Rétro 2012: les plus belles victoires

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Tom Boonen - Paris-Roubaix 2012 - Podium_1024.jpgL'hiver résonne dans les chaumières, les deux-roues ne roulent plus que dans les labourés, il est temps de jeter un coup d'oeil sur la dernière saison cycliste, cette année 2012 qui a frappé par ses courses spectaculaires, ses scénarios trépidants et ses coups de théâtre surprenants. Si on enlève le Tour de France en tout cas... Bref, la dernière saison a été haute en couleurs, rendant le choix de CyclismeRevue encore plus difficile pour ses rétrospectives de fin d'année. Première étape: les plus beaux succès de 2012.

1. Tom Boonen - Paris-Roubaix

Bien entendu, le quadruplé fantastique du leader d'Omega Pharma-Quick Step aurait pu être mis à l'honneur tant son aisance au sprint sur le GP de l'E3 et Gand-Wevelgem, et son sens tactique affûté sur le Tour des Flandres ont fait mouche au début de la campagne flandrienne. De simple retour en grâce, Tom Boonen est tout simplement redevenu le maître incontesté du pavé. C'est d'ailleurs cette série de succès consécutifs qui l'a mené au trophée de Sportif belge de l'année, en plus du Vélo de Cristal (consacrant le meilleur cycliste belge de la saison via un jury de spécialistes et d'anciens cyclistes). Pourtant, un succès marquera surtout la campagne du coureur de Mol. Alors qu'il semblait moins en verve sur le Ronde, "Tommeke" démontrait à tous qu'il n'avait rien perdu de sa superbe sur les terribles chemins de campagne de Paris-Roubaix, une semaine après son troisième sacre sur le Tour des Flandres.

"Je sais qu'on va m'attendre au tournant sur les pavés. Mais j'irai le couteau entre les dents", s'exclamait-il encore cinq jours avant la course, le sourire toujours au beaux fixe, à l'habitude du grand Flandrien qui fait rêver tout un pays depuis une semaine. Et la deuxième salve était encore plus belle avec une tactique parfaite des Omega Pharma-Quick Step sur les différents secteurs pavés vers Roubaix. Si Sylvain Chavanel crevait au plus mauvais moment, Boonen prenait ses distances au même instant, à 56 kilomètres du but, et poussait de tout son long sur les pédales. Il faisait exploser ses adversaires et même son coéquipier Niki Terpstra, qui pensait l'appuyer dans les futurs relais. Pas question pour "Tommeke": il était temps de finir le boulot tout seul. Et malgré les offensives de Ballan et Flecha, Boonen filait vers sa quatrième victoire sur l'Enfer du Nord, égalant ainsi le record de Roger de Vlaeminck, l'autre Monsieur Paris-Roubaix. "C'est la plus belle course que j'ai gagnée", lâchait-il sur le vélodrome, exténué mais euphorique. Deux mois plus tard arrivait le titre de champion de Belgique. La suite logique pour Boonen.

2. Iljo Keisse - 7e étape du Tour de Turquie

Ces dernières années, le pistard gantois Iljo Keisse avait plutôt occupé la colonne judiciaire de la presse flamande par ses déboires avec l'Union Cycliste Internationale. Un contrôle positif à la cathine et au HCT lors des Six Jours de Gand, en novembre 2008, l'avait interdit à toute sortie internationale durant près de trois ans. Son combat juridique ne fut conclu qu'au bout de trois ans de procédures et la confirmation d'une ingurgitation accidentelle de cette substance illicite par le coureur belge. Depuis, Keisse a de plus en plus déserté les pistes pour se lancer dans les pelotons sur le macadam. Et cela a mis du temps à fonctionner...

Pourtant, Keisse a rarement manqué une occasion de s'échapper, sur les classiques belges ou les courses par étapes. Le Gantois prenait ainsi la bonne attaque lors de la septième étape du Tour de Turquie, vers Izmir. Sur la péninsule, alors que le peloton fonçait à toute allure sur les six échappés du jour, Keisse décidait à six bornes du but de filer en solitaire vers l'arrivée. Le peloton revenait à une demi-minute du coureur d'Omega Pharma-Quick Step, préparait le sprint final mais sous la flamme rouge, l'homme de tête avait encore l'espoir de clôturer sa semaine turque par un succès, son premier sur la route. Dans l'ultime virage, Keisse ne prenait pas de risque, glissant doucement vers la droite... avant de chuter! Les commentateurs s'emballaient, le public criait, le peloton revenait mais Keisse ne paniquait pas. Il remontait sur sa machine mais devait d'abord replacer sa chaîne puis relancer. Et au bout d'un effort de 800 mètres intense, Keisse survivait aux assauts du peloton revenu à quelques mètres pour finalement mourir sur la ligne, juste derrière le Belge: "C'était le sprint de ma vie".

