Rétro 2012: les plus beaux duels

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cyclisme, Tour de France, Tour d'Espagne, Tour Down Under, Paris-Nice, WorldTour, UCI, Bradley Wiggins, Christopher Froome, Simon Gerrans, Alejandro Valverde, Alberto Contador, Joaquin RodriguezLe cyclisme est un sport paradoxal: tant collectif qu'individuel, il est surtout question d'innombrables combats entre sportifs aux jambes acérées. Les coureurs doivent surtout se sublimer pour battre l'autre. Du coup, les duels s'enchaînent souvent en tête des pelotons. Cette saison encore, les bagarres homme contre homme ont rythmé l'année cycliste avec, en point d'orgue, le duel fratricide entre les deux meilleurs grimpeurs britanniques du peloton. 

1. Bradley Wiggins et Chris Froome sur le Tour de France

Le parcours du Tour de France 2012 ne faisait pas rêver à première vue, faisant plutôt la part belle aux rouleurs, moins sensibles à l'offensive que les grimpeurs pur jus. Et l'absence d'Alberto Contador, suspendu (justement) pour son contrôle positif au clenbutérol sur la Grande Boucle 2010, n'aidait pas les plus optimistes à espérer une course incroyable. En effet, face à la formation Sky, programmée pour le maillot jaune, difficile de trouver un attaquant assez puissant pour contrer les assauts de Britanniques en verve. Cadel Evans, Vincenzo Nibali ou encore notre compatriote Jurgen Van den Broeck semblaient bien trop tendre, tant dans la montagne que dans le contre-la-montre, la véritable arme de guerre des Sky.

Et en tête de gondole, Bradley Wiggins faisait logiquement office de leader, grâce notamment à sa troisième place sur le Tour de France 2009 et son podium sur la dernière Vuelta. Il était épaulé, en première ligne, par son compatriote et ex-Kényan Christopher Froome, deuxième de cette même Vuelta 2011. "Wiggo" pensait que "Froomey" allait se mettre à plat ventre sans discuter. Presque... Le Londonien a été lâché à deux reprises par Froome, à La Toussuire et Peyragudes, les deux arrivées au sommet les plus rudes de ce Tour 2012. Le frêle grimpeur africain a attendu son leader mais à quel prix? Une augmentation de contrat de 500.000€ a été évoquée dans les rangs de la Sky pour demander à Froome de rester équipier de luxe de Wiggins. Et le N.2 britannique restait bien tranquille, deuxième du Tour de France derrière son équipier et futur champion olympique du contre-la-montre.

Mais le duel pourrait se prolonger en 2013. Si Froome a décidé de rester chez Sky, c'est avant tout pour passer en tant que leader sur le prochain Tour de France pendant que Wiggins allait fanfaronner sur le Tour d'Italie. Mais en quelques jours, le cycliste mod a ravivé les anciennes tensions en affirmant qu'il souhaitait aller sur le Tour "pour remporter un deuxième maillot jaune". Froome, de son côté, a réaffirmé son désir d'être leader N.1 sur la Grande Boucle. Il va falloir discuter entre les deux...


2. Simon Gerrans et Alejandro Valverde sur le Tour Down Under et Paris-Nice

En début de saison, difficile de se mettre l'un ou l'autre combat sous la dent. Les courses de préparation se succèdent pour les leaders et les classiques printanières sont encore loin. Pourtant, il faut déjà être prêt sur ces épreuves hivernales. Comme l'a prouvé l'Australien Simon Gerrans. Champion national début janvier, déjà au top sur le Tour Down Under et vainqueur de Milan-Sanremo deux mois plus tard. Un hiver parfait. Pourtant, le coureur d'Orica-GreenEDGE, fraîchement promu leader de la première formation australienne du WorldTour, a eu droit à un adversaire de marque pour ses premiers exploits de l'année, en la personne d'Alejandro Valverde.

