Rétro 2011: les plus belles révélations

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cyclisme,2011,rétro,marcel kittel,john degenkolb,andrea guardini,thomas voeckler,bauke mollema,thibaut pinotLe cyclisme a encore plus besoin que par le passé des jeunes pour retrouver une certaine sérénité, notamment vis-à-vis des derniers affaires qui ont éclaboussé la Petite reine ces dernières années. Et en 2011, ce sont toujours les jeunes sprinters qui ont assuré le spectacle. De Marcel Kittel à Andrea Guardini, ces spécialistes de l'emballage final sont-ils les successeurs des Petacchi, McEwen, Cavendish et co.? Voici les plus belles révélations de la dernière saison cycliste.

1. Le sprint allemand revit grâce à Marcel Kittel et John Degenkolb

Depuis quelques années, le cyclisme allemand a subi de plein fouet le marasme du dopage. Le déclin de Jan Ullrich, les frasques du multi-récidiviste Patrik Sinkewitz et l’éternelle déception Linus Gerdemann n’ont pas réussi à relancer la Petite reine dans un pays qui a perdu de plus en plus d’épreuves cyclistes en raison de ce désintérêt pour le cyclisme, qui a commencé notamment suite à l’abandon de la diffusion du Tour de France par les chaînes publiques germaniques. Et on ne compte même pas les révélations du meilleur sprinter du pays, Erik Zabel, coupable de dopage en 1997 (et rien que cette année-là, selon le sextuple maillot vert du Tour).

Et depuis longtemps, les Allemands cherchaient justement un successeur à ce grand sprinter, capable de dominer une troupe de chacals lancés à toute vitesse dans la dernière ligne droite. Et au fil de la saison, un petit jeune a rapidement démontré qu’il pouvait tenir la vedette dans les emballages massifs. Marcel Kittel, plutôt reconnu comme un grand rouleur chez les juniors (double champion du monde du contre-la-montre) et chez les espoirs (champion d’Europe du chrono), s’est rapidement démené pour aller chercher sa première victoire professionnelle en 2011. Et pour sa première course sous le maillot Skil-Shimano, le jeune coureur allemand a connu la victoire dès la troisième étape du Tour de Langkawi, en Malaisie. Avant de clairement se placer comme une des meilleurs représentants de cette discipline si particulière en ajoutant à son palmarès quatre étapes (sur cinq) des 4 Jours de Dunkerque, quatre étapes du Tour de Pologne, la première édition de la ProRace de Berlin ainsi qu’une étape du Tour d’Espagne.

Pendant ce temps, un autre jeune sprinter de 22 ans faisait ses dents en Algarve avant d’éclater au grand public à l’occasion du Critérium du Dauphiné où il se montrait le plus puissant sur un sprint en montée. John Degenkolb en était également à sa première saison pro et confirmait la bonne forme des coureurs formés chez Thüringe Energie, dont était également issu Kittel. Le sprint allemand semble donc revivre ses plus belles heures avec, en outre, le retour en force d’André Greipel, enfin vainqueur de Mark Cavendish, sur le Tour de France. Reste à confirmer en 2012, alors que Degenkolb et Kittel seront sous le même maillot, pour le projet 1t4i.



2. Thomas Voeckler, pas le même qu’en 2004

Les mauvaises langues ont longtemps remis en cause les performances de Thomas Voeckler à l’occasion du dernier Tour de France, durant lequel il a porté le maillot jaune sur dix étapes. Comme en 2004. Sauf que le leader d’Europcar a cette fois tenu face aux cadors de la montagne jusqu’à la dernière étape alpestre, à deux jours à peine de l’arrivée à Paris. La performance en a étonné plus d’un et les critiques ont fusé hors de la frontière française. Pourtant, cette révélation ne semble pas si surprenante au vu de la saison réalisée par le double champion de France, qui avait déjà démontré des qualités de grimpeur sur le Tour de Sardaigne ou le difficile Tour du Trentin, ces deux dernières années.

Voeckler avait en effet engrangé huit victoires avant d’arriver sur les routes de la Grande Boucle. Dont deux étapes d’un Paris-Nice disputé dans des conditions atmosphériques difficiles. Bref, tout semblait prédestiné pour un show de Voeckler sur un Tour de France où il avait chaque fois remporté sa petite étape en 2009 et en 2010. Mais en 2011, l’Alsacien marquait encore plus les esprits. A l’occasion d’une échappée frappée par une voiture folle envoyant Johnny Hoogerland et Juan Antonio Flecha dans les barbelés, Voeckler allait prendre le maillot jaune, qu’il allait conserver malgré les attaques des Schleck, Contador, Evans et co.; malgré un tout-droit dangereux dans une descente; malgré les énervements envers ses équipiers. Il ne perdait que sa tunique au-sommet de l’Alpe d’Huez, alors que son équipier Pierre Rolland remportait cette étape de légende.

Bref, Voeckler a été une nouvelle révélation malgré ses 32 ans et confirme qu’il a encore des bons restes. Après cette saison exceptionnelle, «Ti-Blanc» sait que beaucoup d’espoirs reposent sur ses épaules mais il compte avant tout profiter de ses belles victoires avant de penser aux prochains succès ou à une nouvelle course au maillot jaune. Il a déjà assez vu cette couleur...



