Vaughters veut laver plus blanc que blanc

Catégories : Brèves, Dopage

cyclisme,dopage,jonathan vaughters,christian vande velde,tom danielson,david zabriskie,garmin-sharp,jörg jaksche,slipstream sportsAprès avoir admis l'usage de produits dopants dans sa jeunesse et lors de sa carrière professionnelle, notamment chez US Postal, le manager de l'équipe Garmin-Sharp Jonathan Vaughters vient de passer aux aveux... pour trois de ses coureurs, Christian Vande Velde, David Zabriskie et Tom Danielson. Il affirme que ces trois cyclistes américains ont également usé de tricherie par le passé avant de s'engager au sein de la société Slipstream Sports. Alors, futurs suspendus ou martyrs du dopage?

Tout avait commencé le 11 août dernier. Dans la célèbre édition dominicale du New York Times, Jonathan Vaughters développe une longue chronique sur son passé de coureur professionnel et sur ses déviances: "Je me suis dopé. Je le regrette", confie-t-il avant d'assurer que "ma culpabilité m'a contraint à me retirer des pelotons et à monter ma propre équipe". En l'occurence, Slipstream devenu au fil des années Garmin-Sharp. Les aveux ne sont pas passés inaperçus et ont posé beaucoup de questions sur ces coureurs qui dévoilent leurs méfaits des années après la fin de leur carrière sportive, à l'image de Bjarne Riis ou Erik Zabel par le passé. Car Vaughters ne risque désormais plus grand-chose en tant que manager. Surtout car l'agence américaine antidopage (USADA) n'a pas été cherché plus loin que son témoignage dans l'affaire Armstrong. Pas question d'ouvrir une enquête sur l'homme aux pattes.

"Ils pouvaient être aussi forts, même clean"

Mais Vaughters est allé plus loin que ses propres aveux. Dans un forum du site Cyclingnews, le manager américain est venu s'immiscer au sein d'une conversation sur les accusations de dopage de Jörg Jaksche sur Bjarne Riis et l'ancienne équipe CSC. Vaughters y explique notamment pourquoi il n'a pas voulu de Jaksche dans sa nouvelle équipe et les raisons de l'engagement d'autres coureurs qui ont pourtant usé de produits dopants dans le passé. Notamment Christian Vande Velde, David Zabriskie et Tom Danielson. "Ils ont tous les trois clairement un passé et, d'un point de vue éthique, ne sont pas différents de Jaksche, mais il reste tout de même une différence pragmatique", affirme Vaughters. "Cette différence est basée sur la performance. Je savais en fait, de ma période chez US Postal, comment les coureurs étaient  intrinsèquement ou non. Je connaissais leurs transgressions, qui étaient quasiment les mêmes que celles de Jaksche, mais elles n'étaient pas de l'ordre de la performance. Je savais qu'ils pouvaient prester quasiment à un même niveau de performance, même clean."

"Ils doivent être clean dans mon équipe"

Il confirme ainsi que Danielson et Vande Velde avaient un "sacré niveau de performance", lorsqu'il a lancé une série de tests sur ces coureurs dont il connaissait le passé trouble. Et d'expliquer pourquoi il souhaite recruter certains repentis et d'autres non: "Je les traite de la même manière. Avec une seule condition: qu'ils soient propres dans mon équipe." Ce qui n'aurait pas été le cas de Jaksche, qui a pourtant failli arriver chez Garmin? "J'ai dit NON!", clame Vaughters. "Parce qu'il n'aurait pas été bon et n'aurait pas été aussi performant. C'est un jugement subjectif mais c'est le mien." Bref, le manager de Slipstream Sports assume avoir engagé certains repentis et l'affirme désormais haut et fort.

Mais cette décision de tout déballer, même sur le forum d'un site cycliste, presqu'en toute discrétion, pourrait avoir des conséquences sur l'avenir de Danielson, Vande Velde et Zabriskie. Certes, les trois coureurs américains sont déjà des trentenaires avancés mais l'agence américaine antidopage (USADA) pourrait ouvrir une enquête sur ces anciens tricheurs. La suspension les guette, aux risques et périls de Vaughters...

Grégory Ienco - Photo: Mark Johnson/Slipstream Sports

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