline avec toute la force de "bien faire".

2. L'absolue "pénétration" d'un Sven Nys en cyclo-cross, avec la conviction de ne pas trouver "un  jour" la redite d'un certain Américain sur route.

Ludovic Gouret

1. La victoire de Francis Mourey au cyclo-cross de Namur en Coupe du Monde. Le numéro 1 français de la discipline s’impose devant les maitres belges de l’exercice et décroche l’une des plus belles victoires de sa carrière. Il signe son 2è succès à ce niveau de compétition, sept ans après avoir remporté le cyclo-cross de Trévise.

2. Dans la frénésie du Tour de France, Jérôme et Sébastien Pineau ont pris le temps de faire découvrir le cyclisme aux enfants de l’association « 1 maillot pour la vie ». Cette association  pour objectif d’apporter un soutien moral, de l’espoir et du rêve aux jeunes hospitalisés. Parrain de l’association depuis de nombreuses années, Jérôme a profité de la première journée de repos de la Grande Boucle 2013 pour faire découvrir les coulisses du Tour et de l’équipe Omega Pharma-Quick Step à l’association, Sébastien leur permettait de visiter le bus. Le tout dans le cadre magnifique du domaine de la Bretèche à Missillac.

3. La victoire de Christophe Riblon à l’Alpe d’Huez sur le Tour. Le coureur de la formation AG2R-La Mondiale est allé chercher un 2ème succès de prestige sur la Grande Boucle après celui décroché à Ax-3-Domaines en 2010. Au cours de cette étape très attendue, le protégé de Vincent Lavenu a fait preuve de patience et de ténacité. Ce qui lui a notamment valu d’obtenir la distinction du Super Combatif du Tour sur le podium final aux Champs-Élysées.

Grégory Ienco

1. Le combat de tous les protagonistes sur le dernier Tour de France. Malgré la domination sans pareille de Christopher Froome, que ce soit dans les contre-la-montre ou la montagne, tous ses adversaires ont tenté de le faire chuter jusqu'à la dernière ascension de la Grande Boucle, à Annecy-Semnoz. Et même si le Britannique remporte le maillot jaune avec plus de cinq minutes d'avance, ce 100e Tour de France restera comme l'un des plus palpitants de cette dernière décennie. Merci aux Contador, Quintana, Rodriguez, Valverde...

2. Le combat de Sep Vanmarcke sur Paris-Roubaix. Le jeune coureur belge de Belkin n'a pas été épargné par la malchance et les blessures cette saison et pourtant, il est toujours revenu au top! Sur le Tour d'Algarve, alors qu'il était parti en solo vers un succès d'étape, Vanmarcke se retrouve envoyé sur une mauvaise route. Sur Paris-Nice, il chute lourdement et se retrouve incapable de jouer les premiers rôles sur les classiques flandriennes qu'il visait en début d'année. Mais sur les pavés du Nord, l'homme qui avait déjà battu Tom Boonen sur le Circuit Het Nieuwsblad a refait surface et tenu tête à Fabian Cancellara jusqu'aux 20 derniers mètres de la classique française.

3. Le réveil du cyclisme sur piste en Belgique. Au fil des années, les jeunes pousses de l'ovale ont trouvé leur rythme et les voici désormais au pied du gratin mondial. Jasper De Buyst, Kenny De Ketele, Jolien D'Hoore, pour ne citer qu'eux, offrent déjà à la Belgique quelques médailles sur les épreuves de Coupe du monde. De quoi espérer de nouvelles breloques aux prochains Mondiaux en Colombie et aux Jeux Olympiques de Rio de Janeiro en 2016!

Sébastien Close

1. L’omniprésence victorieuse de Chris Froome qui a brillé durant l’ensemble de la saison, d’Oman au Dauphiné en passant dans la brume du Critérium international et, forcément, le Tour de France. Certes moins présent après la Grande Boucle, il a tout de même disputé les Mondiaux là ou, il y a peu, certains stoppaient juste après Paris. Le Tour oui, mais il n’y a pas seulement égayé son palmarès de la Grand-messe hexagonale cette saison.

2. La fraîcheur de Peter Sagan, serial-winner sur (presque) tous les terrains, qui n’a pas froid aux yeux ni aux mains (hien madame Tour des Flandres). Ce gamin tonne comme une véritable tornade de fraîcheur dans un monde, par essence, assez rustre. Reste à décrocher une grande classique mais ça ne saurait tarder.

