29/05/2012

Thomas De Gendt: "Je sais que je peux être un coureur de Grand Tour"

cyclisme, Grand Tour, Tour d'Italie, Giro, Thomas De Gendt, Vacansoleil-DCM, Stelvio, Mortirolo

La Belgique redécouvre ses grimpeurs! Alors que Jurgen Van den Broeck et Jelle Vanendert ont offert quelques récitals en montagne, la plus belle performance noir-jaune-rouge sur les cimes revient finalement à Thomas De Gendt, jeune Waeslandien de 25 ans, qui vient de s'offrir l'étape-reine du Tour d'Italie sur le Stelvio ainsi qu'une troisième place historique, 17 ans après le dernier podium d'un coureur belge sur une épreuve de trois semaines (Johan Bruyneel sur la Vuelta 1995). De retour en Belgique, Thomas De Gendt avait choisi l'une de ses brasseries préférées, le Post, dans la charmante cité de Gavere, pour évoquer son sentiment après ce podium que quasiment personne n'attendait...


>Thomas, vous rendez-vous enfin compte de l'exploit que vous venez de réaliser en Italie?

"Moi-même, je n’y ai pas cru de suite. Cette fin de Giro a été intense mais je commence enfin à prendre le temps de savourer. Cela a été trois longues semaines mais le bonheur commence enfin à me submerger. Même si c'est toujours difficile à croire..."

>Qu'avez-vous fait depuis votre retour en Belgique, dimanche soir?

"J’ai revu l’étape du Stelvio lundi matin chez moi. J’ai enfin pu remarquer à quel point j’étais proche du maillot rose. J’aurais pu le porter... Mais je suis content de ce que j’ai déjà réalisé. Je sais désormais que je peux être un coureur de Grand Tour. Même si le classement général n’était en effet pas un objectif pour moi. L’équipe m’a juste donné la possibilité de pouvoir prester sans aucune pression, et voir ce que je pouvais réaliser. C’est peut-être cela la clé du succès."

>Aviez-vous coché cette étape dans votre agenda depuis longtemps?

"Je m’entraîne sur le Stelvio depuis des mois, j’ai gravi ce col une bonne trentaine de fois, donc vous pensez si je connais cette ascension... Mon attaque sur cette étape était prévue depuis la veille mais je ne m’attendais pas à un tel déroulement. J’avais dit à mes coéquipiers que j’allais être à bloc du sommet du Mortirolo jusqu’au Stelvio. Carrara m’a accompagné et a tout donné pour que j’arrive au pied encore frais. Je ne pensais toutefois pas que j’allais avoir autant d’avance sur les favoris au maillot rose. Mais j’ai seulement commencé à croire en la victoire d’étape dans les trois derniers kilomètres."

>Vous n'avez pas eu peur d'une éventuelle fringale durant cette étape?

"J'ai surtout eu peur quand on m'a dit que Gadret était parti. Les purs grimpeurs étaient de sortie mais j'avais encore une belle avance. J'étais de toute façon tout le temps à fond, quoiqu'il arrive. C'était la seule tactique à adopter dans cette situation..."

>Et désormais, quelle est la suite de votre programme après ce Giro particulièrement réussi?

"Je vais prendre du repos! Je vais reprendre le vélo jeudi pour une reprise en douceur mais d’abord, je vais me reposer. Evelyn (NDLA: sa fiancée) et moi voulons un peu profiter du bon temps et aussi, évidemment, préparer le mariage."

>Justement, pourquoi avez-vous choisi d'organiser votre mariage le 30 juin, soit le jour du départ du Tour de France en Belgique?

"Nous ne voulions pas bousculer notre mariage, juste pour pouvoir faire le Tour. Cette date est trop importante pour nous, elle signifie le jour de notre rencontre. Evelyn m’a tellement apporté dans ma carrière. Et puis, ce Giro a été parfait et je voulais rendre quelque chose à l’équipe vu que je ne serai pas présent en juillet."

>Mais à la place du Tour, vous envisagez de faire la Vuelta. Avec de nouveaux objectifs en tête vu vos performances en Italie?

"Normalement, mon programme ne change pas mais je ne vais pas dire directement que je vise un Top-5 sur le Tour d’Espagne. Et puis, j’ai atteint mes limites sur ce Giro, j’ai vraiment tout donné. Je suis encore prêt à faire quelque chose cette saison, une grosse performance mais je ne sais pas encore si ce sera sur la Vuelta ou autre chose."

>Dans une récente interview au magazine Humo, vous affirmiez que vous vouliez vous tester dans la haute montagne sur plusieurs Grands Tours avant d'envisager l'achat d'un appartement dans les cols italiens. Vu cette troisième place sur le Giro, vous êtes prêt à venir habiter sur les sommets transalpins?

"Pour l'hiver, ce serait en tout cas l'idéal! J'aime m'entraîneur sur ces cols et cela me serait d'une grande aide pour franchir un nouveau palier sur les courses de trois semaines. Car les stages en altitude, cela use aussi, à cause des nombreux voyages à effectuer. Je vais y réfléchir mais je veux aussi garder une maison, ici, en Belgique."

>Avez-vous reçu des messages de félicitations d'autres coureurs belges?

"Oh oui, quand même quelques-uns. Seul Kevin Seeldraeyers m'a félicité en personne en rentrant en Belgique mais sinon, j'ai reçu beaucoup de SMS. Même du sélectionneur national Carlo Bomans. Par contre, je ne sais pas si cela veut dire que j'aurai ma sélection pour les Mondiaux (sourire)."

Propos et photo receuillis par Grégory Ienco, à Gavere

16:38 Publié dans Entretiens | Commentaires (0) | | | |  Imprimer

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