Rétro 2012: les choix de la rédaction

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cyclisme,cyclismerevue2012 fut encore une année magnifique pour CyclismeRevue. Nous avons connu de nouveaux changements, un aspect plus magazine, des papiers de fond plus présents mais vous êtes restés toujours aussi nombreux à nous suivre. Et pas seulement en Belgique! Nous vous remercions pour votre fidélité et votre lecture. Mais nous nous devions encore de débriefer la dernière saison cycliste. Pour clôturer notre rétrospective, voici les choix de la rédaction pour 2012.

Les coups de coeur de 2012

Robert Genicot

1. En tant que site belge, on doit se féliciter, et surtout le féliciter, du titre de champion du monde de Philippe Gilbert. Certes, mais aussi de la victoire de Tom Boonen sur un Paris-Roubaix fantastique. Mais il n'y a pas que cela. Et nous tirons notre chapeau aux coureurs de l'ombre, les "porte-bidons", les sans grades, qui se font une joie de terminer les épreuves, souvent très loin des premiers, mais avec la fierté du devoir accompli. Ils se reconnaîtront, nous en sommes persuadés.
 
2. Puisqu'on en parle rarement, nous voudrions mettre l'accent sur les "féminines", qui deviennent de plus en plus professionnelles et méritent tout notre soutien, et surtout celui des TV...
 
3. Une nouvelle saison de cyclo-cross éblouissante, avec des duels (ou même "triels") formidables entre Nys, Albert et Pauwels. Même si on peut regretter le manque de concurrence étrangère... Les champions nationaux des pays hors de la Belgique ne peuvent rivaliser avec les crossmen noir-jaune-rouge. Même si Mourey fit de bons résultats, on remarque que Duval, champion de France en titre, ne peut pas suivre, les Italiens ne sont pas là, les Néerlandais -à part Lars ven der Haar, le néo-pro- non plus, et il faut attendre le retour de Stybar, pour enfin voir un autre maillot. Mais qui sait, les Mondiaux de Louisville nous donneront peut-être une autre vision!

Ludovic Gouret

1. Les médailles d’argent remportées par Bryan Coquard aux Jeux olympiques de Londres et aux championnats du monde espoirs sur route. Un jeune coureur au talent exceptionnel et avec un palmarès qui claque déjà! L’ancien pensionnaire de l’US Pontchâteau va faire ses premiers tours de roues comme professionnel sous le maillot de l’équipe Europcar. Souhaitons lui tous les succès possibles.

2. La victoire de Thibaut Pinot sur le Tour de France à Porrentruy. Pour sa 1ère Grande Boucle, Le coureur de la FDJ décroche un succès "modèle géant" plein de promesses pour le futur.

3. Toutes les équipes pour la disponibilité dont elles font preuve sur les courses pour répondre aux diverses sollicitations des supporters, des passionnés venus les encourager. Certains sports devraient s’en inspirer.

Grégory Ienco

1. Habitant à quelques dizaines de kilomètres de Valkenburg, je me faisais une joie d'assister en direct à mes premiers championnats du monde sur route. Un peu comme Philippe Gilbert, finalement. Et le voir s'imposer dans le Limbourg néerlandais fut une des plus belles émotions de l'année! Crier, supporter, adorer, féliciter. Le champion du monde 2012 est Belge, un sacré puncheur. Il le méritait depuis cinq ans, voici enfin Philippe Gilbert en arc-en-ciel.

2. Ludivine Henrion a marqué de son empreinte le cyclisme féminin wallon. La demoiselle de Corswarem n'a cependant pas connu une dernière saison de rêve, minée par une mononucléose notamment. Mais elle a tenu à terminer sa carrière en apothéose, dans son village natal, sur un critérium auquel Marianne Vos a accepté de participer pour sa première compétition avec le maillot arc-en-ciel. Et au final, c'est bien Ludivine Henrion qui s'imposait devant la championne du monde. Bon vent Ludivine et à bientôt dans ta nouvelle carrière de formatrice!

3. Comme en 2004, Liège a prouvé qu'elle était une véritable Cité Ardente, surtout pour la Petite reine! De la Place Saint-Lambert au Parc d'Avroy, les fans liégeois ont vibré au rythme du Tour de France durant près d'une semaine. Plus de 300.000 spectateurs pour le prologue du samedi, et près du million de spectateurs sur les routes wallonnes durant trois journées de course sous le soleil. Une ferveur incroyable!

Les coups de gueule de 2012

Robert Genicot

1. On put constater un renouveau dans les courses sur route, en ce sens que contrairement à ce qui se passait les années précédentes, on s'animait quelque peu. Malheureusement, cela ne dura pas très longtemps, et l'oreillette aidant, les vieux démons revenaient en force, pour nous proposer des scénarios écrits bien à l'avance. Cela commence à faire "tache", et on se demande bien comment enrayer cette pratique... La solution sera d'enlever la radiocommande aux directeurs sportifs.
 
2. Cette fausse lutte contre le dopage. Car si du côté de l'UCI, des organisateurs et des centres de contrôle, on se dit satisfait des résultats, les fraudeurs auront toujours leurs activités. Au lieu de se gargariser d'une prise ici et là, il faut se donner les moyens de lutter efficacement contre le dopage. Donc, ne pas se contenter de quelques contrôles au terme d'une course, mais bien de contrôler TOUS les coureurs. Oui, cela coûtera de l'argent, mais lorsque l'on voit ce que coûte une organisation, et surtout ce que cela rapporte... Bon, cela restera du rêve!
 
