Rétro 2013: les plus beaux duels

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cyclisme,christopher froome,alberto contador,fabian cancellara,sep vanmarcke,vincenzo nibali,joaquin rodriguez,daniel martin,christophe riblon,tejay van garderenLa saison cycliste 2013 a été un grand cru. Notamment par ses nombreuses batailles retranchées, entre stars et espoirs, grimpeurs et puncheurs, habitués et futurs cracks. Et malgré les victoires larges de quelques-uns, la bataille fut âpre jusqu'au dernier kilomètre. Nous avons retenu cinq de ces duels qui ont marqué les peloton cette saison, que ce soit sur les Grands Tours ou les classiques. 

1. Christopher Froome et Alberto Contador - Tour de France

Certainement le duel le plus attendu de l'année. Au fil du printemps, il n'a cessé de prendre de l'envergure. Avant même le Tour d'Oman, à la mi-février, tout le monde pressentait le combat des chefs entre le Britannique Christopher Froome, annoncé leader de la Sky, et l'Espagnol Alberto Contador, de retour dans sa course au maillot jaune après son succès sur la Vuelta 2012 et ses six mois sans compétition. Et tout au long des courses par étapes sur lesquels ils furent amenés à se rencontrer, les deux grimpeurs au style bien différent n'ont cessé de se donner des coups. Si Contador attaquait sur un col de la péninsule arabique, Froome répliquait sur une ligne droite du désert d'Oman. Rebelotte sur Tirreno-Adriatico, avant que Froome n'impose sa loi sur le Tour de Romandie et le Critérium du Dauphiné pendant que le Madrilène se laissait déposer dans les Alpes françaises, accrochant une simple dixième place sur ce même Dauphiné.

Alors, imaginez la bagarre sur le Tour après de tels apéritifs sur les épreuves printanières... Et pourtant, le duel semblait inégal et confirmait les craintes ressenties sur la précédente course d'ASO: Contador était un niveau en-dessous. L'Espagnol sombrait à Ax-3-Domaines, sur la première étape pyrénéenne, face à un Team Sky dominateur. Le lendemain, une once d'espoir laissait s'échapper du peloton lorsque l'ensemble de la formation britannique coulait à son tour et laissait le maillot jaune, sur les épaules de Froome, sans le moindre soutien. Vers Saint-Amand-Montrond, nouveau coup de bambou: le leader kenyan du Tour prenait près d'une minute dans le vent face à un Contador plus expérimenté dans ces conditions particulières. Mais dès que la montagne revenait, Froome reprenait les commandes et pulvérisait tous ses adversaires par ses accélérations à la moulinette. Le Britannique baissait quelque peu de rythme dans les Alpes, mais c'était suffisant face à un Contador qui avouait sa défaite et payait même ses efforts jusqu'à perdre sa place sur le podium. Pourtant, le duel en valait la peine...

2. Fabian Cancellara et Sep Vanmarcke - Paris-Roubaix

Certainement le duel le plus inattendu de l'année. Il faut dire qu'au début du printemps, Fabian Cancellara et Tom Boonen étaient prévus pour un combat de guerriers sur les pavés flandriens, du GP de l'E3 jusqu'à la piste de Roubaix. Mais une double chute et un genou en compote pour le champion de Belgique ont laissé la voie libre à l'Helvète, tout simplement intenable sur ces routes qu'il connaît par coeur. Il y eut bien Peter Sagan, le présomptueux Slovaque de 23 ans, pour essayer de le désarçonner mais l'expérience a fait le reste sur ces chemins d'un autre temps. Puis, il y eut l'Enfer du Nord, disputé dans le froid mais sur un terrain sec. Parfait pour les rouleurs. Mais seulement si celui-ci est bien accompagné.

Car rapidement, les Omega Pharma-Quick Step, malgré l'absence du leader Boonen, montraient qu'ils avaient encore la hargne. En plaçant Niki Terpstra, Stijn Vandenbergh et Zdenek Stybar à tous les niveaux de la course en tête, la formation de Patrick Lefevere faisait craindre à Cancellara un naufrage sur ses propres terres. Le Suisse les faisait tout de même mentir à une trentaine de kilomètres de l'arrivée en filant seul vers le groupe de tête. Et malgré Vandenbergh et Stybar dans la roue, Cancellara roulait, roulait, roulait, sans s'essouffler. Malheureusement pour les OPQS, deux spectateurs mal placés faisaient chuter les deux pions placés à l'avant. Il ne restait donc plus que Sep Vanmarcke avec le vainqueur annoncé du jour. Et le jeune coureur de 24 ans, blessé au genou durant une bonne partie du printemps, tenait bon face au rythme endiablé de son rival helvète. Attaque sur les pavés, dans une bosse, face au vent: Vanmarcke s'accrochait! Et le Belge menait même le sprint final sur la piste de Roubaix jusqu'aux 20 derniers mètres... Cruel.

3. Vincenzo Nibali et les Colombiens - Tour d'Italie

Avant la course au maillot rose, les observateurs de la Petite Reine citaient deux noms pour ce Giro 2013, très montagneux comme à son habitude: Bradley Wiggins, en quête d'un nouveau défi après son maillot jaune glané sur le Tour 2012, et Vincenzo Nibali, enfin leader unique pour accrocher sa première épreuve nationale devant ses supporters. Rapidement, "Wiggo" était évincé de ce duel annoncé. Chutes et mauvaise condition avaient raison de la motivation du Britannique, contraint de renoncer à la mi-course. Mais Nibali n'avait pas forcément une voie romaine devant lui pour autant... Dès les premières étapes de haute montagne, le Sicilien découvrait que les Colombiens présents sur ce Giro allaient lui poser problème à la moindre pente plus ardue.

