08.02.2012
Affaire Contador: le cyclisme est-il encore le bouc émissaire?
La décision du Tribunal Arbitral du Sport de Lausanne de suspendre Alberto Contador pour deux ans a amené diverses réactions, positives ou non sur le coureur espagnol mais surtout sur le dopage dans le cyclisme. Car inévitablement, la même réaction revient à chaque affaire de dopage: le cyclisme est une nouvelle fois le bouc émissaire. Vraiment? Et si ce cas Contador permettait justement à la Petite reine de retrouver ses lettres de noblesse?
La légende du deux-roues, Eddy Merckx, a été le plus virulent à l'encontre de la décision du TAS. Selon lui, "c'est une nouvelle fois le cyclisme qui trinque". Il ajoute: "C'est une punition excessive. C'est mauvais pour tout le monde. C'est comme si quelqu'un voulait tuer le cyclisme. Ils ont mis deux ans pour prendre cette sanction. C'est ça qui ne va pas." Pour ce dernier élément, tout le monde est d'accord: l'attente dans cette affaire était interminable et c'est la première fois dans l'histoire du sport qu'un athlète se retrouve suspendu, rétroactivement, plus d'un an et demi après son contrôle positif. La lenteur juridique peut toutefois s'expliquer par les nombreuses demandes du clan Contador, de l'Union Cycliste Internationale et de l'Agence Mondiale Antidopage pour plus de détails et de nouveaux examens afin que la décision du TAS soit irrévocable.
Le TAS a simplement suivi les règlements
Certes, mais il est difficile d'acquiescer les propos d'Eddy Merckx concernant l'envie de "tuer le cyclisme". Car le cas Contador est finalement simple. Le TAS a décidé d'appliquer le code mondial antidopage, publié par l'AMA, qui confirme que tout cas positif au clenbutérol, produit illicite, doit mener à une suspension de deux ans. Seule la preuve qu'il n'y a eu ni faute, ni négligence de la part du coureur dans l'ingurgitation accidentelle d'un tel produit peut mener à un acquittement. Ce que Contador n'a pas réussi à prouver. Et ce qui a mené à cette suspension, qui avait été demandée par l'UCI et l'AMA dès que l'appel fut déposé devant le TAS.
La justice a donc suivi son cours, car Contador a été considéré comme n'importe quel sportif ou cycliste. Le TAS n'a pas voulu en faire un exemple, il a simplement rendu le verdict le plus juste possible, par rapport aux règles déjà établies. Certes, le dopage n'a pu être prouvé mais le problème vient du clan Contador qui a préféré plaider la contamination par un steak plutôt que par un complément alimentaire, une thèse pourtant soutenue par le TAS. La défense n'a pas fonctionné, Contador doit désormais se fixer sur son retour de suspension, le 5 août prochain.
Le cyclisme n'a pas besoin de lamentation
Le cyclisme avance bien tout seul, et n'a pas besoin de nouveau scandale. Car si scandale il y a eu, il n'est pas venu des propos de Contador mais plutôt de la lenteur du jugement de l'affaire. Pendant ce temps, les pelotons roulent et les courses se font de plus en plus intenses. Au fur et à mesure que les tricheurs quittent, forcés, les épreuves. Le spectacle est de plus en plus présent, au grand plaisir du public, et ce n'est certainement pas ce nouveau jugement qui va empêcher les supporters de venir faire leur meilleur boulot, venir saluer ses forçats de la route qu'ils ont tant aimé et qu'ils vont certainement encore apprécier de longues saisons. C'est de cela, dont le cyclisme a besoin pour poursuivre sa route. Pas de cette lamentation qui alimente les colonnes de la presse à chaque affaire.
Grégory Ienco - Photo: Saxo Bank
12:51 Publié dans Webzine | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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