Rétro 2011: les plus beaux duels

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cyclisme,tour de france,cadel evans,tour d'espagne,andy schleck,frank schleck,juan josé cobo,chris froome,thor hushovd,edvald boasson hagen,tony martin,fabian cancellaraDes pentes de Pena Cabarga, au nord de l'Espagne, aux routes planes de Copenhague, de nombreux duels ont émaillé la saison 2011. Des plus attendus aux plus surprenants. Des frères Schleck sur le championnat du Luxembourg au combat norvégien sur le Tour de France. Place aux meilleurs instants de la dernière année cycliste.

1. Juan José Cobo et Chris Froome sur le Tour d’Espagne

Souvent, le Tour d’Espagne apparaît comme le parent pauvre du calendrier cycliste du fait de sa position en fin d’année, trop tôt après le Tour de France et trop tard avant les Mondiaux sur route. Pourtant, pour l’édition 2011, la liste des partants laissait augurer une épreuve intéressante avec notamment les blessés du Tour Bradley Wiggins, Jurgen Van den Broeck face aux Vincenzo Nibali, Joaquin Rodriguez, Denis Menchov et autres. Cependant, les favoris d’un jour furent les outsiders du lendemain. Car sur les pentes espagnoles, un Britannique se montrait rapidement indomptable, aux côtés de Wiggins. Un certain Chris Froome, né au Kenya et récemment naturalisé britannique, en grande forme tant sur les cols que sur le contre-la-montre.

Derrière, l’Espagnol Juan José Cobo retrouvait sa forme d’antan. Après une année entre dépression et envie de fin de carrière, le coureur de Geox a repris confiance au sein du team de Mauro Gianetti et s’imposait en force sur le célèbre Angliru, l’une des ascensions espagnoles les plus difficiles. La course au maillot rouge était alors lancée entre les deux outsiders, qui ne semblaient avoir aucune chance de jouer le classement général avant cette Vuelta.

A Pena Cabarga, le duel virait à la tragédie grecque dans le dernier kilomètre. Froome poussait sur les pédales tant bien que mal pour déloger le maillot rouge, Cobo, de sa roue arrière. L’Espagnol tenait, tenait jusqu’à lâcher du terrain sur son nouveau rival. C’en était fini, pensaient les commentateurs de l’époque. Froome devait gagner une vingtaine de secondes pour mener la Vuelta. Mais dans les 350 derniers mètres, Cobo revenait miraculeusement, face à une légère défaillance de son adversaire britannique. Le maillot rojo dépassait au dernier moment Froome avant de repasser deuxième dans le dernier virage à 25 mètres de la ligne... Le coureur de Sky s’imposait, reprenait du temps mais devait rester à 13 secondes du nouveau vainqueur de la Vuelta. Un duel épique.


2. Cadel Evans et Andy Schleck sur le Tour de France

Certes, cela ne ressemblait pas vraiment à un duel. L’épreuve juilletiste a été des plus disputées, depuis les premières chutes près du Mont des Alouettes, jusqu’aux descentes dangereuses du nord de l’Italie. Après les abandons de bon nombre de favoris suite à la malchance surtout, le maillot jaune semblait logiquement se jouer entre les frères Schleck, Cadel Evans et Alberto Contador (même si Thomas Voeckler a longtemps tenu en tête du classement général).

Les deux dernières étapes alpestres arrivaient alors à point pour faire la lessive dans les pelotons. Et pour l’occasion, le Luxembourgeois Andy Schleck décidait de jouer les héros sur les pentes du Galibier. Attaquant à plus de 60 bornes de l’arrivée, le leader de Leopard-Trek a galvanisé les foules, a enflammé le Tour de France et a démontré que le panache n’était pas mort dans le cyclisme moderne. Derrière, Cadel Evans portait à lui seul le poids de la poursuite, malgré ses rivaux dans sa roue. Il faisait craquer Alberto Contador et pouvait alors se lancer à corps perdu vers la première place du général. Mais Thomas Voeckler restait sur la plus haute marche du podium.

Cela n’empêchait pas Evans de croire en l’exploit le lendemain. L’Australien sortait avec Contador dès les premiers kilomètres de l’ultime étape de montagne vers l’Alpe d’Huez. Mais après deux problèmes mécaniques, Evans doit finalement revenir dans le gros du peloton, avec Schleck, sans avoir pu démontrer ses qualités de grimpeur. Mais au fil des ascensions, grâce à une équipe compacte, le coureur de la BMC allait faire la meilleure opération en laissant Andy Schleck à ses attaques incessantes et en se dépassant en solo. Et malgré le panache de son rival grand-ducal, l’Australien allait au bout de ses forces dans les cols et dans le dernier chrono individuel de l’épreuve juilletiste. Le duel s’est concentré dans ces trois jours. Trois étapes intenses, trois étapes de folie, comme on en avait rarement connues durant cette dernière décennie.



