Rétro 2013: les plus belles victoires

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cyclisme,zdenek stybar,gerald ciolek,rui faria da costa,peter sagan,jan bakelants,tour de france,gp de montréal,eneco tour,milan-sanremo,championnat du monde,florenceCa y est: la buche est de sortie, les bonnets rouges pullulent, les feux d'artifice illuminent, c'est bien la période des fêtes de fin d'année! Et pourtant, les cyclistes n'auront pas vraiment le temps d'en profiter, vu la nouvelle saison qui approche, en Australie et en Argentine. Mais avant de plonger pleinement dans 2014, revenons sur les plus beaux instants de la dernière année de la Petite reine.

1. Jan Bakelants - 2e étape du Tour de France

La délégation belge au départ du 100e Tour de France n'offrait pas les rêves les plus fous aux supporters noir-jaune-rouge. Jurgen Van den Broeck pouvait certes accrocher un podium final alors que Philippe Gilbert était attendu pour un éventuel succès d'étape avec son maillot de champion du monde, mais difficile d'imaginer une campagne exceptionnelle... Et pourtant, dès la deuxième journée de course sur les routes corses, le jaune illuminait déjà le peloton belge. Surprenant les sprinters et un peloton pourtant compact, le Flandrien Jan Bakelants, parti en solitaire à deux kilomètres de l'arrivée, poussait plus fort encore sur les pédales et savourait son tout premier succès professionnel, à 27 ans. "Gagner pour la première fois sur le Tour de France et prendre le maillot jaune en même temps, c'est encore plus beau titre qu'un titre de champion de Belgique", rigolait à l'arrivée le coureur d'Auderghem, ancien vainqueur du Tour de l'Avenir transformé en puncheur qui n'attendait que son heure.

Déjà en verve sur le championnat de Belgique à La Roche-en-Ardenne une semaine plus tôt, Bakelants déjouait tous les pronostics et profitait durant deux jours d'un maillot jaune qu'il n'aurait pas osé rêver. "C'est la plus belle journée de ma vie. Car j'en ai eu des problèmes de santé depuis le début de ma carrière! Il est temps que je profite de chaque seconde. Cette victoire, c'est la preuve que je ne suis pas un coureur bête", souriait-il encore en conférence de presse. Enfin le déclic pour Bakelants, éternel espoir du cyclisme belge? Ce succès l'a en tout cas mené à d'aussi beaux résultats par la suite en tout cas. Encore à l'attaque sur trois étapes du Tour, il terminera encore troisième au Grand Bornand, dans les Alpes, et finira son premier Tour de France à une très belle 18e place! Encore quatrième de l'Eneco Tour, Bakelants s'offrait un deuxième succès pro sur le Grand Prix de Wallonie, devant Thomas Voeckler, avant de terminer septième du Tour de Pékin. De quoi entrevoir la saison 2014 avec optimisme sous sa nouvelle tunique d'Omega Pharma-Quick Step.

2. Gerald Ciolek - Milan-Sanremo

Il s'agissait certainement de l'une des pires courses de l'année pour les courageux classicmen. La neige avait déjà annulé Kuurne-Bruxelles-Kuurne et Nokere-Koerse mais personne ne s'attendait à un tel front froid sur le nord de l'Italie, à la mi-mars... Et pourtant, Milan-Sanremo a également subi la fin de l'hiver de plein fouet. Alors que le départ de Milan s'était déroulé sans encombre, la neige a envahi le parcours précédant le Passo dello Turchino, laissant les coureurs transis de froid dans une galère blanche. Le titre de forçat de la route n'aura jamais autant mérité pour ces participants de la Primavera... Vu l'averse qui s'intensifiait sur les hauteurs, la direction de course décidait de rapatrier les survivants au-delà des montagnes pour terminer l'épreuve sur le bord de mer.

Mais ce raccourci n'offrait pas plus de surprise. Milan-Sanremo se décidait encore une fois dans le Poggio où l'attaque du Slovaque Peter Sagan faisait plier une bonne partie du peloton. Seuls Fabian Cancellara, Sylvain Chavanel, Ian Stannard, Luca Paolini et Gerald Ciolek parvenaient à revenir sur le favori de la Cannondale dans la descente de la butte de Sanremo. Le sprint semblait pourtant tout tracé: Sagan avait déjà prouvé sur Tirreno-Adriatico, une semaine plus tôt, qu'il devenait de plus en plus fort dans les sprints à haute vitesse. Chavanal lançait l'emballage final aux 300 mètres, Sagan suivait... mais il était débordé par le surprenant Ciolek, de retour sous les couleurs de MTN-Qhubeka après une année de disette! L'Allemand offrait ainsi à sa carrière un sacré coup de boost et à sa nouvelle équipe sud-africaine, invitée-surprise de la Clasicissima, une belle notoriété. "Quand j'ai choisi cette équipe, les gens s'inquiétaient et se demandaient pourquoi j'avais choisi une équipe continentale pro mais ils ont juste été incroyable. Je n'ai jamais vu un staff s'occuper autant de ses coureurs. Je suis heureux avec cette formation", confirmait Ciolek à l'arrivée, de retour dans la peau d'un leader.

