Rétro 2012: les plus belles révélations

Catégories : Rétro 2012

cyclisme, rétro 2012, Thomas De Gendt, Nairo Quintana, Fredrik Kessiakoff, Ryder Hesjedal, Moreno Moser, Arnaud DémareLes jeunes n'ont pas eu le monopole de la révélation en cette saison 2012. Si les moins de 25 ans ont rythmé les sprints et les plus beaux cols de l'année, d'autres trentenaires se sont découvert des qualités inexplorées par le passé, à l'image de Ryder Hesjedal sur le dernier Tour d'Italie. Voici les plus belles révélations de l'année cycliste.

1. Thomas de Gendt (Bel, Vacansoleil-DCM)

Dans ses plus jeunes années, le Gantois Thomas De Gendt était de la classe des purs attaquants. Bon partout, pas forcément le meilleur dans une discipline précise, le coureur de Semmerzake a toujours privilégié le panache pour remporter ses premières coupes. Chez les jeunes, il se distinguait comme un offensif, capable de sortir après quelques kilomètres ou sous la flamme rouge, qu'importe tant que la victoire rapporte. "Mes idoles? Ludo Dierckxsens, Jacky Durand et Jens Voigt, des gars qui résistent au peloton du premier kilomètre jusqu'à l'arrivée", expliquait-il dans le magazine Humo en début de saison. Et ses plus beaux succès professionnels, le coureur de Vacansoleil-DCM, qu'il a rejoint début 2011, les a acquis en sortant de loin.

Deux étapes de Paris-Nice au compteur (une en 2011 et la plus belle en 2012 au bout de 45 bornes en solo), une étape du Tour de Suisse (devant Andy Schleck sur les sommets de Serfaus), une sixième place sur l'Alpe d'Huez sur le Tour de France en 2011: pas mal pour un gamin des plaines flamandes. Découvrant rapidement un talent certain pour les monts, De Gendt s'est finalement décidé à déménager, durant plusieurs semaines, au pied du Stelvio, en Italie. Et cela a fini par payer sur le Giro 2012. Inattendu, le coureur belge tenait le top 10 du classement général durant près de trois semaines et s'offrait son plus beau succès... sur le Stelvio justement, après une échappée de 60 bornes. Assez pour engranger la troisième place finale sur ce Tour d'Italie, la plus belle performance belge sur une course de trois semaines depuis Johan Bruyneel sur la Vuelta en 1995. Deux mois plus tard, il ne parvenait pas au même niveau sur le Tour d'Espagne mais s'offrait tout de même la deuxième place sur la plus difficile étape de l'épreuve, au sommet du Bola del Mundo. "Je ne peux pas être au top sur toute la saison", déclarait-il par la suite, conscient de ses limites. Mais De Gendt n'a que 26 ans, de quoi augurer d'autres performances encore plus étonnantes de la part du Waeslandien.

2. Nairo Quintana (Col, Movistar)

Le destin de Nairo Quintana, jeune cycliste colombien de 22 ans, ressemble presque à un conte de fées. Le gamin de la région de Boyaca, véritable terre de cyclisme en Amérique du Sud, était issu d'une famille de paysans et n'a connu son premier vélo que grâce au sacrifice de ses parents qui lui ont offert un premier VTT pour ses huit ans afin qu'il puisse aller à l'école, à près de 20 kilomètres de son domicile. C'est ainsi qu'il dévoile son caractère de compétiteur, en grimpant un à un les cols de la région. Rapidement repéré par le gouvernement local qui forme justement une équipe cycliste en 2009, Quintana pouvait enfin se dévoiler au public colombien. Et même européen. 

Car en 2010, c'est sur le Tour de l'Avenir que le petit grimpeur d'1m59 impressionne. Vainqueur à Risoul à deux reprises, Quintana remportait le maillot jaune de vainqueur devant un autre grand talent, l'Américain Andrew Talansky. A son retour en Colombie, il est accueilli tel un héros national et est même congratulé par le président colombien par téléphone: "vous êtes un exemple pour le pays". Difficile toutefois de poursuivre son ascension dans le peloton sud-américain. Movistar profitait de son expansion sur le continent américain pour attirer dans ses rangs le jeune grimpeur de 22 ans. Et la première saison fut une réussite! Seul coureur à tenir tête à Jonathan Tiernan-Locke sur le Tour du Haut-Var, il prouve surtout ses qualités de grimpeur sur la première étape du Tour de Murcie, lâchant le peloton et... Tiernan-Locke sur le Collado Bermejo. Coup double avec la victoire finale en prime.

Sur le Dauphiné, il se découvrait au grand public avec une offensive en force dans le Joux-Plane avant de tenir la distance face à Wiggins, Evans et co. dans la descente vers Morzine: succès assuré. Une semaine plus tard, il déroule sur la Route du Sud, s'imposant sur le col de Spandelles après avoir franchi parmi les meilleurs le Tourmalet et le Soulor. En fin d'année, après un premier Grand Tour (la Vuelta) plutôt anonyme, il se refait les dents lors du Tour de Lombardie qu'il termine tout juste derrière Rodriguez avant de devancer les meilleurs puncheurs italiens sur le Tour d'Emilie, dans la région de Bologne. Une première saison européenne parfaite pour Quintana, rentré en Colombie avec les félicitations de Christian Prudhomme, patron du Tour de France: "celui-là, il risque encore d'être parmi les meilleurs sur les prochains Tours."