3. Thor Hushovd et Edvald Boasson Hagen sur le Tour de France

La Grande Boucle s’est parée de bleu, de blanc et de rouge cet été. Non pas pour fièrement arborer le drapeau français, plutôt pour faire honneur à la Norvège, doux pays scandinave qui a donné deux des meilleurs coureurs de cette génération. Le jeune Edvald Boasson Hagen, qui avait manqué les classiques printanières en raison d’un nouveau problème au genou, a été le premier à offrir au pays nordique un succès sur le Tour de France, à l’occasion d’une sixième étape noyée par des orages incroyables pour la saison. Vers Lisieux, le coureur de l’équipe Sky a fait la nique aux purs sprinters grâce à un final vallonné et sous la pluie.

Une semaine plus tard, c’était au tour de son compatriote Thor Hushovd de s’offrir un miracle, vers Lourdes. Le champion du monde devient-il un grimpeur? Vers l’Aubisque, il était en tout cas aux premières loges avant d’être délogé par Jérémy Roy et David Moncoutié. Cependant, le leader de Garmin-Cervélo revenait un à un sur ces hommes de tête et dépassait Roy sans concession possible à 2200 mètres du but. Un boulet de canon qui allait lui permettre de remporter un premier succès sur cette Grande Boucle. Car quatre jours plus tard, après une nouvelle étape de repos bien méritée à l’aube des Alpes, Hushovd retrouvait ses meilleures gambettes dans le Col de Manse pour aller rechercher son coéquipier Ryder Hesjedal et son compatriote Edvald Boasson Hagen. Et au bout d’un long sprint, le titulaire du maillot arc-en-ciel faisait le doublé.

Quatrième et dernier acte, en Italie. Vers Pinerolo, alors que le maillot jaune Thomas Voeckler risquait sa vie à deux reprises dans la descente finale, Boasson Hagen prenait également de nombreux risques afin de remporter son deuxième succès d’étape, cette fois en solitaire. Une folie norvégienne a en tout cas pris part du Tour de France, dont les audiences en Scandinavie ont doublé grâce à ces victoires au panache des représentants norvégiens.



4. Tony Martin et Fabian Cancellara sur les contre-la-montre

Les épreuves chronométrées n’ont pas souvent constitué un attrait particulier pour les amateurs de la Petite reine. Cette année, toutefois, l’épreuve avait bien plus d’intérêt avec l’émergence d’un policier de Cottbus, désormais prêt à battre Spartacus. Tony Martin avait déjà démontré ses qualités de rouleur par le passé sans pour autant réussir à dominer clairement le leader de la catégorie, Fabian Cancellara, quadruple champion du monde de la discipline.

Et dès le mois de février, le coureur allemand avait mis la barre très haute, remportant coup sur coup le Tour d’Algarve et Paris-Nice, affirmant également ses qualités en montagne, outre sa capacité à rouler à pleine puissance contre le chrono. Pendant que Cancellara pataugeait sur les classiques flandriennes qu’il a eu tant de mal à dominer. Et lors de leur duel sur le Tour de France à l’occasion du seul contre-la-montre du Tour de France, Martin frappait encore plus fort en remportant l’étape, avec un peu plus d’une minute d’avance sur le champion du monde en titre Fabian Cancellara.

Deux mois plus tard, à l’occasion des Mondiaux, le scénario se répétait: le rouleur de Cottbus roulait et le Spartacus de Berne déprimait. Ses efforts restaient vains dans la course à la breloque dorée tant Martin lui prenait des secondes au fil des kilomètres. L’Allemand est devenu le nouveau maître du chrono, lui qui s’est décidé à se consacrer totalement à l’exercice individuel dans le futur.



5. Andy et Frank Schleck sur le championnat du Luxembourg

Dans la chaleur de Diekirch, le parcours difficile tracé sur les routes habituelles du tour national semblait tout simplement fait pour les frères Schleck. Depuis 2008, les deux brothers les plus célèbres du Grand Duché se partagent en effet le titre national, dominant sans grande difficulté les autres (peu nombreux) pros du peloton luxembourgeois. Cette fois, si Ben Gastauer (rapidement lâché) et Laurent Didier (battu dans les deux derniers tours) ont tenu tête au duo de Leopard, les deux frères n’ont rien laissé à leurs rivaux et sont arrivés à deux sur la ligne d’arrivée.

Mais dans les derniers hectomètres, fallait-il encore décider qui allait remporter ce titre national. Frank avait porté les couleurs luxembourgeoises l’an dernier, du coup, on pensait Andy logiquement désigné pour représenter le Grand-Duché cette saison. Finalement, le cadet a laissé passer l’aîné dans l’ultime ligne droite et les quatre bras en l’air, ils ont fêté le quatrième titre de Frank Schleck. Un duel, tout simplement. Quoiqu’un peu téléphoné, non?

> Le résumé du championnat (en luxembourgeois)

Gr.I. - Photo: archives HTC-High Road

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