3. Zdenek Stybar - Eneco Tour

Pour sa neuvième édition, l'Eneco Tour ou Tour du Benelux offrait un parcours étonnant. Des arrivées en légère montée ou plein vent pour les sprinters, un passage très court sur les plaines néerlandaises et un final en deux parties, d'abord dans les Ardennes wallonnes puis flamandes. Un sacré parcours d'homme fort, loin des habituels rendez-vous pour rouleurs et sprinters de ces dernières années. Ainsi, après avoir déjà gagné une étape après une étonnante bordure sur les plages bataves, le Tchèque Zdenek Stybar apparaissait comme un des favoris pour le week-end à venir, face notamment au champion du monde Philippe Gilbert, attendu sur sa Redoute, à escalader à trois reprises le samedi, avant la triple ascension du Mur de Grammont, le lendemain.

Et Stybar ne manque pas son rendez-vous! Après avoir manqué de peu le podium sur Paris-Roubaix, le coureur tchèque, décidé à se concentrer sur la route plutôt que sur le cyclo-cross, se montrait d'abord infatigable à Remouchamps: derrière David Lopez Garcia, le leader annoncé d'Omega Pharma-Quick Step n'hésite pas à se défaire de son équipier Sylvain Chavanel pour se rapprocher de la tête du classement général derrière le Néerlandais Tom Dumoulin. Le lendemain, Stybar profite de la bonne tactique collective d'OPQS pour se séparer des favoris à sept kilomètres de l'arrivée et aller conquérir l'étape et le classement général. "Je souhaitais voir dans quelle condition j'allais me trouver après mon opération au genou mais je n'aurais jamais cru pouvoir gagner", explique-t-il après ces trois premiers succès sur le circuit WorldTour. "Je peux désormais profiter de ce succès et voir la Vuelta avec ambition". A raison puisqu'il y accrochera une victoire d'étape au millimètre face à Philippe Gilbert.

4. Peter Sagan - Gand-Wevelgem

Piégé à Milan-Sanremo par le sprint explosif de Gerald Ciolek, le champion de Slovaquie Peter Sagan ne comptait pas pour autant en rester à cet échec. Le jeune coureur de 23 ans a de l'appétit et ne s'arrête pas sur cette course manquée. Après les monts italiens, il s'attaque aux berge flamands. Mais sur le terrain favori de Fabian Cancellara, LE spécialistes des Flandriennes avec Tom Boonen, bien moins en verve cette saison, le leader de la Cannondale ne pouvait que s'incliner. Sur le Grand Prix de l'E3, Sagan avait beau mettre quatre équipiers à sa disposition pour ramener le peloton sur le rouleau-compresseur suisse, rien n'y faisait. Sagan allait donc prendre sa revanche deux jours plus tard, sur Gand-Wevelgem.

Malgré une neige qui contraignait les coureurs à démarrer la course 50 kilomètres plus loin, sous un froid glacial (- 4°C à Wevelgem), Sagan se montrait rapidement aux avant-postes et profitait des bordures pour s'isoler des autres favoris en tête de la course. Au fil des tours et du Mont Kemmel, le Slovaque restait toujours à l'avant et arrivait finalement dans les 20 derniers kilomètres dans le bon groupe. Tous les autres favoris piégés, il n'avait plus qu'à déclencher la machine à 4500 mètres de l'arrivée pour déstabiliser les Flecha, Van Avermaet, Haussler... Et à l'arrivée, Sagan offrait au public deux wheelies pour le prix d'un, confirmant son statut de saltimbanque des pelotons mais aussi de futur cannibale. "Gand-Wevelgem, ce n'est que le début. Cette saison, il y a encore le Tour des Flandres, l'Amstel Gold Race... Ce sont des courses que j'affectionne et où je veux encore jouer un rôle". Mais Sagan sera piégé par Cancellara sur le Ronde et par Kreuziger sur l'Amstel mais il gagnera encore la Flèche Brabançonne face à Philippe Gilbert, dix jours plus tard. Sans compter ses 22 victoires au bout de 2013...

5. Rui Faria Da Costa - Championnat du monde à Florence

Certains jugeront qu'il ne s'agissait pas forcément d'un des plus beaux championnats du monde qu'il soit, notamment vu l'issue tragique pour Joaquim Rodriguez, piégé par une tactique collective mal orchestrée. Pourtant, ce Mondial a bien fait vibrer les fans de la Petite reine. La pluie, tout d'abord, a rendu la course apocalyptique, avec des abandons à la pelle et des chutes à chaque tour. Le final, ensuite, qui a montré que les puncheurs n'avaient visiblement que peu de réserve face aux profils de grimpeurs, bien plus habitués à ces conditions dantesques. Dans le tour final, en effet, Philippe Gilbert semblait bien placé mais n'a jamais pu remonter Joaquim Rodriguez, accompagné à quelques secondes, dans la descente, d'Alejandro Valverde, Vincenzo Nibali et Rui Faria Da Costa.

Le duel était fixé: Rodriguez face à ses trois poursuivants. Et alors que tout semblait désigner le Catalan, qui allait enfin porter le maillot arc-en-ciel, un an après sa place de N.1 mondiale et trois mois après son premier podium sur le Tour de France, Costa surprenait Nibali et Valverde, qui ne faisaient rien pour le contrer, et le Portugais revenait à toute allure sur l'homme de tête. Rui Faria Da Costa, déjà vainqueur de deux étapes du Tour cette saison, allait finalement s'imposer au sprint d'une courte tête sur un Rodriguez en pleurs, terriblement déçu de cet épilogue... "Je savais quand attaquer et quand faire mal à "Purito" dans le sprint. J'ai souffert mais je savais que je pouvais le faire si j'étais en bonne condition", confie le coureur de 27 ans à l'arrivée. Alors que Lampre-Merida, qui vient de le transférer de la Movistar, se frotte les mains à l'idée d'accueillir un maillot irisé dans ses rangs.

Grégory Ienco - Photo: Photo News

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