Marcel Kittel: "Fier de triompher dans ces conditions"

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cyclisme,grand prix de l'escaut,marcel kittel,argos-shimano,tyler farrar,theo bosMarcel Kittel, c'est un jeune sprinter allemand de 23 ans, déjà connu de tous dans le milieu de la Petite Reine pour ses 22 succès professionnels depuis le début de sa carrière en 2011. Et il vient d'ajouter un 23e bouquet à son palmarès déjà florissant en dominant le sprint massif du Grand Prix de l'Escaut. Entre les routes détrempées et les chutes, l'Allemand a dû jouer à l'équilibriste pour remporter l'un des succès les plus probants de sa jeune carrière. D'ailleurs, Kittel n'espère pas forcément être le nouveau Cavendish mais compte également se produire plus souvent sur les classiques. Le peloton est prévenu...

Il fallait oser s'aventurer sur la ligne d'arrivée du Grand Prix de l'Escaut, sur la place de Schoten. Les supporters déjà imbibés d'alcool tentaient de regarder avec attention l'écran géant placé au bout de la ligne droite afin de découvrir qui allait sortir vainqueur de ce marasme, entre les chutes et les glissades sur le macadam détrempé. Dans les circuits locaux, le peloton avait déjà été réduit à une trentaine d'hommes en raison de ces nombreuses embardées mais qu'importe, le sprint final allait se dérouler. Et il consacrait Marcel Kittel, vainqueur au forceps devant l'Américain Tyler Farrar et le Néerlandais Theo Bos, tous trois sur la même ligne. Derrière, le spectacle continuait malheureusement. Matteo Trentin (OPQS) glissait sur la peinture mouillée et entraînait dans sa chute Jonathan Cantwell (Saxo Bank). Ce dernier ne pouvait éviter une photographe, Taz Darling, gravement touchée par ce choc et emmenée de suite à l'hôpital universitaire d'Anvers.

cyclisme,grand prix de l'escaut,marcel kittel,argos-shimano,tyler farrar,theo bos"Ouf, je n'ai pas chuté"

Le champagne coulait malgré tout sur le podium de ce GP de l'Escaut et Kittel gardait le sourire, préférant logiquement évoquer son succès que le jeu de massacre qui a émaillé les derniers kilomètres de la semi-classique belge. "Ouf, je n’ai pas chuté, c’était le plus important dans ce final chaotique", confirmait-il directement après une bonne douche au champagne. "Le Grand Prix de l’Escaut, c’était un premier grand objectif pour moi cette saison. C’est comme un championnat destiné aux sprinters, ils sont quasiment tous là. Je suis vraiment heureux d’avoir gagné sur cette course car ça a été épique, avec toutes ces chutes autour de nous. Je suis fier d’avoir pu triompher sur un tel circuit. Je ne pense pas que ce soit la faute du parcours, c’est surtout la pluie qui a rendu la course plus difficile. Mais j’étais en bonne position pour éviter les chutes. Je suis fier d'avoir gagné dans ces conditions."

"Dur face à Bos et Farrar"

Il faut dire que Kittel a bénéficié d'un parfait travail d'équipe jusque dans le dernier circuit local, où le peloton a sauté en plusieurs morceaux suite aux chutes et à la pluie. "Avec l’équipe, c’était compliqué de rester ensemble dans les derniers kilomètres. Durant le reste de la course, mes équipiers étaient toujours présents et m’ont bien aidé à me placer correctement dans les cinq derniers kilomètres. Donc, je dois quand même leur dire merci", affirmait-il tout de même avant de raconter ce final compliqué sur l'avenue de Churchill. "Dans le dernier kilomètre, je me suis retrouvé derrière les Rabobank puis j’ai vu Tyler Farrar passer à ma droite donc je suis passé dans sa roue. Il a alors lancé le sprint à 250 mètres de la ligne et j’ai réussi à la déborder. C’était dur face à des gars comme Bos et Farrar qui se trouvaient sur la même ligne que moi."

cyclisme,grand prix de l'escaut,marcel kittel,argos-shimano,tyler farrar,theo bos"La plus belle victoire de ma saison"

Kittel l'avoue en tout cas sans peine: le Grand Prix de l'Escaut aura une place spéciale dans son palmarès. "C'est clairement la plus belle victoire de ma saison", confie le leader d'Argos-Shimano. "Les classiques? L’an dernier, j’ai participé à Paris-Roubaix et j’ai bien aimé cette course. Enfin, je sais que c’est difficile d’aimer cette course... J’y retourne cette année et j’espère poursuivre mon apprentissage sur ces pavés mais ce n’est pas encore un objectif en soi. Je me concentre sur une spécialité à la fois et je préfère pour le moment penser au sprint." Et dans cette discipline, le jeune coureur allemand fait évidemment penser à un certain coureur britannique. "Quand j’ai entendu que Mark Cavendish ne venait pas sur ce GP de l’Escaut, j’étais très déçu mais il avait finalement une bonne raison de ne pas être là (NDLR: la naissance de sa fille Delilah Grace la nuit de mardi à mercredi). Je sais qu’on me compare beaucoup à lui mais je veux avant tout faire ma carrière avant de la comparer aux autres."

"Une invitation pour le Tour de France"

Le sprinter de 23 ans participera donc à l'Enfer du Nord mais aura un autre objectif en tête pour ce mois d'avril. "C’est le Tour de Turquie", explique-t-il. "Et puis, le Tour de France, ce serait bien si on a une invitation. Ca deviendra alors mon plus gros objectif de la saison, évidemment!" Mais ça, on ne le saura pas avant les prochaines semaines...

Grégory Ienco - Photos: Projet 1t4i; ASO/Tour of Oman et Grégory Ienco

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