3. Jan Bakelants qui confirme enfin, son énorme potentiel au plus haut échelon après ses prouesses dans les catégories d’âge. Son maillot jaune et sa victoire au GP de Wallonie (dans le maillot de la sélection belge)… Enfin.

Eric Clovio

1. Peter Sagan: dans le coup réussi à Albi lors du Tour, il y avait tout: efficacité, intelligence, vista, brio, puissance collective et maestria individuelle. Symbolique de sa saison 2013 tout entière.

2. Nairo Quintana vers Annecy-Semnoz: maillot blanc et à pois du Tour 2013, le Colombien a fait souffler un vent de fraîcheur sur la Grande Boucle.

3. Jan Bakelants à Ajaccio: incrédule mais radieux dans son maillot jaune, l'Anversois a enfin pris place dans le cyclisme pro. Le déclic tant attendu, avant la saison de confirmation?

Les coups de gueule

Robert Genicot

1. L'absence d'un champion du monde qui, depuis deux ans, ne prouve plus rien et ne prouvera plus rien...

2. La tragicomédie comédie des contrôles antidopage, alors qu'il serait plus simple d'effectuer tout cela au jour le jour.

Ludovic Gouret

1. L’affaire Armstrong, le grand déballage. Après des années à mentir, le coureur américain passe aux aveux. Il est facile de dire après coup « que l’on s’en doutait », que « c’était une évidence », mais il n’en reste pas moins que beaucoup de coureurs ont été volé durant les années Armstrong. Ce grand déballage est sûrement nécessaire pour les années qui viennent mais le mal est fait… Le cyclisme, et le sport en général, devront se montrer clairvoyant à présent et ne pas avoir la mémoire trop courte. 

2. La commission d’enquête du Sénat à propos des pratiques de dopage dans le sport et l’affaire Jalabert qui s’en est suivi. Chacun y est allé de son témoignage, personne n’a apparemment connu le dopage dans son sport. Alors que le Sénat envisageait d’annoncer une liste d’athlètes ayant contrevenu au règlement anti-dopage. Seul le nom de Laurent Jalabert sort du chapeau comme par miracle juste avant que le Tour s’élance. Puis quelques temps plus tard, d’autres noms sortent, toujours des coureurs cyclistes… Il n’était pas utile de sortir le nom de Laurent Jalabert 15 ans après les faits. Certains ont certainement voulu « bordurer » le vainqueur de la Vuelta 1995. Ils y sont parvenus un temps. Quitte à « balancer » des noms, il aurait été préférable de les donner tous, tous sports confondus. Et surtout de proposer des solutions…

3. La mascarade de l’équipe Torku Sekerspor et de son coureur Mustafa Sayar sur le Tour de Turquie. Omniprésente durant la course, cette équipe roulait à domicile et a une nouvelle fois fait parler d’elle de la pire des façons. Son coureur très à l’aise (trop à l’aise) durant la dernière étape de montagne a été pris par la patrouille sur le Tour d’Algérie. Une habitude pour cette équipe qui avait déjà remporté le Tour de Turquie en 2012 avec son coureur bulgare Ivaïlo Gabrovski, qui avait été déclassé pour prise d’EPO.

Grégory Ienco

1. La disparition de l'équipe Crelan-Euphony. Gérard Bulens a finalement été victime d'un système trop dépendant de sponsors volatiles. Le manager mythique quitte donc les pelotons par la petite porte, suite à un simple retard administratif. Dur, dur pour les jeunes cyclistes belges auxquels il offrait la chance de se lancer sur les grandes épreuves du calendrier pro...

2. La mondialisation manquée du cyclisme en Chine. L'UCI a beau vouloir nous faire rêver avec la finale du WorldTour à l'Empire du Milieu, l'installation d'épreuves de renom en Chine semble un échec. Le Tour de Pékin doit surtout ses stars à sa position dans le calendrier qui en fait presqu'une épreuve de gala. Et le Tour de Hangzhou a été annulé pour la deuxième année consécutive, sans véritable raison. Sans oublier l'affaire du clenbutérol qui éclabousse Michael Rogers et Jonathan Breyne, deux coureurs qui étaient justement en Chine juste avant ou au moment de leur contrôle.

3. L'hiver qui a pourri bon nombre de courses du début de saison. Kuurne-Bruxelles-Kuurne annulé, Nokere-Koerse annulé, Milan-Sanremo réduit, le Tour d'Italie amputé de ses plus belles étapes de montagne... La neige a malheureusement eu raison de bon nombre d'épreuves durant le printemps. Malheureusement, les pelotons ne peuvent rien y faire.