3. Alberto Contador - 17e étape de la Vuelta

22 attaques. Il a fallu 22 offensives à l'Espagnol Alberto Contador (Saxo-Tinkoff) pour enfin parvenir à lâcher Joaquin Rodriguez (Katusha), leader autoritaire du Tour d'Espagne durant les deux premières semaines de la Vuelta. Le suspense restait toutefois à son comble au sommet du classement général avant cette 22e attaque du Pistolero. Alejandro Valverde, Alberto Contador et Joaquin Rodriguez, le fameux trident hispanique, avaient déjà mis à distance le Britannique Christopher Froome au bout de la cinquième arrivée en altitude. Le trio était prêt pour une nouvelle bataille au départ de la 17e étape de la Vuelta vers Fuente Dè, une longue montée finale mais loin d'être aussi ardue que le Bola del Mundo ou le Cuitu Negru. 

Ce fut pourtant l'étape décisive de ce Tour d'Espagne. Alberto Contador, tout juste revenu de suspension après sept mois d'attente suite à son contrôle positif sur le Tour de France 2010, tentait son va-tout à plus de 50 bornes de l'arrivée, dans le Collado de la Hoz. Rodriguez ne s'inquiétait pas outre-mesure et ne lançait pas de suite la poursuite. Erreur lourde de conséquences: le coureur catalan devait laisser filer son compatriote madrilène dans la vallée précédant l'ascension vers Fuente Dè. "Purito" Rodriguez perdait seconde sur seconde et se faisait même lâcher par Alejandro Valverde, l'autre favori espagnol. Contador en profitait logiquement et tenait bon jusqu'au sommet pour une victoire d'étape et surtout l'assurance d'une victoire au classement général. Le leader de Saxo Bank n'avait plus qu'à gérer dans le Bola del Mundo pour ainsi s'offrir un retour fracassant, un mois à peine après son come-back.

4. Simon Gerrans - GP de Québec

Il est peut-être l'un des cyclistes australiens les plus discrets mais dès qu'il se découvre, Simon Gerrans force le respect. En début d'année, le champion du Down Under s'était déjà affiché sur le... Tour Down Under justement, ou encore Paris-Nice. Sa plus grande victoire, sur le papier, restait toutefois Milan-Sanremo. Sans un coup de pédale de trop, toujours dans les roues de Fabian Cancellara et Vincenzo Nibali, Gerrans s'est offert la Primavera à 31 ans, la classique historique par excellence. Un beau trophée, certes, mais au niveau du panache, on repassera...

C'est plutôt en septembre que le coureur australien d'Orica-GreenEDGE se distinguait par sa force de frappe. Sur le Grand Prix de Québec, dans la côte de la Montagne, il voyait le Belge Greg Van Avermaet produire une attaque fulgurante mais son contre dans la côte suivante, dite du Glacis, l'était tout autant. Revenu sur Van Avermaet, Gerrans attendait les 300 derniers mètres pour produire son effort et prendre le meilleur sur son rival belge. "Je prouve ainsi que ma saison est parfaite. Je n'ai pas seulement réussi le début", expliquait l'Australien à l'arrivée québecoise.

5. Thomas De Gendt - 20e étape du Giro

Finalement, toutes les dernières victoires de Thomas De Gendt auraient pu se retrouver dans ce classement. Sur le Tour de Suisse, l'an dernier, le Gantois d'adoption avait mis à mal Andy Schleck et les autres grimpeurs de l'épreuve pour s'imposer sur les hauteurs de Serfaus. Sur Paris-Nice, à l'occasion de l'avant-dernière étape de la Course au Soleil, le grimpeur de Vacansoleil s'est défait de son compagnon d'échappée Rein Taaramae à 45 bornes de Nice pour remporter une superbe étape en solitaire. Et deux mois plus tard, sur le Tour d'Italie, Thomas De Gendt impressionnait une nouvelle fois, après un numéro de force.

Tout au long des trois semaines sur ce Giro, le coureur belge de 25 ans s'offrait de nombreuses places d'honneur et se plaçait logiquement dans le top-10 du classement général avant l'étape-reine attendue pour l'avant-dernier jour sur les pentes du Stelvio. Dès le Mortirolo et ses pentes à 20% et plus, De Gendt attaquait au sommet et démarrait une attaque de plus de 60 kilomètres. Aidé par son équipier Matteo Carrara, le coureur belge atteignait le Stelvio avec près de quatre minutes d'avance sur les favoris du Giro. Et à moins de dix kilomètres du sommet, il décidait de filer en solitaire. Pendant quelques minutes, il avait même un maillot rose virtuel sur les épaules! Mais la fatigue se faisant sentir, il ne parvenait à conquérir "que" la victoire d'étape et une quatrième place au général qui se transformait en podium grâce à l'ultime contre-la-montre. Une première pour un coureur belge sur un Grand Tour depuis 1995 et Johan Bruyneel.

Photo: ASO/B.Bade

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