Tro Bro Leon : du vent, de la poussière, des ribins

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DSC07065.jpgC’est une Bretagne balayée par le vent qui a accueilli la 9è manche de la Coupe de France de cyclisme sur route 2012. Tout le monde était fidèle à ce rendez-vous particulier qu’est le Tro Bro Léon, le "Paris-Roubaix" breton. Dès la présentation des coureurs, la journée s’annonçait délicate pour les coureurs et les spectateurs.

Avec le vent et le froid, l’annonce des coureurs présents s’avérait longue car les athlètes n’étaient pas pressés de sortir leurs montures. Puis cela s’avérait très rapide car chacun arrivait au dernier moment. Tout le monde devait composer avec la météo. Difficile de se réchauffer pour les supporters placés devant le podium de présentation pour faire connaissance avec les forces en présence. Difficile de se réchauffer pour les compétiteurs en cuissard, pressés qu’on les cite pour quitter une scène très exposée aux rafales.

Si tout le monde était frais et pimpant aux 1ers instants de cette manifestation cycliste, les cheveux commençaient déjà à partir dans tous les sens à midi, quand on ne rentrait pas le coup dans les épaules à cause du froid.

Au départ, la musique folklorique réchauffait les âmes et les coureurs s’élançaient pour affronter les ribins. Certains spectateurs décidaient de rester sur place….Place qui allait valoir très cher dans quelques heures pour l’arrivée ! D’autres partaient au pas de course, direction les parkings pour récupérer les véhicules et "couper" dans les ribins. Les horaires de passage bien notées, la carte des lieux bien étudiée. C’était parti pour une course contre-la-montre sur routes et sur chemins.

Au premier endroit, on se croit à Paris-Roubaix ! A défaut d’avoir des pavés, on a un arbre ! Il n’en faut pas plus pour revenir une semaine en arrière et refaire l’Enfer du Nord. Chacun étudie le sens du vent qui va accompagner les routiers. De quel côté du chemin doit-on se placer pour en prendre plein la vue avec la course mais ne pas en prendre plein les yeux avec la poussière ?

Le scénario s’avère classique. Quelques coureurs partent à l’aventure, en éclaireurs. La journée sera longue et dure, seuls face aux éléments. Pas moyen de se mettre à l’abri. Le peloton suit, "tranquille". Personne n’est pressé d’aller chercher une échappée qui arrange tout le monde. Forcément dans le peloton au moins on est à l’abri !

Plus tard et plus loin, même si les arbres sont toujours présent. On ne pense plus à Roubaix, on s’enDSC07143.jpg sert pour s’abriter du vent. Les grosses vestes et les capuches sont très appréciées en attendant le passage des champions. Le grand ruban cycliste arrive, quelques coups de klaxons retentissent. D’abord pour prévenir que la course arrive, ensuite pour saluer ceux qui coupent et que les directeurs sportifs ont déjà croisé dans un autre ribin.

Déjà l’ambiance dans le peloton n’est plus tout à fait la même. Le rythme s’est accéléré. Les visages des coursiers se font plus concentrés. Les 1ères grimaces apparaissent. On grimace parce que le Tro Bro Leon est une épreuve de force pour tout le monde. On grimace parce que le vent est fort. On grimace parce qu’on mange beaucoup de poussière.

Au ribin suivant, le spectacle se passe d’abord sur le bas côté. Des supporters motivés veulent coûte que coûte déployer une banderole. Ils se lancent dans une galère de 20 bonnes minutes ! Quand on voit la banderole se gonfler avec le vent, on se dit que s’ils étaient en mer, ils affoleraient le compteur de vitesse ! Malheureusement la banderole ne veut rien entendre. Elle se fait la malle à chaque instant. Ce sont les supporters qui finissent pas servir de supports de fixation avant que la course passe à toute allure, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et surtout en moins de temps qu’il n’en faut pour installer une banderole !

C’est maintenant l’arrivée qui pointe le bout de son nez. Les derniers kilomètres arrivent. Tout le monde a vraiment "mis en route". C’est le grand rassemblement autour de la ligne d’arrivée. Ceux qui sont resté sur place s’apprêtent à défendre leur territoire pour profiter au mieux du passage des coureurs et du grand écran. Ceux qui ont coupé toute la journée arrivent et essayent de se faufiler tant bien que mal pour pouvoir apercevoir les images télévisées et distinguer les champions qui vont défiler.

L’ambiance fin de course s’installe. Éric Berthou, seul en tête, semble pouvoir l’emporter devant son public. Tout le monde veut croire à une victoire du coureur de Bretagne-Schuller. Derrière ça presse, tout le monde s’organise. Benoît Jarrier (Véranda Rideau) et Ryan Roth (Spidertech) rentrent petit à petit sur l’homme de tête. Avant que Roth lance l’attaque décisive. A l’arrivée, le coureur canadien savoure son triomphe devant la foule déçu pour Berthou. Jarrier réalise tout de même un exploit en se classant 2nd après avoir passé 180 kms devant.

Après plus de 5 heures d’effort, tous les coureurs regagnent les parkings pour se remettre d’aplomb et "gicler" vers d’autres aventures après avoir échangé quelques mots avec les spectateurs qu’ils retrouveront le long des routes lors de prochaines courses. La foule se disperse peu à peu à son tour après avoir fixé le prochain rendez-vous en Bretagne, à Plumelec.

 

Le classement du Tro Bro Leon (206,4 kms) :

1 - Ryan ROTH, Team Spidertech Powered by C10, 05h16'40''

2 - Benoit JARRIER, Veranda Rideau - Super U, à 13''

3 - Guillaume BOIVIN, Team Spidertech Powered by C10, à 37''

4 - Arnaud DEMARE, FDJ-BigMat, à 37''

5 - Kristof GODDAERT, AG2R La mondiale, à 37''

6 - Lloyd MONDORY, AG2R La mondiale, à 37''

7 - Aleksejs SARAMOTINS, Cofidis le Crédit en Ligne, à 37''

8 - Jérémie GALLAND, Saur-Sojasun, à 37''

9 - Romain FEILLU, Vacansoleil - DCM Procycling Team, à 37''

10 - Tony HUREL, Team Europcar, à 37''

 

 

L.G.

 

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