Rétro 2011: les plus belles victoires

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cyclisme, 2011, Tyler Farrar, Philippe Gilbert, Andy Schleck, Mikel Nieve, Johan Vansummeren, Tour de France, Tour d'Italie, Paris-Roubaix, Ster ZLM Toer, GP de QuébecL'année 2011 se clôture doucement alors que les frimas de l'hiver se font enfin ressentir dans les chaumières. Sur la route, les cyclistes se retrouvent déjà entre équipes pour un team building ou un stage leur permettant de revenir dans le rythme en vue d'une nouvelle saison que l'on espère aussi fringuante que la dernière. Malgré la guerre des oreillettes, l'affaire Contador et d'autres considérations politico-politiques, cette saison a offert de magnifiques moments d'émotion. Voici notre sélection de ces meilleurs instants.

1. Tyler Farrar - 2e étape du Ster ZLM Toer

Cela faisait un mois qu’il errait entre entraînement et course de reprise, sans vraiment savoir où il se situait avant un Tour de France attendu pour son futur duel avec la star du sprint, Mark Cavendish. Mais malgré un début de saison mi-figue mi-raisin, l’Américain Tyler Farrar (Garmin) ne semblait plus avoir la même envie qu’aux prémices de cette année cycliste. Certes, le Gantois d’adoption avait pris part au Critérium du Dauphiné pour retrouver quelque peu le rythme du peloton. Sans le sourire, pour autant.

Il fallait attendre le retour de Tyler Farrar aux Pays-Bas pour que le sprinter de la Garmin ravive une flamme qui semblait éteinte. Tout cela grâce à une victoire méritée dans les rues de Sittard-Geleen, alors que Nele et Eric ne pouvaient retenir leurs larmes à l’instant où l’Américain passait la ligne d’arrivée les deux bras levés vers le ciel, ses doigts formant un «W» pour commémorer Wouter Weylandt, l’un de ses meilleurs amis, décédé quasiment sous ses yeux un mois plus tôt sur le Tour d’Italie. En voyant les parents du coureur belge, Farrar laissait également couler quelques larmes sur sa joue rougie par l’effort et l’émotion.

Sur le podium, le vainqueur de la deuxième étape du Ster ZLM Toer reprenait à peine ses esprits. Il offrait son premier bouquet, depuis le Giro, à Nele et Eric pour honorer leur fils, Wouter. Le public applaudissait à tout rompre ce beau vainqueur et ce fabuleux geste, qui permettait à Farrar de se libérer en vue d’un Tour de France où il allait s’imposer dès le premier emballage collectif. La victoire n’était pas marquante par son final mais plutôt par l’émotion suscitée. Farrar s’en souviendra encore longtemps...



2. Philippe Gilbert - Grand Prix de Québec

Bon, il est vrai que nous avions le choix en évoquant Philippe Gilbert dans cette catégorie... Avec 24 succès (dont 18 professionnels) en 2011, le Remoucastrien a brisé tous les records cette saison, surtout en tant que non-sprinter. Nous aurions pu évoquer son triplé ardennais, exceptionnel tant le coureur wallon confirmait son aisance dans les vallons. Nous aurions pu parler de son maillot jaune conquis au terme d’une attaque tranchante sur les sommets des Herbiers. Mais il nous semblait plus logique de parler d’une de ses victoires teintée de panache, au Grand Prix de Québec, au Canada.

Annoncé comme favori après une saison où il n’a quasiment manqué aucun de ses grands rendez-vous, le N.1 mondial affichait un moral en berne avant cette nouvelle épreuve, affirmant qu’il souhaitait avant tout assurer son statut avant de penser à la victoire. Pourtant, dans les deux derniers tours du circuit québecquois, on ne voyait que le champion de Belgique devant les caméras. A l’attaque, en contre, il lui fallait finalement attendre l’avant-dernière côte pour prendre un avantage suffisant sur ses rivaux. Pourtant, Robert Gesink se trouvait juste derrière Gilbert. A 200 mètres, 100 mètres, 50 mètres... Le Néerlandais recollait pratiquement sur son voisin belge dans les 200 derniers mètres de la classique canadienne. Mais devant un public en délire, le Remoucastrien en remettait une couche pour enfin jubiler et signer son 17e succès de l’année. Rien que ça.

3. Andy Schleck - 18e étape du Tour de France

Les organisateurs du Tour de France n’auraient pas rêver mieux comme scénario pour le centenaire du Galibier, fêté sur les pentes du célèbre col alpestre à l’occasion de la 18e étape de la Grande Boucle, l’avant-dernière en montagne. Avec un Thomas Voeckler s’accrochant comme une sangsue à son maillot jaune, les favoris devaient enfin se bouger pour accrocher la première place du général. Car les dernières étapes n’avaient pas offert de véritables actes de panache de la part des frères Schleck, Cadel Evans, Alberto Contador et autres. Certes, le Pistolero avait essayé de se défaire de ses rivaux, dans une descente, la veille, sans pour autant créer un écart suffisant pour s’assurer la tête du Tour.