3. En tant que média non-télévisuel, nous mettrons aussi l'accent sur les difficultés de travail dans les grandes épreuves, passant loin, et même très loin, après les télévisions et radios, même si ces dernières ne retransmettent que le Tour de France...

Ludovic Gouret

1. Le "sketch" Bradley Wiggins-Christopher Froome lors du Tour de France. La domination de l’équipe Sky sur le Tour était étouffante pour l’intérêt de la course.

2. Roberto Heras qui récupère son titre de vainqueur de la Vuelta 2005. Pathétique. Comment les instances du sport mondial, et celles du cyclisme en particulier, peuvent-elles se débrouiller pour qu’il y ait à chaque fois la place pour un vice de procédure quelconque? Même une cause perdue d’avance pour un athlète fautif devient gagnante car le camp d’en face ne sait apparemment pas agir dans les règles de l’art.

3. Alexandre Vinokourov, champion olympique! Si le coureur a montré une certaine science de la course durant sa carrière, cette dernière contient trop de zone d’ombres pour que j’apprécie ce titre olympique.

Grégory Ienco

1. L'affaire Armstrong a pris de trop lourdes proportions. Si l'Union Cycliste Internationale avait fait son travail depuis le début, nous n'aurions pas eu droit à ce sketch permanent, depuis dix ans, à ces multiples soupçons, à ces affaires en cascade... Le dossier est devenu lourd, trop lourd, et a explosé. En pleine face des autorités cyclistes. Et Armstrong est finalement suspendu, privé de ses titres, comme c'était attendu depuis longtemps. Malgré son courage, ses tricheries ont fini par tuer le prestige du Texan.

2. A la vue du parcours, on ne s'attendait pas vraiment à un Tour de France exceptionnel. Mais le peloton n'a pas vraiment aidé au spectacle. Chris Froome et Bradley Wiggins ont joué un drôle de jeu, laissant l'impression d'une haine mutuelle. Mais tout le monde est resté sur sa faim, la victoire se jouant seulement sur les contre-la-montre. On était loin du suspense du Giro et de la Vuelta, où les routes proposées ont vraiment joué un rôle sur le classement général.

3. J'ai souvent loué le professionnalisme de la fédération cycliste italienne (FIC) et de l'agence antidopage de la Botte (CONI). Mais ces derniers mois, le CONI a étonné en suspendant pour trois mois à peine Michele Scarponi et Giovanni Visconti suite à leur rencontre avec le sulfureux Dr Michele Ferrari. Bref, de fausses suspensions vu que les deux hommes ont été punis durant l'intersaison, hors des compétitions... 

Nos attentes pour 2013

Robert Genicot

1. Que l'on s'active vraiment contre le dopage, dans l'instant présent et non des années après... Car si on est pas capable de trouver un coureur dopé au terme d'une épreuve, dix ans après, c'est de la rigolade!

2. Pour nos amis français, que France Télévisions soit un peu plus respectueuse du sport cycliste, et ne se limite pas à retransmettre le TdF, car comme dirait je ne sais plus qui (sic), il n'y a pas que le Tour dans le vélo.
 
3. Nous vous promettons de réserver une place de choix pour ce qui est des dames. A ce sujet, si une rédactrice estime pouvoir nous apporter un soutien, sachez que CyclismeRevue.eu ouvre ses portes à votre collaboration. Nous attendons une participation plus active dans ce domaine, et toutes les bonnes volontés sont attendues. Un petit courriel de candidature, et vous ferez partie de l'équipe rédactionnelle de CR. Votre mission: relater les faits des féminines...

Ludovic Gouret

1. Que le ménage soit fait et bien fait dans la foulée de l’affaire Armstrong, que les affaires "Puerto"(dont les accusés seront devant les tribunaux espagnols en début d’année) et de "Padoue" livrent leurs vérités. Il ne faut pas que l’on revienne 10 ans en arrière tous les 5 ans!

2. Comme chaque année, le souhait de voir, d’assister à des courses moins stéréotypées. Que la course vive, rebondisse. Qu’il y ait un peu le feu durant la course!

3. Que les médias en général ne parlent pas seulement du cyclisme lorsqu’il y a une affaire de dopage en vue. 

Grégory Ienco

1. Que l'Union Cycliste Internationale réalise un véritable travail de fond pour obtenir une réforme cycliste viable et redonner toute son indépendance au peloton. Il est temps que l'UCI perde quelque peu de pouvoir pour redevenir crédible aux yeux des fans de la Petite reine. Pat McQuaid et sa clique ont perdu du crédit suite à l'affaire Armstrong, il est temps de laisser place à de véritables penseurs qui veulent rendre vie au cyclisme.

2. Philippe Gilbert va découvrir la vie en arc-en-ciel: il ne reste plus qu'à en profiter et surtout à gagner avec ce maillot de champion du monde sur les épaules. Notamment Liège-Bastogne-Liège, son nouvel objectif pour 2013. Et avec l'arc-en-ciel, quelle fête ce sera!

3. Une année riche en nouveaux talents: la formation est au coeur de nombreuses équipes comme Omega Pharma-Quick Step, Wallonie-Bruxelles, Crelan-Euphony... Il faut que les espoirs profitent de ces centres de jeunes talents pour enfin prouver leur niveau professionnel. Il ne suffit désormais plus de scorer chez les moins de 23 ans pour obtenir sa place. Il faut la mériter.

Photo: Bruno Martin

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