Sébastien Close

1. Les « défaites » de Joaquim Rodriguez. Deuxième de la Doyenne, deuxième des Mondiaux… Son palmarès regorge d’accessits et, paradoxe, il semble souvent battu par moins fort que lui (abstraction faite du Tour de France…) Heureusement, il y a eu, côté monuments, la Lombardie pour colorer tout ça.

2. La saison blanche des deux cadors belges. L’un champion du monde et étouffé par les couleurs mythiques de l’arc-en-ciel, à la recherche de la plénitude de son coup de pédale ou bridé par une formation aux choix parfois étonnants, l’autre, champion de Belgique, éliminé sur pépins et chutes. Philippe Gilbert et Tom Boonen, une victoire chacun… C’est peu pour des gaillards de leur trempe.

3. Armstrong dans tout ses états. Certes, il a triché. Certes, il toisait le monde de son arrogance. Certes… Mais faut-il pour autant de médire, au point d’en appeler au châtiment ultime ? Bjarne Riis, exemple parmi d’autres, dirige toujours une équipe que je sache… Cela dit, l’affaire Armstrong, l’histoire Jalabert et le « grand » déballage (quelle foutaise) du Sénat n’ont, une nouvelle fois, pas grandi le cyclisme.

Eric Clovio

1. Les championnats du monde sur route à Florence: le drôle de jeu d'Alejandro Valverde, entre son équipier Rui Costa et son compatriote Joaquim Rodriguez.

2. Incorrigibles, ces tricheurs et managers. Proposer un contrat à un récidiviste tel Danilo Di Luca, pour le Giro, était une hérésie. La preuve...

3. Cet interminable hiver qui a causé des annulations d'épreuves (Kuurne-Bruxelles-Kuurne) et a faussé certaines courses (Primavera), transformant les coureurs en bêtes de cirque.  

Les attentes pour 2014

Robert Genicot

1. Voir le monde du cyclisme grandir, tout en se détachant du pouvoir de l'argent, mais cela n'est pas une attente mais une utopie...

Ludovic Gouret

1. Que le changement à la tête de l’UCI apporte un vrai renouveau au cyclisme. Finies les années troubles avec Hein Verbruggen et Pat McQuaid, tachons de faire confiance à Brian Cookson pour rendre ce sport de plus en plus crédible et de plus en plus propre.

2. Une meilleure diffusion du cyclisme à la télévision en France (entre autres). En dehors du Tour de France, très peu de courses passent sur le petit écran. Je ne suis pas forcément partisan de diffuser la course dans sa totalité comme ce fut le cas il y a quelques années avec Paris-Roubaix ou les Mondiaux parce qu’il ne se passe rien de spécialement exaltant dans les premières heures mais diffuser la dernière heure ou la dernière demi-heure pourrait être à étudier de près.

3. Que la nouvelle génération de coureurs français (comme Bryan Coquard, Romain Bardet ou Thibaud Pinot, pour ne citer que trois exemples) confirme tout son talent aperçu ces dernières saisons.

Grégory Ienco

1. Une meilleure structure financière pour les équipes cyclistes qui leur permettront de mieux survivre face à la crise. Trop d'équipes ont disparu cet hiver, l'Union Cycliste Internationale doit les aider...

2. Un grand spectacle pour la 100e édition de Liège-Bastogne-Liège, avec l'annonce de sommets mythiques (comme la côte des Forges) sur la route de la Doyenne. Enfin un vrai rendez-vous de puncheurs-grimpeurs vers Ans?

3. Que le Tour d'Italie, le Tour de France et le Tour d'Espagne soient aussi palpitants et étonnants que durant cette saison 2013. Le cyclisme vit de ces exploits et de ces combats!

Sébastien Close

1. Un vrai choc Boonen-Cancellara-Sagan sur les pavés du Ronde.

2. Philippe Gilbert, retour au sommet (d’Ans et de sa Doyenne)?

3. Enfin une année sans affaire de dopage?

Eric Clovio

1. Des duels incandescents sur les pavés nordistes entre Tom Boonen et Fabian Cancellara, qui se sont hélas évités (à leurs corps défendants) ces deux derniers printemps. 

2. Un Giro passionnant au départ de Belfast, avec Nibali, Rodriguez, Quintana,...

3. Une relève belge qui doit poindre le bout du nez (Van Avermaet, Meersman, Bakelants, Stuyven,...)

Photo: Photo News

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