Tous les regards étaient donc tournés sur ce fameux Galibier, qui avait bien failli disparaître du parcours suite à une neige omniprésente une semaine avant le passage de la caravane. Finalement, pas d’annulation en vue au moment d’aborder cette pénultième étape alpestre. Alors qu’on attendait un sprint entre favoris sur le col final, Andy Schleck en décidait autrement et attaquait à soixante bornes du but! Profitant en outre du travail de son équipier Maxime Monfort, parti en éclaireur, le Luxembourgeois prenait plus de trois minutes d’avance sur ses rivaux et le maillot jaune. Un geste courageux, qu’il n’arrêtait qu’au moment de lever ses bras vers le ciel, démontrant qu’il était bien le plus fort dès que la pente s’élève. Andy Schleck forgeait la légende sur ce Galibier déjà légendaire. Il revenait à moins d’une minute de Voeckler et redistribuait les cartes pour le lendemain.

Le lendemain, c’était Alberto Contador qui s’engageait sur la voie du panache en attaquant dès le début de l’étape, à plus de 90 bornes du but. Cette tentative allait cependant être avortée vu les efforts conséquents consentis durant cette semaine de folie dans les Alpes. Tout profit pour Cadel Evans, vainqueur final de ce Tour 2011.

4. Mikel Nieve - 15e étape du Tour d’Italie

Si le Monte Zoncolan et la montée vers Grossglockner faisaient déjà craindre les pires souffrances au peloton du Tour d’Italie au moment d’aborder cette nouvelle édition des plus montagneuses, les favoris savaient que l’épreuve allait certainement se jouer à l’occasion d’une étape-reine dangereuse, disputée sur plus de 230 kilomètres. Près de sept heures en selle pour une délivrance sur les pentes de Gardeccia/Val di Fassa. Et comme sur chaque étape de montagne, le peloton laissait un ticket de sortie à une dizaine de courageux, prêts à affronter ces cols italiens en éclaireur alors que la pluie arrive en trombes. Une folie? Pas forcément.

Alors que les observateurs pointait Stefano Garzelli, toujours à la recherche d’une victoire d’étape sur ce Giro, comme favori du groupe de baroudeurs parti dès la matinée, ces derniers allaient rapidement se raviser au moment d’aborder les deux derniers cols de la journée. En effet, derrière le crâne blanc du leader d’Acqua e Sapone se trouvait un Basque aux qualités de grimpeur qui n’attendait que son heure, Mikel Nieve. Après le succès d’Igor Anton la veille sur le Monte Zoncolan, le coureur d’Euskaltel voulait à nouveau faire briller le maillot orangé et partait en force dans le pied de la montée finale. Derrière, Alberto Contador lâchait Michele Scarponi et John Gadret pour filer en solitaire à la conquête du maillot rose.

L’écart était déjà trop important pour espérer revenir sur un Nieve, grimpant au caractère. Sur les images télévisées, on ne voyait plus qu’un coureur vacillant, tentant tant bien que mal de rallier l’arrivée à coups de bassin. Nieve n’avançait plus mais il voyait cette arrivée au loin et s’imposait méritoirement après un calvaire de plus de 7 heures et demie. Garzelli arrivait une minute plus tard, Contador, quasiment consacré vainqueur du Giro, deux minutes après. Il s’agissait d’une véritable étape de combattants, comme le cyclisme en offre rarement ces dernières années.

5. Johan Vansummeren - Paris-Roubaix

Le Tour des Flandres avait échappé la semaine précédente à Fabian Cancellara, le Suisse était prêt à mettre les bouchées doubles pour remporter Paris-Roubaix. Cela n’allait cependant pas se passer comme il le souhaitait. Car l’Enfer du Nord est une classique indomptable, dont le scénario n’est jamais cousu de fil blanc. Demandez à Johan Vansummeren. Malade durant la semaine, le longiligne coureur belge n’était même pas certain de pouvoir prendre part à la classique française. Il se décidait finalement à accepter l’invitation de Jonathan Vaughters qui lui demandait de rester tranquille jusqu’aux 100 derniers kilomètres.

Et le coureur de Lommel a suivi les consignes à la lettre. Alors que les Quick Step pleuraient suite aux ennuis mécaniques et chutes de Tom Boonen et Sylvain Chavanel, les Garmin arboraient un large sourire au moment d’aborder les secteurs décisifs de ce Paris-Roubaix. Johan Vansummeren se retrouvaient en effet à l’avant avec un groupe d’une quinzaine d’hommes. Mais derrière, Cancellara accélérait le rythme avec Ballan et Hushovd. Pas très bon pour l’avant de la course... Pourtant, le Suisse bloquait et blâmait ses compagnons d’échappée qui ne souhaitaient pas le relayer vu la présence de coéquipiers en tête. Leur tactique s’avérait finalement payante pour Vansummeren.

Le Belge sortait le grand plateau sur le fameux Carrefour de l’Arbre et n’était finalement jamais repris par ses compagnons d’attaque. L’équipier allait être consacré maître des pavés au moment d’entrer sur le mythique vélodrome de Roubaix, le visage noire, les dents presque blanches... Vansummeren n’en revenait pas. Il se décidait alors, en embrassant sa copine Jasmine, de la demander en mariage. «Ja», répondait la demoiselle devant les caméras. Un fabuleux moment d’émotion après cette victoire au panache.

Gr.I. - Photo: Daniel Grevesse

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