3. Bauke Mollema à la hauteur de ses ambitions

Le cycliste néerlandais de 25 ans n’a certes remporté aucun succès cette saison, mais il s’est approché un peu plus de son rêver: remporter un Grand Tour, et si possible le Tour de France. Spécialiste des places d’honneur sur les course par étapes d’une semaine (9e de Paris-Nice, 5e du Tour de Suisse ou encore 2e du Tour de Castille et Leon), le jeune coureur de l’équipe Rabobank a pu participer pour la première fois au Tour de France cette année, sans pour autant se montrer à son avantage, prêt à tout donner pour son leader Robert Gesink.

Mais un mois plus tard, le coureur de Groningue pouvait enfin jouer sa carte personnelle et en profitait pour confirmer ses qualités de grimpeur face aux coureurs de l’équipe Sky sur le Tour d’Espagne. Souvent coincé derrière le duo Cobo-Froome, Mollema s’offrait finalement la quatrième place de l’épreuve espagnole, avec en outre le classement par points. Sans oublier le maillot rouge porté durant... le seul contre-la-montre individuel de la Vuelta. Bref, une première expérience en tête d’un classement général d’un Grand Tour pour le jeune Néerlandais qui affirme toujours son désir de devenir leader pour le Tour de France. Mais comme Robert Gesink, Mollema devra certainement patienter une ou deux saisons de plus avant de pouvoir jouer le classement général face aux meilleurs grimpeurs de sa génération.



4. Andrea Guardini, le futur Petacchi

Ancien pistard, Andrea Guardini a rapidement décidé dans sa jeunesse de quitter l’anneau pour se lancer sur la route. Et la transition a semble-t-il été parfaite pour le petit coureur italien qui engrangeait déjà 12 victoires chez les espoirs avant d’être directement engagé par l’équipe continentale pro Farnese Vini-Neri Sottoli, qui a repéré le bon filon et l’a fait signer pour trois ans malgré l’intérêt de Colnago et de Lampre. Le cycliste de Vérone était rapidement comparé à deux maîtres du sprint: Mark Cavendish et son compatriote Alessandro Petacchi.

Et le fan de rallye et de sensations fortes confirmait rapidement les prétentions de ses directeurs sportifs en dominant la majorité des sprints massifs du Tour de Langkawi, en Malaisie. Cinq étapes, en tout, qui allait bientôt paraître dérisoires face à sa victoire sur la dernière étape du Tour du Qatar face aux cadors de l’emballage final, dont un certain Mark Cavendish. La marche était finalement lancée pour le jeune Italien qui allait ensuite enchaîner sur le Tour de Turquie, le Tour de Padanie ou encore le Tour du Portugal. Chaque fois au sprint.

Beaucoup d’observateurs le voyaient d’ailleurs prêt à faire des étincelles à l’occasion du Tour d’Italie, soit son premier Grand Tour de sa jeune carrière. Finalement, le néo-pro, qui avait déclaré qu’il allait aller sur le Giro en cas de double succès sur le Tour de Turquie (ce qu’il a réalisé), a sagement pris la décision de ne pas se lancer sur la course au maillot rose afin de prendre un repos bien mérité et se préparer au mieux pour la deuxième partie de saison. Avec 11 succès au compteur, Guardini avait de toute manière déjà réussi sa première saison chez les pros, avant deux nouvelles années chez Farnese Vini.



5. Thibaut Pinot, la progression à petits pas

Marc Madiot a souvent le nez fin pour trouver la perle rare. Il semble encore avoir fait une belle trouvaille avec un jeune coureur français de l’Est. Tombé dans le vélo quand il était petit, Thibaut Pinot a décroché un contrat dès ses 19 ans, en 2010. Meilleur grimpeur du Tour de Romandie, il se révéla surtout grâce à sa 20e place sur le Critérium du Dauphiné après avoir animé la 5e étape de l’épreuve française. Et au fil des courses, le benjamin de la FDJ grandit et confirme son talent dès que la pente s’élève. Sur les étapes les plus difficiles du Tour de Turquie, il est toujours à l’avant et est récompensé par une troisième place méritée.

Sur le Critérium du Dauphiné, il réitère sa belle performance de 2010, cette fois sur les pentes de La Toussuire, finissant comme dauphin de Joaquin Rodriguez au sommet. Un mois plus tard, il remporte le Tour d’Alsace suivi des deux étapes les plus montagneuses du difficile Tour de l’Ain, dont une arrivée sur le Grand Colombier. Il s’exporte ensuite en Italie, remportant la première étape de la Semaine Lombarde sur le Passo della Presolana avant d’empocher le classement général. Il imitait ainsi Lance Armstrong, également vainqueur de la course italienne... à 21 ans seulement.

Bref, l’avenir semble tout tracé pour Pinot qui est considéré par Marc Madiot comme «un pur grimpeur». Mais le manager de la FDJ ne veut pas trop vite brûler le talent de ce jeune coureur au talent incroyable. Du coup, le coureur français ne connaîtra les joies d’un Grand Tour seulement à l’occasion de la Vuelta 2012. Avec également l’objectif du Dauphiné en tête. Le temps de faire grandir ce talent français. Un pur grimpeur comme l’Hexagone en attendait depuis longtemps.

Grégory Ienco - Photo: Skil-Shimano

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