18/02/2013

La crise touche aussi le cyclisme belge

cyclisme, Tour de Wallonie, GP de Wallonie, TRW'Organisation, Jean-Luc Vandenbroucke, Yves Vannasche, 2013La crise est toujours d’actualité dans les pelotons. Depuis deux ans, les épreuves italiennes, espagnoles et portugaises tombent comme des mouches, faute de sponsors ou de subsides suffisants. Les euros manquent, suite à la crise, au dopage ou aux affaires internes. Et ces problèmes de budget pourraient également toucher les courses cyclistes belges...


Clasico de Alcobendas, Tour de Murcie, GP des Côtes Etrusques, Tour de la région de Calabre: autant de courses supprimées ou raccourcies par manque d’argent ou la perte de nombreux sponsors, échaudés par les nombreuses affaires de dopage qui rejaillissent encore des pelotons et la crise financière. Deux lourdes raisons qui mettent à mal bon nombre d’organisateurs. En Italie et en Espagne surtout, où la crise est encore plus forte et où l’affaire Puerto et l’enquête du parquet de Padoue dévoilent les dopés depuis une demi-douzaine d’années. Pure coïncidence?

TRW: 4,3 millions d'euros de retombées

Les courses cyclistes belges risquent-elles donc également de se retrouver dans un étau économique? Ce n’est en tout cas pas le cas du Tour de Wallonie et du GP de Wallonie, organisés par TRW’Organisation, la société gérée par Yves Vannasche. «Des sponsors perdus? Aucun!», assure celui qui est également l’homme fort de l’équipe Wallonie-Bruxelles. «Nous avons déjà prouvé que nous étions l’une des meilleures organisations en Belgique et nous n’avons donc aucun problème de budget jusqu’à présent». Avec un montant qui tourne aux alentours de 2,5 millions d’euros pour le Tour de Wallonie, par exemple. Les retombées ont même atteint les 4,3 millions d’euros l’an dernier, selon des statistiques dévoilées par TRW’Organisation. Pourtant, Jean-Luc Vandenbroucke, en charge du Samyn et de Binche-Tournai-Binche via l’ASBL Le Samyn et l’ASBL Binche-Tournai-Binche, est moins optimiste pour ses épreuves: «Pour l’instant, on vit au jour le jour. On vient tout juste de boucler le budget du Samyn, à quinze jours de l’épreuve. Nous avons perdu plusieurs sponsors, soit à cause de la rigueur budgétaire, soit à cause du problème du dopage. La Province du Hainaut a même voulu faire signer un charte aux organisateurs qui stipule qu’en cas de contrôle positif sur leur épreuve, les subsides leur seraient supprimés! On en est là aujourd’hui...»

Les organisations n’ont finalement pas les mêmes moyens dans le sud du pays. Du côté de TRW’Organisation, on peut compter sur un partenariat public/privé qui a fait ses preuves ces dernières années. «Et puis, être diffusé à la télévision nous aide grandement. Nous sommes d’ailleurs en discussion avec Eurosport International pour la diffusion de nos courses», continue Yves Vannasche. «Nous avons même reçu trop de demandes d’équipe, nous allons devoir en refuser certaines, pour le Tour de Wallonie (18 équipes prévues) ou le GP de Wallonie (25 équipes)».

"La diffusion de la RTBF? Un cadeau de Noël"

Chez Jean-Luc Vandenbroucke, on compte également sur ces retransmissions télévisées, pour assurer un budget de 100.000 euros pour le Samyn contre 70.000 euros en 2006 par exemple. «L’annonce de la RTBF de la diffusion en direct de nos épreuves était pour nous un beau cadeau de Noël», explique l’organisateur hennuyer. «Mais nous sommes en Belgique, un pays où le vélo est roi et nous pouvons compter sur des bénévoles investis à 100% pour ce sport. Il faut se battre tout le temps. Encore cette année, nous avons perdu un gros sponsor, Kia... Notre budget sera en baisse, on va certainement perdre de l’argent mais nous vendons du rêve aux gens et nous souhaitons continuer tant que la passion est toujours présente, chez nos bénévoles et dans le public. Nous aurons 25 équipes au Samyn, dont cinq WorldTour, ce sera l’épreuve d’ouverture de la saison wallonne, une grande fête, avec ceux qui aiment le vélo.»

Le cyclisme vit aujourd’hui de cela, de passionnés prêts à donner pour leur sport, même bénévolement. Le calendrier cycliste wallon n’est pas bien lourd mais vit toujours de belles heures «notamment grâce à Philippe Gilbert», entonnent ensemble Yves Vannasche et Jean-Luc Vandenbroucke. Mais les organisateurs belges ne pourront vivre éternellement avec l’arc-en-ciel en filigrane. Ils savent qu’ils doivent avant tout montrer leur professionnalisme pour poursuivre leur route dans le calendrier professionnel, auprès des Tour de France, Liège-Bastogne-Liège, Milan-Sanremo et autres épreuves mythiques.

Grégory Ienco

17:16 Publié dans Webzine | Commentaires (0) | | | |  Imprimer

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