L'Espagnol de la Movistar est revenu de suspension le 1er janvier, un an et demi après le jugement du Tribunal arbitral du sport le condamnant à deux ans de suspension pour son implication présumée dans l'affaire Puerto. Du coup, alors que les autres spécialistes des classiques étaient encore sous le soleil pour allonger les sessions d'entraînement, Valverde atteignait de son côté la plénitude de ses moyens. Sur le Tour Down Under, il menait la vie dure à Gerrans, justement, et offrait un sprint exceptionnel pour s'offrir une première victoire dès le mois de janvier. Le classement général revenait toutefois à Gerrans. Deux mois après, les deux protagonistes remettaient le couvert, sur Paris-Nice cette fois. Et sur le Lac de Vassivière, Valverde prenait encore l'ascendant, dans l'emballage final. Un beau duel hivernal finalement.

3. Alberto Contador et Joaquin Rodriguez sur la Vuelta

L'Espagne se met à l'heure estivale depuis deux ans. La Vuelta se déroule de plus en plus tôt et fait la part belle aux vaincus du Tour de France ou aux véritables grimpeurs de la péninsule ibérique. Du coup, les bagarres se font parfois virulentes que sur la Grande Boucle française. Surtout quand l'Espagne attend le héros du pays, Alberto Contador, de retour de sa suspension pour dopage depuis deux semaines à peine. Car le grimpeur madrilène n'a pas attendu son épreuve nationale pour se préparer dans les cols. Du coup, dès l'entame de la Vuelta, "El Pistolero" apparaissait comme l'un des plus féroces au côté de Joaquin Rodriguez et Alejandro Valverde. Mais au fil des étapes, Contador et Rodriguez apparaissaient comme les derniers candidats au maillot "rojo" de leader.

Joaquin Rodriguez, déjà deuxième du Tour d'Italie, faisait forte impression sur les pentes abruptes des premières étapes de moyenne montagne de cette Vuelta. Sur les pentes à plus de 15%, "Purito" était le plus véloce et en profitait bien. Du coup, les 21 offensives d'Alberto Contador pour détrôner son compatriote étaient insuffisantes. Mais après deux semaines dans les cols, les jambes semblaient plus lourdes. Et Rodriguez commençait à payer ses multiples attaques: Contador en profitait dans la 17e étape pour une échappée mémorable, sur un col dont personne n'attendait tel scénario. Voilà où s'est joué la victoire finale de cette Vuelta 2012. Le duel s'est perpétué sur le Bola del Mundo mais sur le col madrilène, Contador a parfaitement géré les dernières cartouches de Rodriguez.  

4. Joaquin Rodriguez et Bradley Wiggins tout au long de la saison

Il est vrai, ce classement ne délivre aucun trophée et plus aucun maillot. Et pourtant, le ranking WorldTour est bien l'un des seuls qui permet de délivrer une hiérarchisation du peloton actuel. Ce classement n'est pas encore exhaustif et comporte encore quelques lacunes mais bon nombre de coureurs sont encore à l'affût de ce statut de leader. Philippe Gilbert, N.1 en 2011, a notamment proposé à l'Union Cycliste Internationale l'introduction d'un trophée distribué en fin d'année, au terme d'une cérémonie. Mais la fédération fait la sourde oreille et préfère simplement conserver son classement, sans frou-frou ni paillettes.

Pourtant, cette saison, la bataille a été ardue en tête du WorldTour. Joaquin Rodriguez, vainqueur de la Flèche Wallonne, du Tour de Lombardie et deuxième de la Vuelta et du Giro, face à Bradley Wiggins, vainqueur de Paris-Nice, du Tour de Romandie, du Dauphiné et du Tour de France. Le Britannique a longtemps hésité à revenir sur le Tour de Lombardie pour défendre ses quelques points d'avance sur son rival espagnol mais après des Mondiaux éprouvants, le Londonien a préféré se rendre à Majorque pour boire quelques pintes avec ses potes. Laissant tout le loisir à Rodriguez, déchaîné en cette fin de saison, de s'offrir la première place du WorldTour, avec le Tour de Lombardie en prime. Simplement.

Photo: ASO/B.Papon

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