3. Ryder Hesjedal (Can, Garmin-Sharp)

Qui a dit que le Canada n'était pas une terre de cyclisme? Une équipe continentale professionnelle qui envisage le WorldTour en 2014, deux épreuves WorldTour qui font le bonheur des organisateurs et des coureurs, et désormais son vainqueur de Tour d'Italie. Ryder Hesjedal a en effet ravi tout un pays par sa performance exceptionnelle sur un Giro haletant. Depuis, le grimpeur-rouleur de la Garmin a reçu le trophée de Sportif canadien de l'année et donne désormais son nom au Tour de Victoria, sa ville natale. Un honneur dont le coureur ne se rend pas encore bien compte aujourd'hui. Pourtant, son succès sur le Grand Tour "le plus difficile de la saison", selon les organisateurs, a été perçu comme un exploit. Certes, on connaissait déjà les qualités du Canadien mais de là à le voir remporter un premier maillot rose pour ses 31 ans...

Déjà sélectionné comme cycliste canadien de l'année en 2009 après sa victoire sur l'Alto de Velefique, sur le Tour d'Espagne, Hesjedal est encore passé à un cap supérieur lors du Tour de France 2010, duquel il s'est classé sixième. Et deux ans plus tard, le voici sous les spotlights roses. Le coureur de Garmin s'est avant tout préparé pour cet objectif rosé. "Je sais que j'ai certainement 20 kilos en trop par rapport à certains grimpeurs mais je peux le faire", expliquait-il après avoir porté sa premier tunique de leader suite à la victoire de son équipes sur le contre-la-montre collectif de Vérone. "On espérait un top 5", lançait Allan Peiper, directeur sportif chez Garmin-Sharp. Mais dans la montagne, Hesjedal tenait la distance face à Joaquin Rodriguez, Michele Scarponi et Ivan Basso. Toujours en retard après le Stelvio, le Canadien n'avait plus qu'à assurer l'ultime contre-la-montre dans Milan. Lui qui espérait un top 10 s'en sort avec le plus beau des trophées, le plus beau de sa carrière.

4. Moreno Moser (Ita, Liquigas-Cannondale)

Dans le Trentin, tout le monde connaît la famille Moser. Francesco, évidemment, ancien champion du monde et triple vainqueur de Paris-Roubaix. Et maintenant, Moreno, le neveu, véritable espoir du cyclisme italien. Dans un peloton transalpin qui se cherche de futurs leaders en puissance, Moreno Moser apparaît comme une petite pétite. Impressionnant déjà chez les espoirs, parmi les meilleurs puncheurs du peloton (deux étapes du Baby Giro notamment à son palmarès), le coureur de 21 ans n'a pas manqué sa première saison professionnelle. Chez Liquigas, l'Italien était présent du début à la fin de la saison.

Sa formation a surtout eu l'intelligence de ne pas gâcher son talent sur des épreuves trop importantes. Pas question d'un premier Grand Tour pour le jeune Italien. Moser a le temps de grandir et en profite. Dès sa deuxième course en tant que néo-pro, Moreno s'affichait ainsi aux avant-postes et devançait ainsi le peloton du Trophée Laigueglia. Trois mois plus tard, il profitait du superbe travail de son équipier Domnik Nerz pour remporter le GP de Francfort, sa première grande classique. Sur le championnat d'Italie, rendu très intense par les cols de Borgo Valgusana, Moser s'offrait encore un podium avant de dominer le Tour de Pologne (2 étapes et le général). Bref, à chaque instant de l'année, Moreno Moser était présent. "Tout ça me dépasse. Mais je reste concentré sur mes objectifs à long terme, les Grands Tours", assure l'Italien. Et chez Cannondale, il aura encore l'occasion de grandir.

5. Arnaud Démare (Fra, FDJ-Big Mat)

En France, on aime les espoirs. Les moins de 23 ans ont souvent une énorme pression, à peine arrivés dans le peloton professionnel. L'Hexagone peut être une terre de formation mais dès qu'il faut passer au niveau pro, cela coince... Pourquoi donc? Difficile à expliquer. Mais un jeune champion du monde semble avoir rompu la malédiction. Arnaud Démare, fraîchement auréolé du maillot arc-en-ciel chez les espoirs, a rapidement démontré que ses qualités de sprinter étaient aussi efficaces chez les professionnels que chez les moins de 23 ans. Notamment sur le Tour du Qatar. Lors de la dernière étape, un nouveau sprint final, le Français n'hésitait pas une seconde et débordait Mark Cavendish, Andrea Guardini et d'autres sprinters de renom pour s'offrir son premier succès professionnel. "Juste un rêve".

Et le rêve se poursuivait en Europe avec le Samyn, une étape des Trois Jours de Flandre Occidentale et Cholet-Pays de Loire en moins d'un mois. Mais surtout, même s'il ne fut pas repris par Laurent Jalabert pour prendre part aux Jeux olympiques de Londres, Démare prouvait qu'il n'avait rien perdu de sa fougue en fin de saison avec un nouveau succès de prestige, le plus beau de la saison, sur la Vattenfall Cyclassics, à Hambourg. "Enfin, j'attendais cette victoire depuis deux mois", répliquait le coureur de la FDJ à l'arrivée. Car au-delà du prestige des victoires, Démare veut simplement empiler les succès! Une vraie mentalité de gagnant.

0 Commentaire Lien permanent Imprimer

Les commentaires sont fermés.