Sur le contre-la-montre particulier, avec un mur final, de Saltara, Nibali prenait ainsi le maillot rose mais il était bousculé à Montasio par Rigoberto Uran et Carlos Betancur, les deux compères colombiens. Les deux attaquants ne cessaient d'attaquer tant qu'ils pouvaient malgré les conditions météorologiques terribles, notamment durant la dernière semaine, soufflée par la neige (encore elle). Uran tardait cependant à bénéficier du soutien du Team Sky, trop concentré durant les dix premiers jours sur un Wiggins déjà défait, et ce retard accumulé lui coûtait encore des minutes précieuses dans le final. Et puis, le coureur de 26 ans et son acolyte d'Ag2r-La Mondiale se rendaient bien compte que Nibali restait encore très frais au fil des trois semaines. Aux Trois Cimes de Lavaredo, sur la dernière étape de montagne de ce Tour d'Italie, le leader d'Astana mettait un dernier coup de bambou à ses adversaires, pour conclure le classement général avec près de cinq minutes d'avance sur Uran, deuxième, et plus de sept minutes sur Betancur, cinquième et meilleur jeune.

4. Joaquin Rodriguez et Daniel Martin - Liège-Bastogne-Liège

Un arc-en-ciel sur la Doyenne des classiques? Le peuple liégeois était évidemment derrière Philippe Gilbert, de son maillot irisé vêtu, pour accrocher cette ultime épreuve printanière autour de la cité des Princes Evêques. Mais sur ce nouveau parcours privé de la Roche aux Faucons, le Remoucastrien ne pouvait montrer une domination aussi affirmée qu'en 2011. Tout juste le leader de la BMC s'affichait-il parmi les dix meilleurs puncheurs de la classique wallonne. Car des duos s'affirmaient plutôt en vue du final vers Ans. Ryder Hesjedal prenait les devants avant la côte de Saint-Nicolas, alors que Daniel Martin assurait les arrières pour Garmin. Enrico Gasparotto et Maxim Iglinskiy étaient également aux avant-postes pour Astana. Alors que Katusha comptait, jusqu'à la chute de l'Espagnol dans Saint-Nicolas, sur Daniel Moreno et Joaquim Rodriguez.

Tout était finalement chamboulé dans cette dernière ascension en vue de la banlieue liégeoise. Hesjedal repris, Rodriguez tentait sa chance vers Ans. Et sur les 7% l'accompagnant jusqu'à 300 mètres de l'arrivée, le Catalan semblait enfin parti vers une première victoire sur la Doyenne. Mais à l'arrière, Martin prenait le relais de son équipier canadien pour retrouver le nouveau leader de la Katusha. Et visiblement habitué au dernier virage de Liège-Bastogne-Liège, l'Irlandais anticipait parfaitement ce tournant à gauche et allait sprinter vers une victoire surprenante, pendant que Rodriguez essayait tant bien que mal de pousser sur les pédales sans pouvoir recoller aux basques de l'homme en bleu et noir. Encore manqué pour Rodriguez...

5. Christophe Riblon et Tejay van Garderen - 18e étape du Tour de France

Il s'agissait de l'étape la plus surprenante de cette centième édition du Tour de France. En grimpant deux fois l'Alpe d'Huez et ses vingt-et-un virages, le peloton savait qu'il allait devoir affronter l'une des plus difficiles journées de son mois de juillet. Le scénario de cette étape très courte a confirmé cette tendance... Alberto Contador tentait d'abord de mettre le feu aux poudres pour au moins décontenancer le leader Christopher Froome. Sans succès. Mais les attaquants n'avaient pas l'appétit rassasié et comptaient bien en remettre une couche en vue de la première montée de l'Alpe d'Huez. Neuf coureurs se montraient ainsi à leur avantage à 90 kilomètres du but et parvenaient au pied de l'ascension mythique avec plus de sept minutes d'avance.

Suffisant pour que Tejay van Garderen et Christophe Riblon s'isolent en tête. L'Américain décidait même de rester seul à l'avant pour les 60 derniers kilomètres de l'étape! Une folie, pensait-on... Finalement, au sommet de l'Alpe d'Huez, le coureur de la BMC était repris par Riblon avant un nouveau jeu de chat et la souris. Problème mécanique pour l'Américain, chute dans les champs pour le Français. Et Van Garderen qui reprenait finalement la tête en solo dans la deuxième montée. Et surtout, la possibilité d'une victoire sur l'étape-mythique de ce centième Tour après une terrible déconvenue pour son équipe, incapable de jouer les premiers rôles jusqu'à présent. Mais dans les cinq derniers kilomètres, sans crier gare, Riblon surprenait et reprenait seconde après seconde sur son rival américain. Les Français ne cessaient de le pousser avec leurs encouragements et cela semblait lui donner des ailes: le coureur de 32 ans dépassait finalement Van Garderen à moins de trois kilomètres du but et allait décrocher un deuxième succès sur le Tour, trois ans après Ax-3-Domaines. 

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